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30 novembre 2007 - 10:15 - #services publics
En 2007, le Poste a fermé 277 bureaux jugés pas suffisamment rentables pour les remplacer par des franchisés (abusivement qualifiés de « Point Poste »). Ainsi que cela était malheureusement prévisible, ses dirigeants viennent d’annoncer que la casse sociale se poursuivrait puisque ce ne sont pas moins de 200 bureaux qui seront fermés en 2008 (Liste). Cette fois, c’est le Hainaut qui paiera le plus lourd tribut avec 44 fermetures. Alors que la Poste multiplie les campagnes publicitaires, dont une assez surréaliste proclamant qu’il est « bon de d’avoir des endroits accessibles à tous ». Cette nouvelle annonce nous replonge cruellement dans la réalité des pratiques de cette entreprise. Elle tombe également le lendemain d’une enquête d’Eurostat faisant état du fait que l’on manque déjà de bureaux de poste en Belgique (source)
Tout ceci répond à une logique bien rôdée depuis la privatisation partielle de la poste. Pour rappel en 2005, le gouvernement belge (avec les socialistes du Nord et du Sud du pays) décidait de vendre 50% de la Poste belge à un consortium formé par la Poste Danoise et CVC Partners (Source). Le choix de CVC n’est pas sans concéquence puisqu’il s’agit d’un représentant typique du capitalisme financier spécialisé dans l’achat d’entreprises publiques en vue de leur revente après restructuration (source). Le choix du patron de la poste, Johnny Thijs, qui était jusqu’en 2004 un cadre de CVC Partners est tout aussi interpellant, au moins autant que les 900.000 euros de salaire qu’il toucha en 2006. Aujourd’hui l’Etat fédéral continue de verser une dotation d’un montant de 290 millions d’euros par an à une entreprise qui réalise des bénéfices – 174 millions d’euros (avant impôt) en 2006 - allant dans la poche d’un propriétaire privé. C’est absolument aberrant.
La seule solution afin de sortir du marasme actuel et d’éviter de laisser la situation se dégrader davantage est de revenir à un service 100% public. Défendre pied à pied les bureaux de poste revient malheureusement à opter pour un simple emplâtre sur une jambe de bois. Celle-ci ayant été sous-évaluée, CVC n’a payé que quelques 150 millions d’euros pour entrer dans le capital de la Poste. C’est donc cette somme, minime au regard d’autres investissements - à titre de comparaison on en est à 7 milliards d’euros de réductions de cotisations patronales chaque année soit quasi 50 fois plus – que l’Etat devrait débourser afin d’en revenir enfin à un service 100% public. L’échéance du contrat de gestion actuel est fixée à 2009, une échéance qu’il ne faut pas laisser passer. Citoyens, au boulot !
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