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Alain Hutchinson et la libéralisation de La Poste

4 juillet 2007 - 12:29


Ce matin Alain Hutchinson était l’invité de l’émission Questions Publiques sur La Première. Il a dit beaucoup de choses intéressantes qu’ignorent à mon avis la plupart des Belges. Mais ...

Matin Première
http://bulles.agora.eu.org/IMG/mp3/20070704_Matin_Premiere_Alain_Hutchinson.mp3
Questions Publiques
http://bulles.agora.eu.org/IMG/mp3/20070704_Questions_publiques.mp3

Malheureusement, il a systématiquement esquivé les questions posées sur le rôle du PS en général et d’Elio Di Rupo en particulier dans ce processus. Ainsi, il a parlé longuement de la poste suédoise mais quasi pas de la poste belge si ce n’est pour curieusement justifier la privatisation en cours au nom d’une nécessaire modernisation, argument de droite par excellence (fermer des bureaux ou virer du personnel statutaire et le remplacer par des contrats sous-statutaires n’a rien de « moderne ») qu’il a lui-même contredit avec de nombreux exemples de l’étranger par ailleurs.

Tout cela manque de cohérence. De même, se retrancher systématiquement derrière les directives européennes n’est pas fort courageux et est révélateur d’un préoccupant renoncement démocratique. Quand aurons-nous un débat sur ces directives imposées à nos élus sans que ceux-ci n’osent s’y opposer ? De façon un peu provocante, je dirais même : Pourquoi voter si la ligne politique générale est déjà définie et que tout écart est puni ? Les élus de gauche sont-ils juste devenus des alibis ?

Rappelons qu’il n’y a pas si longtemps, l’UE était gouvernée par une large majorité de gouvernements de centre-gauche sans que la vague de libéralisations/privatisations ne soit stoppée d’un iota via un traité radicalement social et antilibéral.

Il est temps que la social-démocratie sorte de sa torpeur pour retrouver (et pas seulement quand elle est dans l’opposition) du punch et un peu de courage et de radicalité face aux féroces appétits du Capital et ce afin d’impulser une autre logique et non de retarder misérablement la déglingue sociale. Il est temps également que la gauche anticapitaliste, celle qui à mes yeux est susceptible de proposer un projet alternatif plus cohérent, trouve unité et poids.

Pour en savoir plus :

- Hold-Up à la Poste : 277 bureaux visés

-  La pétition comme caution morale et outil de promotion

-  Libéralisation » de la Poste

3 Messages de forum

  • 20 000 signatures en Belgique pour cette pétition.... Ce qui démontre bien à quel point l’individualisme et le chacun pour soi ont pénétré la vie sociale. Que pouvait-on faire face à ce constat ? C’était là la mission de parlementaires de gauche dans une institution (l’Europe) à la visibilité et à l’intérêt quasi nuls pour les citoyens : Ne pas entériner les décisions de libéralisation au moment où la gauche était majoritaire au parlement européen. Rester fidèle à ce pourquoi ils avaient été mandatés par les électeurs : protéger le social et les services publics. Ils ne l’ont pas fait, préférant suivre la logique dominante. A ce moment là, il n’y avait pas besoin de pétition ni de soutien massif. Il y avait juste à faire preuve de courage politique, puisqu’ils avaient à ce moment voix au chapitre.

    Inexorablement, tous les services de base seront détricotés sans amélioration pour les usagers. Que pourra-t-on y faire ? Peu sinon se battre... Mais compte tenu du je-m’en-foutisme général, c’est mal barre ! Si on veut revenir à la notion de solidarité, de service au public, il sera sans doute nécessaire que l’associatif, que le mouvement social recrèent eux-mêmes les structures qui feront défaut. C’est un peu comme un retour au sources, à l’époque où les organisations ouvrières ont créé des coopératives d’entraide ou de services. C’est en partie ainsi qu’elles ont acquit leur popularité et leur légitimité.

    Etant donnée l’importance d’un noyau de non emploi dans les pays occidentaux, il y a là matière à création de projets d’insertions socio-professionnelle ou de création d’emploi dont les buts et motivations seront justement de pallier au manque de service public.

    Au delà de tout cela, et de manière générale, la disparition des services publics et de la notion de solidarité se situe bien dans l’air du temps. La droite l’a bien compris et ne nourrit plus beaucoup de complexes vis-à-vis de cela. C’est plutôt la réussite et la promotion individuelles qui constituent le paradigme dominant. Il ne faut toutefois pas croire que cette mutation date d’hier. Elle est en route depuis pas mal de temps et notamment dans les politiques d’insertion socio-professionnelle où les solutions individuelles ont pris le pas sur le collectif.

    Peu d’analystes de la gauche radicale n’ont appréhendé ou n’ont voulu appréhender cette mutation sociale importante, à savoir le passage du collectif vers l’individuel. Le défi majeur pour demain, puisque l’action collective est notre pierre angulaire, sera de recréer le collectif. Je suis persuadé qu’on ne le fera pas par les voies traditionnelles. Il faudra innover, mais cela c’est une autre histoire !

  • Je n’avait pas lu, avant d’écrire ma réaction, le texte de Raoul Marc Jenard, inséré par Pierre le 27 juin sur ce blog. Il illustre en partie mes propos, notamment sur le renoncement à des valeurs fondammentales de la part des partis socialistes. C’est ce qui explique avec quelle facilité et avec quel manque de scrupules, ils ont pu entériner des décisions aux accents ultra-libéraux.

  • "Quand aurons-nous un débat sur ces directives imposées à nos élus sans que ceux-ci n’osent s’y opposer ?"
    C’est faux Pierre, tu tente de faire croire n’importe quoi :-(

    Nos gouvernants ont des c...., ils osent s’opposer parfaitement s’opposer aux directives européennes !

    Un exemple parmis d’autres : La directive 2002/14/CE sur les procédures d’informations et de consultations entre employeurs et employés dans toutes les entreprises d’au moins 50 salariés ou dans tout établissement d’au moins 20 salariés. Cette directive aurait dû être transposée en droit national Belge pour le 23 mars 2005.

    Les Arrêtés Royaux organisant les élections sociales de 2008 auraient du être pour le 30 juin, sous peine d’astreintes possible.
    Comme le système est bien fait, ce sont évidemment les contribuables (ceux-là même qui demandent les signatures) qui vont douiller, tout comme les amendes à l’UE pour non transposition de la directives. Hi hi.

    C’est tout pareil que d’voter pour des ivrognes mafieux et de douiller pour Francorchamps nondidjou.

    Mais si certains français traitent une partie de leurs compatriotes de "vaux", pour avoir mis un c.. à la tête du pays, comment doit-on qualifier les Belges qui préfèrent l’ignorence crasse (et les médias people) à l’effort d’un esprit critique et "l’inconfort" de recherche d’information sérieuse.

    La directive européenne 2002/14/CE


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