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Par Pierre Eyben
11 juin 2007 - 13:03 - #élections
Le PC qui revenait aux élections après une longue absence et dans un contexte d’extrême concentration médiatique très défavorable a fait un résultat honorable aux alentours des 0.8% (environ 20.000 voix à la Chambre comme au Sénat où notre tête de liste Robert Tangre réalise 2452 voix de préférence). Il demeure du côté francophone la plus importante formation anticapitaliste (ou disons « la moins petite » pour être plus juste).
Dans le Hainaut, avec 1.4% nos camarades ont même réalisé un résultat en net progrès. La tête de liste, le conseiller communal ECOLO-PC Jean Pierre Michiels réalisant un très joli score avec 1306 voix de préférence. Ce succès relatif a sans doute trois explications principales : leur bon travail et une liste alliant jeunesse et expérience avec plusieurs élus, la conquête des voix de nombreux déçus du PS en Hainaut et une couverture un peu moins discriminatoire de la part des médias locaux.
A Liège, nous réalisons dans un contexte fort difficile, 4.000 voix (0.62%). Même si cela est plus anecdotique, avec 551 voix de préférences, j’améliore largement mon score de 2003 (105 voix). 551 cela commence à faire une jolie assemblée. 551 personnes sans avoir fait une émission sur les radios locales, sans être passé à la télévision, sans avoir eu un article un peu conséquent dans la presse. 551 voix en ayant imprimé 1.000 affiches et 2.000 papillons personnels. J’ai sans doute pu compter sur ce blog et les plus de 150 visites quotidiennes qu’il a eues ces dernières semaines. Mais j’ai surtout pu compter sur de nombreux camarades et amis. Je tiens à remercier celles et ceux qui m’ont filé un coup de main et en particulier Nathalie, les deux Didier, François, Vincent, Ann, Nico, Mélina ainsi que ma chtite famille. Si on conserve le rythme de progression, d’ici 8-12 ans cela deviendra intéressant !
Globalement, le bilan de la gauche anticapitaliste est toutefois très faible. Malgré une visibilité fort importante, le PTB ne perce pas (15.000 voix à la Chambre soit 0.6% et environ 20.000 au Sénat soit 0.8%), le CAP réalise lui aussi un score modeste (0.3% soit environ 8.000 voix). C’est globalement toutes les « petites listes » qui font un score très faible. J’ai expliqué dans un précédent article quelques raisons objectives expliquant cette situation. Rarement la concentration médiatique n’a atteint de tels extrêmes or, force est de constater que les campagnes se mènent aujourd’hui d’abord à travers les médias.
Il ne serait pas correct de s’exonérer d’une certaine responsabilité. En raison du contexte, de la faiblesse des initiatives unitaires, le PC a eu raison d’aller aux élections afin que soit entendue une voix anticapitaliste non sectaire et prenant en compte la dimension écologique et non productiviste d’une nécessaire alternative. Le programme du PC bien qu’imparfait était intéressant. Force est toutefois de constater qu’au delà de la difficulté pour le faire entendre, l’étiquette que nous portons (et l’image que les médias y associent avec insistance) le rend souvent inaudible. Dans la circonscription de Liège, nous avons distribué près de 120.000 tracts pour 4.000 voix. C’est très faible, il faut le reconnaître. C’est aussi sans doute la province où le verrouillage médiatique a été le plus total (Tout accès à la très politisée télévision locale RTC nous a, par exemple, été impossible !) et où le marketing politique ce sera imposé de la façon la plus marquée.
Au delà du contexte, mon credo ne change pas et cela reste celui de mon parti. Il faut œuvrer à la force qui manque à la gauche. Il manque en Belgique une force anticapitaliste rouge-verte plurielle qui s’oppose au productivisme capitaliste et puise dans le marxisme des clés pour un autre système à bâtir (collectivisation, planification démocratiquement organisée et décentralisée,…). Cette force ne peut être portée par les partis existants mais ceux-ci doivent y apporter leur expérience et leurs moyens. Le PC a un rôle important à jouer dans cette recomposition. Il conviendra dans les prochaines semaines de réfléchir rapidement aux moyens d’enfin faire (re)naître et avancer cette force plurielle.
En tant qu’écologiste, je suis bien évidemment heureux de la remontée du parti Ecolo, lequel avait enregistré en 2003 un score exceptionnellement bas il faut aussi le reconnaitre. L’élection de Carine Russo (qui n’a pas eu peur de s’afficher à gauche et a eu la bonne idée d’inverser le slogan Ecolo sur son affiche pour insister sur l’importance de l’aspect social pour un monde plus vert) aurait pu être une bonne nouvelle. En raison de l’effet dévolutif de la case de tête, il n’en est rien et c’est José Daras pourtant bien moins plébiscité qui rempile pour un tour. Au regard des élus et des figures actuelle d’Ecolo, je demeure cependant perplexe sur l’attitude que prendra ce parti dans les prochaines semaines. Ainsi que je l’ai répété à plusieurs reprises, la vision écologique mais aussi plus prosaïquement la stratégie défendue aujourd’hui par Ecolo m’inquiètent. Nous verrons si mes inquiétudes se confirment. Sortie du nucléaire, suppression des centres fermes et politique d’asile plus juste, fiscalité plus juste (impôt sur les plus-values sur actions, impôt sur les gros patrimoines, remplacement du régime de taxation relatif aux stocks options,…), défense des services publics (poste, SNCB,…),… La droite ayant largement renforcé ses positions (au Sud mais aussi et surtout au Nord), Ecolo devra choisir entre une participation au pouvoir en réduisant ses prétentions à un simple verni écologique (ce que je redoute) et ne pas renier son programme en demeurant dans l’opposition ainsi que le demande une de ses figures montantes, Mathilde Collin
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