| ‹‹ Conférence de Claude Bourgignon : "Nouvelles techniques d’assolement et de semis direct" | Michael Moore rend CNN malade ›› |
7 juillet 2007 - 16:03
La RTBF s’est offert dans la presse d’énormes encarts publicitaires concernant la couverture exceptionnelle que la chaine publique (radio et télévision) va consacrer au Tour de France. Pas un mot sur le contexte, pas la plus petite once de recul.
En couvrant sans le moindre scrupule cette épreuve dont le palmarès est pourtant éloquent (à l’exception de Greg Lemond [1], pas un seul vainqueur ces 20 dernières années qui n’ait été impliqué dans une affaire de dopage), les médias autruches sont les premiers responsables de la poursuite du dopage institutionnalisé qui détruit le cyclisme en particulier et le sport professionnel en général.
Si une attitude amorale peut sembler logique de la part d’un média privé soumis aux diktats de la rentabilité, le fait que notre télévision publique (financée à 75% avec de l’argent public) consacre sans scrupule des sommes colossales à cet événement est inacceptable. En France, la situation est semblable.
Au total, 896 coureurs professionnels ont été reconnus coupable de dopage depuis 1881. Alors que la proportion d’asthmatiques dans la population mondiale n’est que de 2,7%, environ un tiers des coureurs du dernier Tour bénéficiaient d’une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques pour cette affection. Sur les 13 coureurs contrôlés positifs lors du Tour 2006, 12 disposaient de cette autorisation et échappèrent à toute sanction. De tout cela, la RTBF, exercant sa mission de service public, parle-t-elle ? Non ! On se contente de louanger les efforts (bien maigres et hypocrites) des organisateurs.
Il est temps que les médias disent « stop », qu’ils arrêtent de nous servir la ritournelle cent fois ressassée du « Tour du renouveau ». Il n’y a pas de renouveau mais un inlassable recommencement.
La couverture médiatique massive, jamais remise en cause et les masses d’argent qui l’accompagnent poussent les sportifs à la performance extrême et au dopage. Les coureurs pointés du doigt par les médias ne sont en fait que des gladiateurs de ces jeux du cirque "modernes", jouant leur vie pour de l’argent. Si des médias posaient un geste fort en refusant de couvrir le Tour de France et en cessant de feindre d’ignorer l’ampleur de dopage, s’ils couvraient à la place, en vue de les faire découvrir et pour bien moins cher, de petites épreuves locales de sport amateur, ils donneraient (enfin) un sacré coup de pied dans la fourmilière. Cela ne pourrait qu’être profitable à leur crédibilité comme à celle du cyclisme et du sport professionnel en général.
En attendant, si les médias (en particulier publics) refusent de boycotter ce lamentable spectacle, c’est à nous de boycotter les médias afin de les pousser à agir avec un peu plus de conséquence.
Source pour les chiffres du dopage : http://cyclisme.dopage.free.fr/cour...
[1] Correction après photo finish. Merci aux lecteurs attentifs.
| ‹‹ Conférence de Claude Bourgignon : "Nouvelles techniques d’assolement et de semis direct" | Michael Moore rend CNN malade ›› |