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L’Europe sacrifie l’agriculture bio

14 juin 2007 - 09:54


Dans un précédent article, j’ai exposé les dangers qui pesaient depuis quelques mois sur l’agriculture biologique [1].

En dépit d’une mobilisation du Parlement européen [2], la Commission puis le Conseil des ministres de l’agriculture viennent de céder aux demandes des lobbys de l’agro-alimentaire et d’approuver ce 12 juin un règlement qui autorise la présence d’organismes génétiquement modifiés dans les produits bio. C’est à nouveau une parfaite illustration du déficit démocratique des instances européennes avec des mouvements citoyens qui ne sont pas entendus et un Parlement qui sur de nombreuses thématiques n’a qu’un avis consultatif.

Notons que le ministre belge de l’agriculture a eu la bonne idée (tout comme ses collègues grec, italien et hongrois) de s’opposer à ce texte, estimant que celui-ci « déforce grandement l’agriculture biologique ».

Concrètement, la pollution des produits bio par des OGM sera dorénavant tolérée jusqu’au seuil de 0,9% (soit 9 grammes par kilo), comme pour les produits de l’agriculture conventionnelle. Cette mesure réclamée par les lobbies industriels vise à se dédouaner de toute contamination issue des cultures OGM. Elle n’est pas un hasard alors que l’agriculture bio a le vent en poupe (+9.9% depuis 1999 en moyenne contre +2.6% pour le non-bio) et commence à tailler des croupières aux tenants d’une agriculture industrielle consommatrice de pesticides et d’OGM [3].

Deuxième recul majeur, l’utilisation de substances chimiques de synthèse n’est plus clairement interdite. Seul point positif, les labels bio nationaux (souvent plus contraignants) pourront finalement continuer d’exister parallèlement au logo « bio light » que vient de mettre en place l’UE.

Ce règlement est une sacrée défaite pour le monde du bio, une défaite qui n’est peut-être pas la dernière. En 2008, la Commission révisera les règles nationales de « coexistence » qui visent à restreindre les cultures génétiquement modifiées à usage commercial, et examinera plus en détail la nécessité d’une législation à l’échelle communautaire. Il faut craindre que ce soit alors l’occasion de définitivement ouvrir, via l’UE, les vannes pour les organismes génétiquement modifiés en dépit de fait qu’une majorité de citoyens n’en veulent pas et qu’une majeure partie de la communauté scientifique conteste leur utilité.

4 Messages de forum

  • Pourquoi les gouvernements d’une Allemagne investie massivement dans le bio, et d’une Autriche où 40% de l’agriculture est biologique, n’ont-ils pas combattu le texte européen ?

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  • Le bio represente aujourd’hui moins de 5% de l’agriculture au niveau de l’UE. Le poids des lobbys industriels (au niveau de l’UE) demeure donc infiniment plus important.

    Je connais mal le type de bio pratique dans ces pays, il est possible qu’il ne s’agisse deja plus d’un bio de grande qualite (certains labels nationaux sont moins stricts). En tout cas, l’evolution actuelle penalise d’abord le "vrai bio", cad le bio local pratique par des petits producteurs. En fait, la decision qui vient d’etre prise ouvre plus encore la porte a du bio industriel, un "bio light" dans lequel se recyclent des industriels qui cherchent avant tout a capter des parts de marche vu l’attrait croissant des citoyens pour cette agriculture.

    On voit directement ici un grand classique de la logique capitaliste qui consiste a recuperer (ici via un label que l’on denature progresivement) les alternatives qu’il genere et qui le contrarient.

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  • Depuis quelques temps déja les petits agriculteurs bios ont renoncé à la labélisation. Tout simplement parce qu’elle est très couteuse. C’est l’agriculteur lui même qui doit payer son contrôle. Etrange. Avec ce texte adopté au parlement européen, il va falloir recréer un label bien plus vaste. Que veux dire des avocats bio produits dans une ferme israélienne installée dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie. Ou des tomates produites sur sol organique dans des serres d’Algarve et importées en avion. Aucun sens. Seul un label tenant compte de plusieurs critères : environnementaux, sociaux, énergétiques, éthiques aidera les consomacteurs à voir clair. Allez voir Rudolf Koekhli à la ferme arc en ciel de Wellin, il vous en dira bien plus. http://www.fermearcenciel.be qui est un site fait par des clients-actifs.

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  • L’extraordinaire recette de la tarte aux cerises NON BIO est expliquée par Bourguignon et reprise par JoeBot ici :

    http://joebot.canalblog.com/archives/2007/08/30/6049243.html

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