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Jacky Morael préfère Didier Reynders à Elio Di Rupo

Par Pierre Eyben

8 mai 2007 - 10:18 - #politique


J’ai fait connaissance physiquement (rien de graveleux) avec Jacky Morael lors d’un pénible débat électoral fin 2006.

J’avais eu la mauvaise idée de rappeler la lamentable sortie médiatique d’un de ses poulains, Jean Marc Nollet, au lendemain d’élections perdues par les écolos [1] ce qui m’avait valu une dénégation sèche et hautaine à la Jean Claude Marcourt, le Dominique de Villepin belge [2].

Avant cela, Jacky Morael, c’était pour moi le type qui avait combattu face à Paul Lannoye pour qu’ECOLO accepte de se positionner clairement à gauche sur l’échiquier politique.

Alors que le second est aujourd’hui (avec le GRAPPE entre autre) aux cotés de la gauche anticapitaliste (notamment contre le TCE), le second vient d’accorder à PAN une interview des plus affligeantes témoignant à nouveau de la cour assidue qu’Ecolo mène au MR.

A la question « Ecolo est-il, comme l’ont dit certains, de droite ? », on peut y lire la réponse suivante : Ecolo partage une série de valeurs héritées de la gauche : la justice sociale, la démocratie, la citoyenneté, l’émancipation de l’individu… Ecolo a toujours eu un fondement associatif, de proximité avec les syndicats. Donc, au plan idéologique, on est foncièrement de gauche. Mais les écologistes sont des progressistes novateurs. Progressistes parce qu’on hérite de valeurs plutôt ancrées à gauche, mais qu’on se veut novateurs, parce que la société est en pleine mutation, et que ce n’est pas en organisant une ligne Maginot contre le libéralisme qu’on va sauver ces valeurs. A l’heure où le libéralisme engloutit morceaux après morceaux les services publics, celles et ceux qui se battent pour leur défense apprécieront. Fini la ligne Maginot, réformateurs et novateurs sont là !

A peine, plus anecdotique, on apprend aussi dans cette interview qu’il « préfère Reynders à Di Rupo ». Morael qui utilise avec facilité le vocable de con n’en est pas un, et surtout pas en terme de stratégie politique. Il sait donc ce que signifie une telle déclaration (surtout lorsqu’il élude ensuite la question de savoir si cela est « par conviction politique ou par affection humaine »). Au delà des digressions dithyrambiques sur le cours de droit public de François Perin (orateur brillant il est vrai mais pas franchement un gauchiste non plus et qui aux dernières élections était sur la liste du RWF) où le goût partagé du bon mot, il sait ce qu’est la « drague médiatique ».

Teintant ses propos de ce qu’il faut de prétention virile [3], il annonce la couleur.

Les jugements secs sur Vincent Decroly ou Bernard Wesphael, constituent également une déclaration de guerre claire à la gauche d’écolo qui rêverait d’une majorité progressiste [4]. Même si cela me vaudra encore 2-3 posts incrédules, je persiste à penser qu’il est temps que celles et ceux qui (entre autre sur base du programme) croient encore qu’Ecolo clairement positionner à gauche se battra pour une majorité de gauche, ouvrent les yeux. Comme je le répète inlassablement, tous les signaux sont au bleu et si "vous y allez", il semble clair que ce sera avec le MR les gars !

Au delà de relations humaines liées à une épreuve de vie commune, reste à comprendre pourquoi Carine Russo qui il y a encore quelques mois cosignait une carte blanche dans la libre Belgique appelant à « … repenser la gauche. Car les options du PS et d’Ecolo, mélange de discrets renoncements et de bruyantes capitulations, nous mènent toujours plus loin dans l’impasse. » se lance dans le bain dans ce contexte clair de fricotage avec la droite.

Notes

[1] Pour celles et ceux qui auraient manqué ce moment de grande lucidité politique, il concluait de l’échec électoral au lendemain de la catastrophique participation au gouvernement arc-en-ciel que c’était en matière de stratégie qu’il convenait de changer le tir et non sur le fond, affirmant grosso modo que les écolos devaient apparaître comme moins chiants et ne plus hésiter à donner dans les soirées boudin-compote pour ramasser des électeurs

[2] Non pas pour le contrat style CPE qu’il propose mais parce qu’il occupe un poste de responsable politique sans avoir été élu ce qui vu ce que cela semble donner devrait être interdit

[3] Le taux de testostérone est manifestement pour certains un argument électoral

[4] Ce terme me semble le plus souvent une honteuse usurpation, mais bon

25 Messages de forum

  • Il a simplement compris que si on veut avancer, rénover et réformer dans ce pays, ça ne pourra se faire que sans le PS.

  • Ben voyons ... et avancer vers quoi au juste ? Du libéralisme novateur ?

    En tout cas, cela doit aider à comprendre que pour une politique de gauche, il ne faudra voter ni pour le PS ni pour ECOLO.

  • Vers autre chose en tout cas que les politiques usées et rétrogrades du PS wallon, qui ont une évidente responsabilité dans le triste état actuel de la Wallonie.

    Quand au MR, il n’est pas si ultra libéral qu’Elio voudrait bien nous le faire croire...

  • C’est limpide. J’adore.

  • Si Jacky commence à mélanger les affinités personnelles et la politique, y a p’t’être un problème.

    S’il a “de l’affection” pour Didier Reynders, comme je l’ai lu ailleurs, je lui rappelle quand même que le bon Didier n’a pas manqué une occasion depuis six mois, de se dire l’ami de Sarkozy.

    Le malheur dans ce bazar c’est que la haine semée par le PS dans les rangs écolos (et ailleurs !), justifiée par tant de pratiques si souvent inqualifiables, empêche les verts d’imaginer une gauche ailleurs qu’au PS. Alors que ce dernier est globalement devenu un parti de droite sur le plan économique, gérant le social totalement sur la défensive, sans doute essentiellement comme une source de prébendes et de résultats électoralistes.

    (Évidemment à force d’avoir les héritiers de la gauche [de plus en plus héritiers tout court] qui trahissent les origines et la morale la plus élémentaire, il en reste toujours comme une tache sur les idéaux. Seuls des "croyants" indéfectibles peuvent encore affirmer des valeurs désertées par les grands partis et l’histoire, et il devient difficile de convaincre en-dehors du cercle restreint des convaincus. Encore ces derniers, si peu nombreux qu’ils soient, se divisent-ils au-delà du raisonnable...)

    Pour en revenir aux verts francophones, leur alignement sur le OUI au projet de traité constitutionnel européen a montré écolo comme une machine à étouffer sa minorité. Sur ce coup-là, Wesphael a été un des seuls à sauver l’honneur. Même Dubié a dit oui, je me demande ce qu’il en pense aujourd’hui.

    g.leboutteAT@scarletPOINT.be , membre d’Une Autre Gauche

  • ... la tentation de la "dérive centriste" ...

    Relire dans le Journal du Mardi (12 mars 2007) : Josy Dubié, sénateur Ecolo :« Je me sens orphelin dans mon propre parti »

  • Je suis pour ma part assez surpris que des gens intelligents comme vous persistent à placer le PS wallon sur le versant gauche de l’échiquier politique... Quelque chose a dû m’échapper ! Suis-je bête, depuis le temps que le parti précité esssaye de faire croire qu’il sauve la Wallonie, on ne s’est même pas rendu compte que notre bien-être avait augmenté !

  • Didier reynders pas si libéral que cela ?

    On se demande pourquoi il admire et envie tant Sarkozy !

  • Des personnes intelligentes comme nous ne pensent pas que le PS est de gauche .... et d’ailleurs étant nous de gauche, nous ne sommes pas au PS.

    Par contre, tenter (parce que cela arrange bien la stratégie politique du moment) de nous faire avaler que MR et PS c’est kif-kif, que Reynders est un un social-libéral, que la corruption politique est une exclusivité socialiste (Ducarme, Fourneaux ?) ... c’est impossible pour des personnes intelligentes comme nous.

  • Rastreins, camarade !

    C’est sur le conseil d’un ami que je suis allé consulter ton blog et l’article que tu me fais l’honneur de me consacrer. Je passe sur le procédé bien connu qui consiste à isoler une déclaration de son contexte. A chacun son éthique et ses méthodes.

    Je voudrais néanmoins remettre les pendules à l’heure sur trois questions qui ont manisfestement été traitées avec une mauvaise foi indigne d’un progressiste.

    1. Mes amitiés ? Je persiste et signe. Oui, j’ai des rapports amicaux avec Didier Reynders et j’en ai expliqué les origines. Ce qui ne m’empêche nullement d’avoir avec lui des divergences politiques majeures. J’ai aussi l’immense bonheur d’avoir d’autres amitiés, plus "hortodoxes", et de partager une complicité de coeur, d’action et d’esprit avec des gens aussi remarquables que Jean-François Ramquet, Pino Carlino, Nico Cué, Muriel Frenay, et bien d’autres qui se reconnaitront et qui partagent tous un même engagement viscéralement ancré à gauche. Et puis, ne t’en déplaise, la Stasi n’est plus là pour surveiller et punir les contacts personnels, pour fouiller les agendas.

    2. L’action d’Ecolo ? Qui s’est battu, pratiquement seul, contre la réforme fiscale portant sur les intérêts notionnels, véritable et monumental cadeau aux très grandes entreprises ? Jean-Marc Nollet. Qui a exigé en 99 un refinancement des communautés (des métiers de l’enseignement, de la santé, de la culture et de l’aide aux personnes) ? Ecolo. Qui a osé défier de front des lobbys jusque là protégés comme ceux du nucléaire, du transport poids lourd, de la malbouffe industrielle, de l’armement, de l’exploitation sexuelle et professionnelle des femmes, etc ? Ecolo. Qui s’est opposé au pacte des générations ? Ecolo, encore. Dont acte, svp.

    3. Le programme Ecolo ? A droite ? De droite, la défense du pilier public de pensions et leur liaison réelle au bien-être ? L’exigence d’un impôt sur les plus-values boursières et immobilières ? L’opposition à l’idée d’un bouclier fiscal qui ne profiterait qu’aux très hauts revenus ? La proposition de loi Genot fixant des critères objectifs pour la régularisation des sans-papiers ? La volonté d’orienter par la voie fiscale les investissements des fonds de pension ver le développement durable et des emplois endogènes ? A tout les curieux, je ne peux que conseiller le site ecolo.be, où le programme complet est disponible.

    Voilà. En gros. Je reste tout disposé à en discuter avec toute personne, éventuellement en désaccord mais de bonne foi.

    Enfin, je t’emm..., non pas pour ce que tu as écrit sur moi, mais pour avoir réussi à me faire perdre une demi-heure de mon temps, alors que j’aurais pu passer un agréable moment avec mes chers amis ... réellement de gauche.

    Salut,

    Jacky

  • Voilà peu que j’ai pu prendre connaissance sur le fait que vous reveniez en politique et j’en suis plus que ravi ! Je crois comme le disait Monsieur Louis Michel, lors d’un débat télévisé qui vous mettait "face à face", que ce dernier vous respectait et était content de votre "come-back". Je ne peux qu’apprécier votre verve et votre franc-parler qui, j’espère, ajoutera un peu de niveau aux débats de ces élections fédérales ! Courage et ... un grand merci.

  • C’est sur le conseil d’un ami que je suis allé consulter ton blog et l’article que tu me fais l’honneur de me consacrer. Je passe sur le procédé bien connu qui consiste à isoler une déclaration de son contexte. A chacun son éthique et ses méthodes.

    Je place meme un lien vers l’article du Pan. Donc pour le procédé prétendument malhonnete qui consiste à saucissonner, il faudra repasser !

    1. Mes amitiés ? Je persiste et signe. Oui, j’ai des rapports amicaux avec Didier Reynders et j’en ai expliqué les origines. Ce qui ne m’empêche nullement d’avoir avec lui des divergences politiques majeures. J’ai aussi l’immense bonheur d’avoir d’autres amitiés, plus "hortodoxes", et de partager une complicité de coeur, d’action et d’esprit avec des gens aussi remarquables que Jean-François Ramquet, Pino Carlino, Nico Cué, Muriel Frenay, et bien d’autres qui se reconnaitront et qui partagent tous un même engagement viscéralement ancré à gauche. Et puis, ne t’en déplaise, la Stasi n’est plus là pour surveiller et punir les contacts personnels, pour fouiller les agendas.

    Ca c’est de la finesse. Loin des idées recues et des proces d’intention.

    Il faut relire l’interview. Je n’ai rien d’un stalinien qui s’occupe des relations humaines des uns et des autres. Je suis un rouge-vert qui ne supporte pas le manque de radicalite d’ECOLO. Ce dont je parle c’est bien du fait que la question de savoir si la preference exprimee pour un politique de droite est par conviction politique ou par affection humaine est eludee. Ratreins donc un peu aussi !

    2. L’action d’Ecolo ? Qui s’est battu, pratiquement seul, contre la réforme fiscale portant sur les intérêts notionnels, véritable et monumental cadeau aux très grandes entreprises ? Jean-Marc Nollet. Qui a exigé en 99 un refinancement des communautés (des métiers de l’enseignement, de la santé, de la culture et de l’aide aux personnes) ? Ecolo. Qui a osé défier de front des lobbys jusque là protégés comme ceux du nucléaire, du transport poids lourd, de la malbouffe industrielle, de l’armement, de l’exploitation sexuelle et professionnelle des femmes, etc ? Ecolo. Qui s’est opposé au pacte des générations ? Ecolo, encore. Dont acte, svp.

    3. Le programme Ecolo ? A droite ? De droite, la défense du pilier public de pensions et leur liaison réelle au bien-être ? L’exigence d’un impôt sur les plus-values boursières et immobilières ? L’opposition à l’idée d’un bouclier fiscal qui ne profiterait qu’aux très hauts revenus ? La proposition de loi Genot fixant des critères objectifs pour la régularisation des sans-papiers ? La volonté d’orienter par la voie fiscale les investissements des fonds de pension ver le développement durable et des emplois endogènes ? A tout les curieux, je ne peux que conseiller le site ecolo.be, où le programme complet est disponible.

    J’ai dit et ecrit plusieurs fois (mais faut lire et pas juste faire du show sur base d’a priori) :
    - ECOLO n’est pas égal a la droite ou MR mais Ecolo est de moins en moins de gauche (Dans ce contexte, il existe des déclarations qui ne sont pas le fruit du hasard).
    - Le programme c’est une chose, l’action politique une autre. Lire a ce propos les tres intéressants écrits de Vincent Decroly.
    - Il existe des mesures de gauche (merci pour l’aide memoire) dans le bilan ECOLO mais en moyenne la barque a franchement ete a droite lorsqu’ils etaient au pouvoir sans qu’ils hurlent tres fort. Oui ou non les inégalités explosent-elles dans ce pays ?

    Voilà. En gros. Je reste tout disposé à en discuter avec toute personne, éventuellement en désaccord mais de bonne foi.

    Enfin, je t’emm..., non pas pour ce que tu as écrit sur moi, mais pour avoir réussi à me faire perdre une demi-heure de mon temps, alors que j’aurais pu passer un agréable moment avec mes chers amis ... réellement de gauche.

    Le petite touche de virilité qui fait un branding parfait. Moi, désolé, je n’y cede pas. J’en reste au contenu

    Salut,

    Jacky

    Pierre

  • Article intéressant. Tu fais bien de relever ces citations qui ne sont sans doute pas anodines. Quelques remarques cependant :

    1. Les coalitions gouvernementales qui réunissent tout le monde et n’importe qui sans le moindre égard pour le clivage gauche-droite sont certes assez pénibles, elles brouillent le jeu politique, empêchent de mener certains combats, de faire émerger certaines, mais c’est une constante de notre système institutionnel. En fait, c’est le prix à payer pour le système plutôt proportionnel dont nous bénéficions (certes, il est loin d’être parfait, avec ce satané seuil de 5 %). Je crains qu’il faille choisir entre l’un ou l’autre, entre la proportionnalité ou la lisibilité du jeu politique.

    2. Il ne faut pas confondre la tactique et la stratégie. Très concrètement, si Ecolo veut pouvoir négocier avec le PS — c’est-à-dire être en position de lui imposer certaines conditions dans une discussion —, il doit trianguler, s’ouvrir d’autres possibilités d’alliances, fussent-elles purement virtuelles (je ne sais pas). Sans cela, Ecolo devient un partenaire captif du PS, lequel ne s’interdit de toute évidence pas de faire des alliance à droite aussi souvent qu’il en a envie. En même temps, Ecolo n’a jamais été aussi bon que dans l’opposition (particulièrement durant la glorieuse législature 1995-1999) alors qu’il n’a pas vraiment convaincu en exerçant le pouvoir.

    3. Il y a manifestement une envie d’Ecolo de contourner le PS. Ce qui est curieux, c’est que c’est surtout à la région wallonne et/ou à la Communauté française que ça se justifierait, là où se trouvent les pires crabes du PS (les Happart, Van Cau, Daerden,.. sont tous à la région), où le PS joue un rôle véritablement conservateur et régressif. Au fédéral, les choses sont plus complexes : le PS est moins en situation de force, ce qui l’oblige à composer et bride donc les pratiques clientélistes qui sont la norme en Wallonie. Et, d’autre part, même si le PS a beaucoup de choses à se faire pardonner au fédéral (depuis l’acceptation de la chasse aux chômeurs, du traité constitutionnel ou du « pacte des générations » jusqu’aux lois antiterroristes et aux faits de torture couverts par Laurette Onkelinx), il évite malgré tout que certaines des plus grosses saloperies demandées par la droite ne soient acceptées. Bref, sur le coup, Jacky Morael est plutôt à contre-temps, il me semble.

    Des Bulles

  • Salut Jacky,

    C’est dommage de considérer que le débat politique est nécessairement une perte de temps. Certes, l’article de Pierre est un peu carré, mais il pose quand même deux questions qui me semblent mériter autre chose que ta condescendance.

    1. Quelles alliances Ecolo privilégie-t-il ? Dans ce cas présent, à en croire Pan (décidemment), la tendance serait plutôt à un Olivier au fédéral (quoique je ne suis pas sûr qu’un gouvernement présidé par un membre du CD&V — non séparé de surcroît de son allié NVA — puisse être considéré comme un Olivier, mais qu’importe). La question des alliances se pose bien sûr comme un enjeu tactique à l’approche d’une échéance électorale (et là, je comprends à la rigueur que le silence soit observé avant la négocation). Mais la question des alliances se pose aussi à plus long terme et on se demande parfois si Ecolo n’a pas tout simplement renoncé à parler à l’éleclorat qui se trouve à sa gauche en considérant que ces voix se porteront de toute façon sur les verts (calcul parfaitement inexact puisque, pour le moment, des dizaines de milliers de voix de gauche se dispersent dans l’abstention ou dans un vote pour des petits partis qui ne pèseront pas sur le jeu parlementaire faute de pouvoir y accéder,... jusqu’à ce qu’ils y arrivent).

    2. Certes, un certain nombre de dossiers ont été marqué par un engagement remarquable d’Ecolo ou de certains de ses parlementaires, pas grand-monde ne conteste ça, je pense (quoqu’il est en général plus facile de le faire admettre à ses interlocuteurs quand on évite de les « emm... »). Reste que, àmha, les principaux faits d’armes commencent à dater un peu (St Polycarpe, St Boniface, c’était vers 2000-2001, si mes souvenirs sont exacts) et que la pugnacité qu’on a connue semble avoir sacrément décru depuis lors. Concernant le programme économique d’Ecolo, je suis au regret de ne pas le trouver extrêmement convaincant, pas à la hauteur des enjeux en tout cas. Et puis, il demeure des questions à divers niveaux que vous devriez éclaircir. Je pense en particulier à la notion de « développement durable », qui a été sacrément mise à mal par beaucoup de travaux récents. Bien sûr, sur ce point comme sur d’autres, une clarification terminologique prélable à tout débat est nécessaire tant la récupération des concepts dans tous les sens rend leur manipulation délicate. N’empêche que l’enjeu de la croissance (quelle croissance, quel refus de la croissance, etc) me semble encore problématique.

    Et puis, surtout, à l’énumération que tu proposes, on peut opposer une autre, qui comprendrait par exemple le positionnement d’Ecolo en faveur du TCE (et la manière pour le moins préoccupante dont la décision a été prise en interne), le positionnement en faveur de la libéralisation du marché de l’énergie (dont les conséquences sont très claires : oligopole, augmentation des bénéfices du secteur privé, augmentation des coûts pour les petits consommateurs, particulièrement en zones rurales) alors qu’il eut probablement été beaucoup plus judicieux de défendre un service public de l’énergie (une renationalisation, en quelque sorte, oui ça aurait demandé de s’opposer aux directives européennes), échec retentissant de la gestion de la SNCB par Isabelle Durant (qui est malgré tout une fois de plus tête de liste ce 10 juin), position très ambiguë de José Daras concernant le tronçon autoroutier Cerexhe-Heuseux/Beaufays (lequel José Daras est malgré tout deuxième de liste au sénat ce 10 juin), création d’une petite centaine de places d’enfermement pour mineurs délinquants par Nicole Maréchal (alors qu’il n’y en avait que 29 avant son arrivée, qu’Ecolo n’est en principe pas très favorable à ce genre de méthode et que NM promettait en début de légilature qu’on ne dépasserait pas 50 places au total), etc

    Cette liste ne m’incite pas à porter un jugement définitif sur Ecolo. Certaines erreurs sont compréhensibles, d’autres moins. Mais comme l’écrivait Bernard Westphael cette semaine dans le JDM à propos, justement, d’Elio Di Rupo, « chacun a droit à l’erreur, mais celle-ci invite à la modestie et non à la suffisance ».

    Ah oui, encore un truc, la notion de « réellement de gauche » (qui ne serait pas le cas de Pierre), je serais vraiment très heureux que tu expliques ce dont il s’agit.

    Bien à toi,

    FS

    Des Bulles

  • Je relis mon texte "à froid" et c’est vrai que c’est un peu trop carré, que cela manque de nuance. Ceci est un blog et j’y poste des reactions sur le vif, parfois un peu vite ecrites.

    Reste que sur le fond - je viens de relire l’interview de Pan - la réaction épidermique que suscite certaines déclarations de Jacky Morael demeure. Francois Schreuer synthetise mieux que moi les questions qu’elles soulevent.

    J’ai releve a plusieurs reprises sur ce blog des declarations ou des textes qui montrent qu’ECOLO est (de moins en) moins a gauche. Je ne suis par ailleurs pas le seul a faire ce constat. C’est celui de nombreux militants qui ont quitte ECOLO et avec qui je debats quotidiennement, c’est le cas aussi de figures d’ECOLO (Dubie, Wesphael,...), c’est le cas enfin de divers analystes politiques. Nous serions tous dans l’erreur ?

    Je n’ecrirais sans doute pas ce texte de la meme facon ajourd’hui mais les questions qu’il souleve demeurent. Je crois profondement que l’on peut denoncer (meme de facon un peu reche) des evolutions negatives des verts et des rouges sans voir remettre en cause son engagement a gauche et sans se faire taxer d’agent de la Stasi.

    Pierre
    Dispose a debattre de tout cela autrement que par voie electronique

  • Ouh là, ça doit être marrant la démocratie interne d’Ecolo à Liège. Une chose est sûre, pour les copains liégeois qui voteraient écolo de toutes les façons, mieux vaut éviter le "Jacky". C’est dommage. Moi aussi, j’en étais resté à sa lutte respectable pour qu’ecolo s’affirme à gauche.
    Quelque part, ce qui m’amuse, et pour la forme, c’est cet appel au "contexte". Il y a toujours énormément de "contextes" mais il reste tout de même les phrases et comme le hurlait Moretti à une journaliste qui lui affirmait que le PCI était dans un "trendo negativo", "Les mots sont importants" (dans Palombella Rossa, super film sur le PCI, la gauche italienne,etc). Et si je me souviens bien, l’appel éternel au "contexte" est quand même un truc de vieux stal’..."N’oublie pas le contexte, camarade", ça a souvent raisonné aux oreilles de ceux qui étaient alors qualifiés de "gauchistes" contre la "ligne". Alors, après, le truc sur la Stasi, c’est trop drôle. Je passe sur le fait qu’il emmerde pierre parce qu’il l’obligerait à faire quelque chose qu’il est... en train de faire ; quelle faiblesse :) Si ça l’emmerde tant et qu’il a autre chose à faire, qu’il le fasse, non ? Mais c’est surtout peut-être l’équivalent actuel du "Noublie pas le contexte, camarade", principalement dans les discussions internet qui tournent en eau de boudin. Petite rhétorique dénigrante qui coûte rien, sans risque aucun : "Je te réponds mais j’ai autre chose à faire, je répondrai plus, t’es trop con". Comme ça, on se barre tranquile. Les modes de débats ont changé et les modes qui "font taire" aussi.
    Enfin voilà.

  • C’est insupportable M. Morael, de quel droit vous permettez-vous de parler de la sorte ? Nous n’avons pas à nous faire insulter au nom de je ne sais quelle frustration.

    Et ce n’est certainement pas de cette manière que vous parviendrez à réconcilier Ecolo avec la gauche.

  • Il faudrait savoir " c’est quoi une politique de gauche " si c’est la politique utilisée pendant des années en Wallonie , voyez ou elle est -et avec tout le respect que j’ai pour les hommes et femmes de gauche, non merci, j’ai déja donné . La politiqque doit changer et s’adapter à l’évolution du monde.

  • Ecolo est devenu par la force des choses un parti de droite.

    Dans le brabant Wallon, ils ne parlent plus que de mandats, le progrès social... oublié !

    A quand le clientèlisme ?

    A force de vivre dans de belles villas... on oublie son combat !

  • Voilà le grand démocrate avec lequel pactise Morael :

    http://www.lalibre.be/article.phtml...

    L’intéressé étant protégé, il ne risque rien pour cet acte de nepotisme que la loi prévoit pourtant de réprimer par une déchéance des droits civils et politiques d’un minimum de 5 ans et d’une éventuelle peine de prison. C’est ce que la loi prévoit pour un élu qui est intervenu dans un autre pouvoir que le sien, le fondement de toute démocratie étant justement la séparation des pouvoirs....

    On ne reviendra pas sur les affaires Ducarme, Jerouville, Boite, Cahay, Fournaux, etc...

    Paraît que le MR se considère comme un parti de démocrates ! ...mdr.... :-))

  • C’est fou ce qu’on va avancer avec ce danger pour la démocratie qu’est D. Reynders

    Lisez donc ceci...

    http://www.lalibre.be/index.php?vie...

    Pour cet acte qui est un délit (!), la loi est très claire : elle prévoit la déchéance des droits civils et politiques pour celui qui ne respecte pas la séparation des pouvoirs (la base de toute démocratie quand même...) !

    L’intéressé a—t-il été un tant soit peu inquiété ? Non ! Il est même devenu par la suite vice-premier !

    comme quoi qd on est protégé et qu’on a mis ses pions (soeur, femme, beau-frère, ....) à la justice, on peut continuer à faire ce qu’on veut...

    et dire que ce sont les mêmes qui dénoncent les affaires PS.... MDr !

  • La gauche, la droite, pffff Si Ecolo a choisi de se constituer en parti a part entiere c’est peut etre pour pouvoir revendiquer sa propre identite et son droit a avoir son avis, de gauche sur certains sujets, de droite sur d autre, peu importe en somme.

    Il est toujours un peu surprenant de constater que vu de gauche, les rapprochements d Ecolo et du MR sur certaines idees sont vecues comme une trahison, trahison il y aurait si Ecolo n’etait pas independant, or si il l’est n’est pas juste de la strategie demagogue de la part du PS de s’affoler a chaque fois qu’Ecolo ne s’aligne pas. Si Ecolo devait toujours d’aligner, quel serait l’interet d’avoir un parti independant.

    Tout ca est un peu minable, et cette mauvaise habitude de voir dans toute demarche qui ne serait pas PS, une sorte de crime et de deviance innaceptable.

    Tout ca me parait manquer de perspective, etrique, reducteur et la politique n’est pas quelque part exactement le contraire.

  • Non le choix gauche-droite, ce n’est ni passéiste ni étriqué. Cette question est même plus que jamais au coeur de nos choix de société aujourd’hui et dans les prochaines années (l’énergie, la mobilité, l’enseignement,...).

    Lire à ce propos Etre de gauche pour refuser la marche actuelle du monde

    L’écologie (politique notamment) n’échappe pas à cette règle ainsi que voudraient le laisser penser certains avec beaucoup d’opportunisme politique. Soit on est partisan de ce que j’appelle une écologie "+ verte" et on intègre l’idée que cela implique une opposition frontale avec le modèle économique actuel (capitaliste mondalisé), soit on se contente d’un vernis vert pale qui à mon sens n’est q’un cheval de Troie.

    Il est essentiel d’admettre que l’écologie n’est pas soluble dans la logique libérale.

    http://acontrecourant.be/Etre-de-gauche-pour-refuser-la-marche-actuelle-du.html

  • Je pense qu’Ecolo est très conscient que l’Ecologie (la vrai hein) n’est pas soluble dans le capitalisme...

    Cela n’empêche pas d’être quelques fois d’accord avec le MR concernant des sujets tels que l’éthique politique par exemple.
    Cela n’empêche pas de critiquer violemment le PS sur ces pratiques politiques, sur ces choix passéistes, sur sa manière fort populiste de faire de la politique.

    Car, lorsque le PS se coalise au MR cela semble normal, mais lorsqu’Ecolo, suite à de réelles négociations au cas par cas, se joint au MR c’est scandale, c’est pas normal, c’est de la trahison...

    Pour conclure sur ce qui est fondamental : ce n’est pas le PS qui désigne où commence et où finit la gauche !

  • Très rapidement :

    - Jamais je n’ai affirmé une incongruité telle que "c’est le PS qui désigne où commence et où finit la gauche". D’abord parce que je ne suis pas PS et milite depuis des années à sa gauche. Ensuite et surtout parce que pour moi, le gouffre qui sépare ses deux pôles (gauche et droite) répond à une série de critères objectifs que j’ai tenté d’exposer dans le texte "Etre de gauche pour refuser la marche actuelle du monde".

    - Les argumentaires sur l’éthique politique qui créerait un lien entre le MR et ECOLO sont d’une mauvaise fois crasse. Il y a un problème clair de fonctionnement particratique et népotique de la part de mandataires PS indéboulonnables. Soit. Mais on retrouve exactement le même avec des mandataires MR (à Dinant par exemple). Le problème ce n’est pas d’être socialo mais d’être intouchable dans une démocratie atrophiée. Outre qu’il est usé et parfois même franchement trahi par ECOLO lui-même(cumul des mandats, recul du pouvoir de la base dans les instances notamment pour la constitution des listes électorales, cas de la carte essence usée abusivement par un élu écolo en Hainaut,...), le slogan "faire de la politique autrement" me semble bien illusoir lorsque l’on refuse de remettre en cause fondamentalement le fonctionnement même de notre bien maigre démocratie.

    - Ecologie et capitalisme. En matière de mobilité, tu considéreras peut-être que faire tourner un bus privé sponsoré par de la pub dans sa commune comme le fait Jean-Michel Javaux, c’est faire de la politique autrement et comprendre que l’ecologie n’est pas soluble dans le capitalisme. Moi, je pense que c’est au contraire un aveux clair du refus de remettre en cause (même à une minuscule échelle) la logique capitaliste et accepté l’affaiblissement d’un service publi au profit du secteur privé. C’est quand même bien cela la base du capitalisme, faire reculer la sphère publique.


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