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8 juin 2007 - 19:17
Je demeure interloqué par l’évolution actuelle du discours politique. Le marketing politique qui réduit le plus souvent le débat politique à une forme un rien sophistiquée de rubrique people gagne toujours plus de terrain.
Petite anecdote pour illustrer ce propos, j’ai croisé mercredi sur le marché de Huy Michel Daerden [1], lequel était dans un état proche de l’Ohio [2].
Le manège autour de ce personnage est ahurissant. Nombre de citoyens se pressent autour de lui pour réclamer sans inhibition (ou forme de respect d’ailleurs) pas un programme mais un "bisou" ou un autographe, comme ils le feraient avec le dernier gagnant de la Star-Réac.
Il existe, plusieurs analystes et bloggeurs les ont relevées, de nombreuses raisons politiques très valables de désavouer Michel Daerden, ses pratiques, ses priorités et son bilan. Au regard de ce cirque, je pressens toutefois malheureusement que Michel Daerden pourra à nouveau fêter le 10 juin un excellent score, faire de grands accords et exposer sur les plateaux de télévision imbibé mais désinhibé son sexisme et son népotisme.
De débat politique, il est de toute évidence bien moins question (ne disons pas « plus »). Le combat est aujourd’hui médiatique, il est même affectif. Nombre de candidats nous parlent de leurs enfants, de leurs goûts musicaux ou littéraires, ils tissent avec les électeurs des liens qui ne sont pas politiques mais plutôt amicaux.
J’ai d’ailleurs noté que des femmes politiques d’importance comme Christine Defraigne et Christie Morreale n’ont pas hésité à présenter leurs tracts politiques sous la forme de magazines people.
Pour contourner le discrédit politique, pour créer de l’empathie électorale, on met à l’arrière plan (ou du moins en second rideau) le politique pour laisser place à des formes nouvelles d’interpellation de l’électeur. C’est, je pense, une technique efficace mais aussi un aveu de faiblesse interpellant.
[1] Moi, j’ai du prendre congé mais c’est fou le nombre de politiques qui sont libres en matinée alors qu’ils ont des mandats en cours … et souvent plusieurs
[2] Je ne sais même pas si c’est de l’éthylisme ou une autre forme de déconnexion de la réalité. En tout cas, il est venu nous serrer la cuillère sans même voir que nous distribuions (à 5-6 avec des piles d’A4 en main tout de même) des tracts du PC
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L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...
Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.
Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?