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La Poste : acter le désastre, ouvrir le champ des possibles

François Schreuer et Pierre Eyben

7 août 2007 - 17:38 - #poste - #services publics


Ce texte co-écrit avec François Schreuer est paru dans le JDM du 7 août 2007.


Après sa privatisation récente et la « libéralisation » à venir du secteur, La Poste n’a plus que les oripeaux d’un service public ; au détriment des travailleurs et des usagers. Il est utile de comprendre comment on en est arrivé là – et de poser les bases d’une reconstruction des fonctions collectives.

Premier temps : les années ’80 et ’90. Au nom de la rigueur budgétaire puis dans la perspective de la monnaie unique européenne, on corsète sévèrement l’investissement public. Les fonctions collectives en restent fragilisées. Là où on licencie des milliers d’enseignants, où on sous-investit dans les chemins de fer, dans le secteur postal on entreprend des « consolidations stratégiques » : pour pouvoir faire appel à de l’argent privé, les services publics seront désormais gérés comme des sociétés privées. Théoricien et acteur de ce processus, le ministre en charge des entreprises publiques de 1994 à 1999 n’est autre qu’Elio Di Rupo, le sémillant président du PS qui ne verra pas de contradiction à s’afficher quelques années plus tard au forum social de Porto Alegre. Le même Elio Di Rupo signera en 1999 l’arrêté ouvrant à la concurrence le secteur du courrier de plus de 350 grammes. La logique gestionnaire s’impose au sein du service public.

Seconde étape, la privatisation. En octobre 2005, l’Etat belge vend la moitié du capital moins une action à un consortium composé de la poste danoise et de la société « CVC Partners ». Qu’est-ce que CVC ? Tout simplement un représentant typique du capitalisme financier. Un des plus gros aussi : doté d’un capital de 20.9 milliards d’euros, ce groupe possède actuellement 44 entreprises – allant des appâts pour la pêche, aux réfrigérateurs en passant par les services IT et la cordonnerie –, dont dépendent 309.000 employés. Business ? Racheter des entreprises en vue de les revendre à court ou moyen terme en faisant de grosses plus-values. Ajoutons que les conditions de la vente de La Poste sont particulièrement défavorables à la collectivité. Au moment de la vente, l’entreprise a en effet été valorisée à seulement 600 millions d’euros – l’apport en capital du consortium privé n’aura donc été que de 300 millions –, une somme particulièrement peu élevée quand on sait que le seul montant de son patrimoine immobilier – prudemment évalué à son prix d’achat – est de 470 millions d’euros, que la poste belge a un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards d’euros ou que la poste danoise, pourtant plus petite que son homologue belge est évaluée quant à elle à un milliard d’euros.

Les choses ne s’arrêtent cependant pas là : un dividende annuel de 10 millions d’euros est garanti, par contrat, au consortium. Si les bénéfices ne sont pas suffisants, une réduction de capital sera opérée pour satisfaire son appétit (et, bien sûr, l’Etat fédéral continue de verser chaque année une dotation d’un montant de 290 millions d’euros pour satisfaire aux exigences du « service universel »). Enfin, le contrat prévoit le droit pour CVC de revendre ses parts (soit 25 % du capital) en bourse dès 2009. Le PS, qui fait aujourd’hui des communiqués déplorant cette entrée en bourse, aurait été mieux inspiré de poser son veto à la clause du contrat à l’époque où ce dernier a été approuvé par les autorités belges. Il est vrai que la plupart des parlementaires n’ont découvert le contrat et n’ont pu en débattre qu’à la fin du mois de janvier 2006,... après sa signature définitive. Certains d’entre eux se sont étonnés ? Il était trop tard.

On doit cependant se poser la question des raisons qui ont poussé à la conclusion d’un contrat à ce point déséquilibré en faveur du consortium privé. Peut-être une explication se trouve-t-elle dans le fait que Johnny Thijs, patron de La Poste a été, entre 1999 et fin 2004, membre du « conseil d’avis » belge de CVC, fonction dont il a démissionné moins d’un an avant l’entrée de CVC au capital de La Poste. Il semble d’ailleurs que M. Thijs n’ait pas à se plaindre de son nouvel actionnaire puisque son salaire a atteint 900 000 euros en 2006.

Troisième étape, le Parlement européen a voté au début de ce mois de juillet 2007 la « libéralisation » totale du marché postal en 2011, annonçant la mise en concurrence généralisée. Plus aucun monopole public ne sera d’application dès cette date ; toute entreprise pourra proposer ses services sur le marché postal. Qu’il s’agisse d’une authentique aberration économique (il coûte beaucoup moins cher d’organiser un service postal de façon publique) et d’un drame social de premier plan n’a pas ému les eurodéputés qui, à l’exception des Verts, des Communistes et des Socialistes belges et français, ont voté en masse pour le projet de directive.

On le voit, le processus de marchandisation – c’est-à-dire dire le passage d’une logique de bien commun à celui de rentabilité privée – et celui de privatisation ont été de concert, se nourrissant l’un l’autre.

Les conséquences de ce processus sont connues même si elles risquent de s’aggraver encore bien plus profondément dans les années à venir. La privatisation du service public représente d’abord une dégradation sérieuse des conditions de travail du personnel de La Poste, notamment dans le cadre du plan Géoroute 2. Là où l’emploi public a pu – et pourrait à nouveau si on le voulait – tirer à la hausse la norme de l’emploi, il contribue désormais à la précarisation généralisée de la société, en augmentant la charge de travail (cette postière qui s’est suicidée en juin à Waremme devait, selon la délégation syndicale, consacrer 12 heures à sa tournée) ou en recourant massivement à l’intérim. La privatisation représente aussi une réduction de l’emploi : plus de 10 000 postes auront été supprimés au cours de la présente décennie. La privatisation, c’est aussi une réduction conséquente du service à l’usager et du rôle social de La Poste : 277 bureaux de poste ont été fermés ou vont l’être à court terme, représentant chaque fois l’abandon par les pouvoirs publics d’un quartier ou d’un village ; les facteurs n’ont plus le temps de faire autre chose que de distribuer le courrier à toute vitesse ; 2500 boîtes aux lettres ont été supprimées depuis 2003 car jugées « non rentables ». Enfin, on constate une augmentation du prix des timbres. Tout cela a pour conséquence un « beau » bénéfice de 174 millions (avant impôt) en 2006.

La logique marchande qui est désormais celle de La Poste est aussi celle d’une grave irresponsabilité écologique alors qu’on pourrait attendre d’un service public qu’il joue un rôle moteur dans la transition écologique que nous devons effectuer à très brève échéance. La Poste a ainsi renoncé au transport ferroviaire pour se tourner vers le tout-routier et bâtir ses nouveaux centres de tri en bordure des autoroutes.

Avec la « libéralisation » totale (mais de la « liberté » de qui parle-t-on ?) annoncée, donc, pour 2011, seront en outre perdues la péréquation tarifaire (le principe qui prévoit un tarif équivalent pour tous les usagers du service), probablement les facilités de diffusion des périodiques – pourtant condition essentielle de la liberté d’expression et du pluralisme démocratique – et quelques autres petites choses.

Si l’on veut se donner une chance de contrer ce phénomène, il faut se demander comment il a pu se produire, comment on a pu tomber si bas. La fragilisation des services publics par des années de sous-investissement n’explique pas tout. Leur colonisation clientéliste par certains partis politiques pas entièrement non plus.

En fait deux questions importantes doivent être posées. D’une part, comment la social-démocratie a-t-elle pu en arriver à faire exactement l’inverse de ce pour quoi ses électeurs la mandataient ? Car, même si ses représentants ont finalement voté contre le texte approuvé au début de ce mois par le Parlement européen, il faut se rappeler que le PS a joué un rôle de tout premier plan dans le démantèlement du service public postal, cautionnant non seulement, au sein des coalitions successives, les reculades qui ont mené les unes après les autres à la situation actuelle mais s’en faisant même parfois l’agent. Aujourd’hui, le PS, notamment par la voix du député européen Alain Hutchinson, crie au désastre. Quelle crédibilité peut-on leur accorder ? Certes, en politique, on a le droit de se tromper ; on a aussi le droit de changer d’avis. Mais, ne serait-ce que pour la lisibilité du débat public, il convient alors de reconnaître ses erreurs et d’assumer les conséquences de ses changements de cap. Au-delà de cela, il nous faut cependant aussi nous demander si le problème ne vient pas d’une conversion idéologique du PS qui préfère le plus souvent s’accommoder de la logique dominante et, en tout état de cause, n’assume plus la lutte des classes inscrite à l’article premier de ses statuts.

D’autre part, on est fondé à se demander comment l’idéologie du capitalisme a pu pénétrer tellement profondément parmi la population, au point de faire accepter à des millions des personnes des « réformes » dont elles sont les victimes directes ? C’est là le nœud du problème : face aux sirènes de l’individualisme forcené dont il faut admettre qu’il séduit largement même s’il laisse la plupart de ses rêveurs au bord du chemin, il faut susciter une adhésion majoritaire à un nouveau projet collectif.

Pour ce faire, il ne suffit pas de montrer et de démontrer par toutes les ressources de l’argumentation l’impasse dans laquelle nous sommes engagés, de faire connaître au plus grand nombre les tenants et aboutissants de cette situation, le processus qui y a conduit. Il ne suffit pas non plus de mettre devant leurs responsabilités nos élus et de faire tomber certains masques (qui sont par exemple ces « humanistes » qui prétendent « mettre l’humain au cœur de la politique » mais votent comme un seul homme pour la libéralisation du secteur public ?). Il convient surtout de mettre sur pied des alternatives, de montrer que d’autres mondes sont possibles, que l’organisation collective des services publics est plus juste, plus efficace, produit une plus grande quantité de bien-être collectif à un coût moindre tout en assurant une redistribution organique de la richesse et la constitution de biens communs. Il convient enfin de bâtir un nouveau rapport de force politique au niveau européen permettant d’imposer la voix des centaines de millions de personnes qui subissent les conséquences désastreuses de la politique du tout-au-marché.

Pierre Eyben, Secrétaire politique de la Fédération liégeoise du Parti Communiste (Blog : pierre.eyben.be)

François Schreuer, Membre du collectif « Le pouvoir nous veut triste », Fondateur du portail d’informations alternatives mouvement.be (Blog : bulles.agora.eu.org)

20 Messages de forum

  • Cet article fait montre d’une naïveté sans borne. Il fait totalement l’impasse sur certaines vérités dérangeantes systématiquement passées sous silence par les tenants du collectivisme bon teint.

    1. Il n’y a aucun pays de l’OCDE ou le ratio fonctionnaires/travailleurs du privé soit aussi défavorable qu’en Belgique en général, et en Wallonie en particulier. Le nombre de fonctionnaires en Wallonie a augmenté de 30% au cours des 10 dernières années (il est passé de 271.692 à 354.284 entre 1995 et 2005 d’après l’institut wallon des statistiques). La Belgique, pays de 10.000.000 d’habitants emploie 800.000 fonctionnaires. La Hollande, pays de 14.000.000 d’habitants en emploie 400.000. La Norvège, pays de 4.500.000 habitants en emploie moins de 100.000.

    2. Malgré (à cause de ?) cette pléthore de fonctionnaires, la Belgique est régulièrement pointée du doigt dans les études internationales pour l’inefficacité de ses services publics. Une étude évaluait récemment le surcoût dû à cette inefficacité à 1.000 euros par personnes et par an.

    3. L’enseignement, par exemple, est tout à la fois l’un des plus coûteux et l’un des plus mauvais de l’OCDE (étude PISA pour preuve ; mais voir également le document ici.

    4. Une grande part de ces fonctionnaires est « improductive » (ce qui ne signifie pas « inutile », mais ne contribuant pas directement à produire de la richesse qui puisse être redistribuée à l’ensemble des citoyens). On peut difficilement se passer d’enseignants, d’infirmières, de policiers … mais on peut certainement se passer d’une kyrielle de fonctionnaires que l’on a multipliés à l’envi à tous les niveaux de pouvoirs de ce pays surréaliste et qui font à peu près la même chose tout en se renvoyant la balle dès lors que ça coince quelque part. Vous avez contesté une décision d’urbanisme dernièrement ? Qui est responsable de quoi lors du refus d’un permis ? Quel est encore le rôle du fonctionnaire délégué ? Il suffit de poser une question sur le CWATUP à l’un des fonctionnaires du service de l’urbanisme à Liège, puis de poser la même question à un fonctionnaire de la Région Wallonne pour avoir des réponses différentes. Bien sûr, ces incohérences sont un trésor lorsqu’il s’agit de toujours trouver une raison de rejeter une démarche. J’ai un exemple canon impliquant la taxe sur les immeubles inoccupés à Liège, exemple où les fonctionnaires ont préféré voir la ville se laisser impliquer dans une démarche judiciaire qu’elle a tout lieu de perdre (et qui si elle fait jurisprudence l’obligera peut-être à rembourser des sommes perçues indûment, aux frais bien entendu des contribuables locaux) plutôt que d’annuler l’application d’un règlement absurde.

    5. “Nobody spends somebody else’s money as carefully as he spends his own. Nobody uses somebody else’s resources as carefully as he uses his own. So if you want efficiency and effectiveness, if you want knowledge to be properly utilized, you have to do it through the means of private property." disait Milton Friedman. Et on en a l’illustration quasi quotidienne lorsque l’on est confronté aux services publics en Belgique.

    6. La fonction principale du service public en Belgique (et en particulier en Wallonie) n’est pas d’assurer un « service au public », mais simplement d’assurer sa propre pérennité. Il suffit d’y avoir été confronté pour le comprendre et tous les discours bien pensants suintant la guimauve et le collectivisme bon teint n’y changeront rien.

    7. Dans les pays scandinaves, les agents de la fonction publique n’ont pas de statut particulier. Ils ont des contrats exactement identiques à ceux du privé, sont recrutés selon les mêmes canaux, les mêmes procédures, soumis aux mêmes barèmes, aux mêmes règles de licenciement ou d’engagement. Par contraste, la fonction publique en Belgique est l’une des plus politisée et l’une des plus clientélisée qui soit.

    8. En bref, le citoyen lambda que je suis et dont les revenus sont taxés à mort (célibataire, sans enfant, avec des centimes additionnels à Liège. Ca fait mal) en a plus que marre de se voir ponctionner pour alimenter ce système à la mort moi le nœud et milite désormais pour la privatisation de tous les services publics, en ce compris l’enseignement. Il faudrait vraiment de sérieux arguments pour qu’il change d’avis.

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  • 1. Il ne s’agit pas d’une réponse à ce texte mais d’un copié collé d’une réponse à un autre texte. Voir ici. Je trouve ce procédé très discutable.

    2. Nous défendons un service public efficace et dépolitisé (au sens partisan) dans des domaines vitaux pour la collectivité (énergie, mobilité, enseignement, poste,...) pas une administration à la Kafka. Il est d’ailleurs bien naïf de penser que privatiser = simplifier et dépolitiser.

    3. Les chiffres fournis concernat les fonctionnaires me semblent fantaisistes. J’amerais avoir un lien vers la source. Que ce soit dans l’enseignement, la poste, la SNCB,... (les plus gros pourvoyeurs d’emplois publics), le nombre de fonctionnaires a diminué substantiellement ces 10 dernières années.

    4. L’analyse sur la qualité de l’enseignement est biaisée à plusieurs égards (différence de résultats entre nord et sud pas prise en compte par exemple). Par ailleurs, les critères d’évaluation de l’OCDE sont très discutables.

    5. Privatiser ne signifie pas que cela revient moins cher à la collectivité (voir à ce propos le dernier documentaire de Michael Moore sur les soins de santé aux E-U).

    6. Vous vous dites surtaxé, pourtant les inégalités s’accroissent en Belgique entre les plus pauvres et les plus riches, c’est donc que l’impôt n’est pas encore prélevé de façon équitable.

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  • 1. Etant l’auteur du texte initial, je le copie/colle où je veux.

    2. Augmentation de 30% des fonctionnaires en Wallonie sur 10 ans. Les chiffres ici : http://statistiques.wallonie.be/dyn/14/fichiers/TBE02479.pdf

    30% de la population active en Wallonie est fonctionnaire. 30% bon sang ! Sans parler des associations lucratives sans buts, collectifs et autres machins apparentés, utilisés par les politiques pour caser leur clientèle, et qui ne servent à peu près à rien. Le gâteau des richesses produites n’est pas partageable indéfiniment.

    Je répète, qu’il n’y a aucun pays de l’OCDE qui ait un ratio public/privé aussi défavorable. Tout en n’offrant pas une qualité de service en proportion. Eh, je le sais, j’ai vécu dans quatre pays différents. La Belgique (et la Wallonie en particulier) tiennent le pompon pour ce qui est d’avoir des services publics inefficaces, chers, avec un personnel la plupart du temps désagréable et incompétent. Vous fréquentez les administrations à Liège, de temps à autre ?

    3. PISA : réaction typique. Quand les chiffres sont mauvais en Wallonie, on met toujours en cause les études, les méthodes, les personnes, les sangliers qui avaient mangé des cochonneries. Dès lors que l’air ne plait pas, l’on trouve toujours bien l’un ou l’autre pianiste sur lequel tirer pour couvrir la musique.

    4. Impôts : j’ai un salaire très clairement supérieur à la moyenne. C’est une chance. J’en ai conscience. J’ai conscience également qu’en ce qui me concerne, et c’est devenu vrai pour une très large part de la classe dite "moyenne", l’ETAT est le principal facteur d’appauvrissement. Mon "coin fiscal" de célibataire sans enfant, pour parler dans le jargon qui va bien, est de 57%. Encore une fois, aucun pays de l’OCDE n’atteint un impôt sur les revenus qui atteigne un seuil aussi délirant. Mon "tax freedom day" est loin, loin après juin : http://www.oecd.org/dataoecd/18/15/38168221.pdf

    5. Quelques illustrations supplémentaires du vol étatique ici : http://porteentrouverte.canalblog.com/archives/taxes_et_impots/index.html

    Alors, voilà. Je suis plutôt généreux par nature. Le droit à la solidarité, c’est un concept qui me botte. Pour autant qu’il ait pour pendant le devoir de responsabilité : une contre-partie que l’on oublie un peu trop souvent à mon goût sous nos cieux.

    Avec la mentalité qui règne sous ces cieux là, sur les plaines qui s’étendent entre Liège et Charleroi, Mons et Luxembourg, je répète que le but du système est avant tout d’assurer sa pérennité et d’entretenir une machine dont la plupart des rouages sont superflus, avant de se préoccuper d’offrir un quelconque service au public.

    Je préfère dès lors un système du chacun pour soi où les règles ont l’avantage d’être claires. Et je milite activement pour.

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  • Je n’ai pas le temps aujourd’hui d’argumenter longuement. J’ai parcouru en vitesse les documents.

    Très rapidement :

    Etant l’auteur du texte initial, je le copie/colle où je veux.

    Le post étant anonyme, pratique qui me déplait grandement, il est difficile de savoir qui en est l’auteur. Par ailleurs, il n’est pas à proprement parlé une réponse aux arguments que nous avançons dans notre article (avoir public bradé, baisse du service à la population, impact écologique,...) et s’apparente donc à une tentative d’évangélisation néo-libérale dans un espace réservé au débat sur un texte et un thème précis.

    Le débat entammé avec le texte ci-dessus n’est pas celui d’un choix entre fonctionnaires et monde privé - même si bien évidemment ma thèse est que l’on ne sortira pas de l’impasse actuelle sans sortir notre économie de la logique de marché laquelle est d’ailleurs aussi de plus en plus présente dans les services publics - mais de montrer les impacts négatifs pour la collectivité de la privatisation/libéralisation de services importants pour la population. Je suis foncièrement pour que l’on réorganise le secteur public en le décentralisant, en le depolitisant, en le rendant plus dynamique, plus réactif mais avec pour objectif de le développer et pas de le faire disparaître.

    aucun pays de l’OCDE qui ait un ratio public/privé aussi défavorable

    Faux. Le ratio fonctionnaires/privé est par exemple plus élevé en France qu’en Belgique (6 millions pour une population active de 27 millions càd 22%). Par ailleurs, ces pourcentages sont biaisés. D’abord parce qu’il y a un processus global d’augmentation du salariat qui doit être pris en compte. Ensuite et surtout, parce que les services étant rendus à la population dans son ensemble et non aux seuls actifs, les chiffres qui me semblent faire sens sont ceux reportés à la population totale. Sinon, le fort taux de chomage dans notre région gonfle évidemment les pourcentages. Voir à ce propos une intéressante comparaison entre France et USA faite par Claude Allègre (http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/fonctionnaire/dossier.asp ?ida=425901) qui sur ce thème se montre moins con que sur le réchauffement climatique. Je pense comme lui que c’est bien la question de la répartition de l’emploi public qui est à débatttre. La diminution est évidemment un objectif pour les capitalistes qui veulent envahir la sphère publique pour y réaliser des bénéfices et aussi diminuer le budget de l’Etat afin de financer des diminutions de charges (ce qui va encore accroître les inégalités soit dit en passant).

    NB : Il faut noter que l’équation "emploi public = emploi non productif" est fausse elle aussi.

    Vous fréquentez les administrations à Liège, de temps à autre ?

    Oui comme tout citoyen et je n’y rencontre un personnel ni particulièrement riche ni particulièrement acariatre. Qu’il ne soit pas contraint à me traiter avec un ton mielleux tout en tentant de me fourger sa camelotte ne me heurte par ailleurs pas, je préfère les contacts sincères.

    j’ai vécu dans quatre pays différents.

    J’ai aussi eu l’occasion de voyager. C’est aussi de la débacle du système américain (téléphonie, énergies, soins de santé,...) et de la logique marchande omniprésente qui y règne et que j’ai pu expérimenter que je tire cette volonté farouche de nous éviter la même issue.

    PISA : réaction typique. Quand les chiffres sont mauvais en Wallonie, on met toujours en cause les études, les méthodes, les personnes, les sangliers qui avaient mangé des cochonneries.

    pas besoin d’en venir aux sangliers, la logique de l’OCDE et ses critères d’évaluation ne sont simplement pas les miens (http://ecoledemocratique.org/article.php3 ?id_article=213). D’ailleurs, dans la mesure où l’enseignement vit depuis 20 une austérité et un sous-financement chronique (Voir http://ecoledemocratique.org/article.php3 ?id_article=43), le fait que les "performances" scolaires soient mauvaises serait plutôt pour moi un argument utile. Pour résumé mon opinion, l’enseignement n’est certainement pas trop financé mais il convient aussi d’apporter des modifications structurelles pour un enseignement public plus égalitaire et plus efficace (http://ecoledemocratique.org/article.php3 ?id_article=326)

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  • Ce commentaire a déjà été posté ici. Ce genre de pratiques est ultra-pénibles, ça complique le suivi de débat par ceux qui s’y intéressent.

    Pour ma part, je me contenterai de faire un lien vers ma réponse qui se trouve ici.

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  • Un peu de lecture : http://www.workforall.org/forum/html/modules/news/article.php ?storyid=45

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  • Moi non plus, je n’ai pas énormément de temps pour répondre (et en plus je suis crevé), mais quelques remarques quand même.

    1. Anonymat : dès lors qu’il est possible de se faire passer pour à peu près n’importe qui sur Internet, je ne vois pas l’utilité de préciser un nom. Qu’est-ce que cela apporte au débat ? Absolument rien. Je peux signer Nemo, si ça vous fait plaisir.

    2. Vous et François (que je prends plaisir à lire souvent, même si nos opinions sont la plupart du temps radicalement opposées) semblez tous deux souffrir du même défaut : vous partez d’une position dogmatique qui est que parce qu’un service est "public", il oeuvre FORCEMENT dans le sens du bien commun.

    Quelle naïveté ! Je ne perdrai pas mon temps à énoncer la litanie des contre-exemples qui me viennent à l’esprit et qui ne se relèvent pas QUE dans l’actualité récente, ni même qu’en Wallonie. Je répète et je répéterai encore : la principale fonction d’un grand nombre de services publics en Belgique est d’assurer leur pérennité et la survie d’une armée de fonctionnaires clientélisés qui y travaillent, pas grand-chose d’autre.

    Je note par ailleurs que vous évitez soigneusement de répondre au point de mon intervention qui montrait que le nombre de fonctionnaires a augmenté de 30% en 10 ans en Wallonie pour atteindre aujourd’hui 29% et des poussières de la population active (statistiques officielles à l’appui).

    Quant à citer la France et ses 22%, c’est amusant à plus d’un titre : (1) 22 < 29 (2) je ne pense pas que les services publics en France soient spécialement réputés pour leur efficacité exemplaire. La France, j’y ai vécu six ans.

    3. Les chantres de la "solidarité festive et citoyenne", qui hissent haut dans leurs discours de beaux mots comme « démocratie » et « liberté » me font souvent sourire un brin.

    Leur démocratie, ils la rêvent toujours plus encadrée, toujours plus règlementée, toujours plus contraignante. Mais c’est au nom du bien commun, bien entendu !

    Qu’il faille désormais une autorisation dûment complétée par un comique troupier « travaillant » au guichet d’une administration communale, et payé entre autre par mes impôts, lorsque l’on veut installer un vélux dans son toit, entreposer une caravane dans son propre jardin, changer la couleur des boiseries extérieure de sa propre demeure, ... que l’on soit contrôlé si un bac à compost n’est pas à distance règlementaire des propriétés voisines, si on a le malheur de dépasser d’un mètre carré la surface règlementaire pour un abri de jardin, … ça ne les heurte pas outre mesure. Ca entre bien dans leur vision idéale du monde.

    Eh, ça fait de l’emploi, non ?

    A la rigueur, cette vie n’est pas encore suffisamment policée et fliquée à leur goût : multiplions les circulaires et les règlements à la con, et arrangeons nous d’ailleurs pour qu’ils soient contradictoires entre les différents niveaux de pouvoir, et l’éden du plein emploi n’est plus très loin : un paradis où il n’y aurait plus qu’une armée de fonctionnaires qui se contrôlent les uns les autres et se pourrissent mutuellement la vie, le tout financé par les impôts des quelques ploucs qui n’auront pas eu l’opportunité de pouvoir se barrer de ce pays de fous.

    4. Ma position du « chacun pour soi » a au moins un avantage par rapport à la vôtre : elle vous laisse la liberté, à vous et tous les collectivistes, d’instaurer le système que vous voulez, auquel vous pouvez « solidairement » contribuer comme vous le voulez et autant que vous le voulez, si ça vous chante. Mais moi, je n’ai pas la liberté de sortir de votre système, même si j’accepte les risques que cela comporte en me disant que dans tous les cas, personne ne peut mieux gérer mes propres intérêts que moi-même. Il faut que je raque. Pas d’alternative, si ce n’est la marginalisation. En France, il y a de plus en plus de gens qui sortent volontairement de la sécu tellement ils en ont ras la casquette d’être cocufié par le système. En Belgique, bernique.

    J’arrête ici pour se soir.

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  • Juste un truc que j’ajoute à propos du "sous financement chronique" de l’enseignement. Lire ceci :

    http://www.fundp.ac.be/facultes/eco/recherche/cahiers/2006/serie-33.pdf

    On y apprend que l’enseignement francophone n’est PAS sous-financé, par comparaison à TOUS les pays voisins à l’exception du Danemark. C’est même l’un de ceux qui reçoit le plus de moyens tant financiers qu’humains.

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  • Et un dernier document (de Pierre Pestieau, économiste de gauche) pour la route :

    http://www.cifop.be/doc/conf_srepb_pestieau_170505.pdf

    Notamment, à propos de la propension que l’on a en Wallonie de toujours rejeter les résultats d’études internationales dont les résultats sont peu flatteurs.

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  • je voulais simplement dire en tant que simple citoyen travailleur que j’en avais par dessus la tête d’entendre les délire de François schreuer. Non pas que j’aie une animosité à son égard en tant que personne, mais franchement le fait qu’il prétende représenter le peuple et se mette à l’avant plan dans toute une série de publications que le vrai peuple ne comprend pas...ça c’est quelque chose qui commence à bien faire. Voila juste pour dire merde aux avant gardes autoproclamées du prolétariat, ce qui est comique lorque l’on a grandi dans la jeunesse dorée et socialisé dans le MOC.

    Donc voila excuses moi mais je travaille dans le service public pour moi en plus d’être un boulot, c’est une valeur que je suis bien d’accord de défendre. Et parfois quand je vois les leaders autoproclamés de la gauche pseudo alternative bobo en parler ça m’exaspère, j’en viens à e demander si c’est ça la gauche, si le combat vaut le coup d’être continué avec ce type d’âne. les tirades d’un étudiant en philo ne connaissant de la vie que l’idéalsme abstrait des amphis asceptisés me passent au dessus de la tête ! A quand un retour à la vie sociale réelle ?

    Bien à toi

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  • 1. Anonymat : dès lors qu’il est possible de se faire passer pour à peu près n’importe qui sur Internet, je ne vois pas l’utilité de préciser un nom. Qu’est-ce que cela apporte au débat ? Absolument rien. Je peux signer Nemo, si ça vous fait plaisir

    Et bien non, petit poisson coloré, assumer ses propos plutôt que de se masquer délibérément derrière un pseudo est plus qu’un détail car cela oblige à echanger dans le vrai et donne plus de valeur aux échanges. C’est une simple question d’honnêteté. J’aime savoir avec qui je débats. Par ailleurs, je ne pense pas que la défense en règle du néo-libéralisme soit hautement subversive, qu’elle te fasse courir un risque majeur de tomber sous le joug des lois anti-terroristes.

    2. Vous et François (que je prends plaisir à lire souvent, même si nos opinions sont la plupart du temps radicalement opposées) semblez tous deux souffrir du même défaut : vous partez d’une position dogmatique qui est que parce qu’un service est "public", il oeuvre FORCEMENT dans le sens du bien commun.

    Il serait simple de retourner le compliment puisque vous semblez, petit poisson coloré, penser pour votre part que la logique privée et la liberté individuelle non encadrée répondent à ce critère. En ce qui me concerne, je pense simplement que la gestion collective - sortie de la logique marchande - est une condition nécessaire afin d’agir dans le sens du bien commun, en rien une condition suffisante.

    Quelle naïveté ! Je ne perdrai pas mon temps à énoncer la litanie des contre-exemples qui me viennent à l’esprit et qui ne se relèvent pas QUE dans l’actualité récente, ni même qu’en Wallonie. Je répète et je répéterai encore : la principale fonction d’un grand nombre de services publics en Belgique est d’assurer leur pérennité et la survie d’une armée de fonctionnaires clientélisés qui y travaillent, pas grand-chose d’autre.

    Le terme de naïveté reviens bien souvent. Transport, énergie, enseignement, ... la liste des services publics qui ont bien d’autres fonctions essentielles que de s’auto-entretenir et qui sont aujourd’hui dans le collimateur des appétits capitalistes est pourtant si longue.

    Je note par ailleurs que vous évitez soigneusement de répondre au point de mon intervention qui montrait que le nombre de fonctionnaires a augmenté de 30% en 10 ans en Wallonie pour atteindre aujourd’hui 29% et des poussières de la population active (statistiques officielles à l’appui).

    Attaque évidemment amusante petit poisson coloré de la part de quelqu’un qui poste sur ce blog un texte qui a si peu avoir avec l’article auquel il est sensé répondre.

    Il me sembalit avoir été clair. François a lui aussi donné son point de vue sur ce point.

    Je suis pour que nous sortions de la mortifère logique de marché et je suis donc favorable à une augmentation du nombre de fonctionnaires (attachés à des communes, des régions, au fédéral,...) et ce dans les domaines non-marchands comme marchands. Je ne parle pas de la caricature de petit nazillon infecte au service de l’absurdité institutionnelle à laquelle vous sembler réduire la fonction publique. On pourrait par exemple engager quelques milliers de personnes aux finances afin de traquer un peu plus efficacemenent la grande fraude fiscale. Cela permettrait selon plusieurs études de rapporter plusieurs milliards d’euros indument soustraient à la collectivité. Il manque également de crèches publiques et abordables financièrement, des services d’aide pour les personnes agées, des enseignants afin de n’avoir jamais plus de 20 élèves par classe, des ouvriers communaux (avec un statut décent) afin d’entretenir les espaces verts, des cyber-centres publics équippés en logiciels libres, des spectacles gratuits,... Nous n’avons pas de quoi financer ces mesures ? En 2006, les entreprises du BEL 20 ont réalisé 23 € milliards de bénéfices (50x le budget fédéral de la recherche, 4x celui des pensions), soit une augmentation de 38% par rapport à 2005 et un record absolu. Les diminutions de charges patronales (sous diverses formes) sont elles aussi en hausse constante. Elles se sont élevées à près de 7 € milliards en 2006. Et oui, de l’argent est disponible pour une autre politique !

    Quant à citer la France et ses 22%, c’est amusant à plus d’un titre : (1) 22 < 29 (2) je ne pense pas que les services publics en France soient spécialement réputés pour leur efficacité exemplaire. La France, j’y ai vécu six ans.

    Un peu infantile ce jeu qui consiste à faire semblant de ne pas comprendre. Vous parliez de 800.000 fonctionnaires en BELGIQUE ce qui donne environ un ratio fonctionnaire/privé de 18% et donc moins qu’en France avec 22%. Pour la Wallonie, ainsi que je l’ai dit, le taux de chômage très important fausse les chiffres - il est d’ailleurs heureux que l’Etat serve de tampon afin de donner de l’emploi. Si on se réfère à la population totale on est d’ailleurs à environ 10% de fonctionnaires comme en France. Les pays où l’on a privatisé des services essentiels comme les soins de santé ont forcément moins de fonctionnaires mais cela ne signifie pas que cela coute moins à la collectivité puisque l’Etat subsidie alors le privé pour qu’il rende un service public. Quant à la qualité (par exemple des soins de santé) en France elle est sans commune mesure avec celle des USA par exemple. A nouveau, je vous invite à voir Sicko de Michael Moore.

    3. Les chantres de la "solidarité festive et citoyenne", qui hissent haut dans leurs discours de beaux mots comme « démocratie » et « liberté » me font souvent sourire un brin.

    Les chantres de l’égoïsme mal dissimulé et du libéralisme à tout crin me feraient plutôt peur.

    Leur démocratie, ils la rêvent toujours plus encadrée, toujours plus règlementée, toujours plus contraignante. Mais c’est au nom du bien commun, bien entendu !

    Encadrée pour ce qu’il faut de solidarité à impulser, oui. Parce que pour le coup c’est croire que les plus nantis organiseront d’eux mêmes la solidarité qui est bien NAÏF.

    Qu’il faille désormais une autorisation dûment complétée par un comique troupier « travaillant » au guichet d’une administration communale, et payé entre autre par mes impôts, lorsque l’on veut installer un vélux dans son toit, entreposer une caravane dans son propre jardin, changer la couleur des boiseries extérieure de sa propre demeure, ... que l’on soit contrôlé si un bac à compost n’est pas à distance règlementaire des propriétés voisines, si on a le malheur de dépasser d’un mètre carré la surface règlementaire pour un abri de jardin, … ça ne les heurte pas outre mesure. Ca entre bien dans leur vision idéale du monde.

    La cacophonie architecturale de notre pays ne me semble pas témoigner d’une rigueur excessive. Par contre j’aimerais plus de fonctionnaires indépendants pour, par exemple, controler où l’on installe (en triple exemplaire) des antennes GSM et pour évaluer leur impact sanitaire.

    Eh, ça fait de l’emploi, non ?

    Sans doute bientôt moins que pour ces malheureux qui nous harcèlent au téléphone pour nous vendre tel contrat de téléphone au lieu de tel autre ou pour nous fourguer des salons en cuir.

    A la rigueur, cette vie n’est pas encore suffisamment policée et fliquée à leur goût : multiplions les circulaires et les règlements à la con, et arrangeons nous d’ailleurs pour qu’ils soient contradictoires entre les différents niveaux de pouvoir, et l’éden du plein emploi n’est plus très loin : un paradis où il n’y aurait plus qu’une armée de fonctionnaires qui se contrôlent les uns les autres et se pourrissent mutuellement la vie, le tout financé par les impôts des quelques ploucs qui n’auront pas eu l’opportunité de pouvoir se barrer de ce pays de fous.

    Je crois que mes combats sont suffisament clairs (entre autre contre la vdéo-surveillance et le flicage croissant) pour me distinguer de la caricature névrotique dont vous désireriez m’affubler. Le contrôle orwelien auquel vous semblez assimiler notre volonté d’avoir un Etat outil de solidarité, vous reviendra, petit poisson coloré, violemment dans les nageoirs et bien vite pour s’occuper de contrôler non votre solidarité mais votre propention à bien consommer sans mettre en péril la logique croissanciste actuelle.

    4. Ma position du « chacun pour soi » a au moins un avantage par rapport à la vôtre : elle vous laisse la liberté, à vous et tous les collectivistes, d’instaurer le système que vous voulez, auquel vous pouvez « solidairement » contribuer comme vous le voulez et autant que vous le voulez, si ça vous chante.

    Malheureusement faux. La désertion de la logique privée est rendue dans les faits quasi impossible par la puissance de la sphère privée.

    Mais moi, je n’ai pas la liberté de sortir de votre système, même si j’accepte les risques que cela comporte en me disant que dans tous les cas, personne ne peut mieux gérer mes propres intérêts que moi-même. Il faut que je raque. Pas d’alternative, si ce n’est la marginalisation. En France, il y a de plus en plus de gens qui sortent volontairement de la sécu tellement ils en ont ras la casquette d’être cocufié par le système. En Belgique, bernique.

    Sortent les nantis qui refusent toute notion de solidarité. C’est de fait une liberté que je préfererais ne pas leur laisser lorsqu’ils ont quasi toujours bati leur richesse sur la collectivité.

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  • Ce genre d’attaques ad-hominem sont insupportables.

    C’est quoi le vrai peuple nondidju ? Bakounine et son père issu de la petite noblesse russe, vrai peuple ? Latouche, professeur de l’université de Paris-XI, vrai peuple ? Marx, son père avocat et sa femme bourgeoise, lui qui a passé sa vie à lire et écrire, vrai peuple ?

    Avec son charabia autrement plus tordu qu’un article du JDM ou de Politique, ce sacré bonhomme a pourtant donné A TOUS des clefs essentielles pour comprendre le monde. Tiens par exemple, il a introduit la notion de classe, établissant la seule nuance qui fasse sens, celle d’une classe (les bourgeois) qui possède les outils de production et vit du travail des travailleurs (prolétaires pour notre barbu). Je n’ai pas l’impression que François soit rentier, qu’il soit propriétaire d’une usine ou qu’il possède des actions dans un fond de pension quelconque. Ses études, sa famille, son vocabulaire c’est son problème pas le vôtre. Et où fantasmez-vous qu’il s’auto-proclame d’une avant garde quelconque ?

    Quand est-ce que certains vont comprendre que la seule chose qui importe est la société pour laquelle nous nous battons et rien d’autre ? J’en ai archi marre des considérations sur la couleur du slip, la longueur des cheveux ou les préférences sexuelles des parents. On a besoin de philosophes, de maçons, d’étudiants, des petits, des grands, des terre à terre, des lunatiques, des théoriciens, des pragmatiques, de toutes les couleurs parce que sinon c’est perdu d’avance et surtout infiniment triste et monotone. Rotudju.

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  • ok bon d’accord pour les trois quart : je reconnait les arguments sont bon. C’est juste que franchement...le problème que je voulais exprimer et auquel tu ne réponds pas et qui est fondamental : c’est que d’accord il faut de tout pour faire un mouvement de gauche (des bourgeois, des intellectuels, des paysans ouvriers et partisans ça je suis d’accord).

    Le problème c’est que très souvent les simples citoyens se font prendre leur parole (ils parlent moins bien faut croire !) par des personnes comme françois schreuer (d’où mon intérêt pour son parcours et non pour la couleur de son slip). le problème c’est que quand tu entre en contact avec des gens actifs tu tombe soit sur des illuminés comme lui (ou sur certains membres d’attac plus préoccupés à s’entredéchirer)soit sur des gens qui te prenne pour quelqun de l’extérieur, un consomateur sans sens critique et tu te fais limite insulter ou prendre de haut pour ton manque de connaissances abstraites (ex : les trotskistes). Et pendant ce temps tu te dis : mais où est l’action concrète ???

    Et là tu te dis ben oui, la gauche elle meurt. Et c’est pas seulement des victoires de la droite mais aussi de gens comme françois qui ferment (malgré eux : ça je souligne...je pense que son engagement est au 3/4 sincère) le mouvement (le lus drôle c’est que ce sont ces mêmes personnes qui se donnent le droit d’écrire que la gauche semeurt et doit se recomposer dans la revue Politique : de quel droit ? qui représentent ils ? les courants d’air ?). merde ! vive la gauche !

    Donc voila ok faut de tout pour faire un monde mais je trouve que les simples gens on les laisse de côté ou ils se font écraser par le rouleau compresseur des militants sorti de l’université ...et face à ça, oui je désespère parfois sincèrement (tu remarque que là ptêtre la classe peut expliquer). De tout le temps se dire que t’as pas ta place dans ces groupes pcq tu sais pas parler comme un illuminé...voila c’était ça la réflexion et plusieurs autres personnes sont dans la même situation que moi aujourd’hui et désertent par la force des choses.

    Voila donc désolé de paraitre pour un méchant démonteur de personne ad hominem (tu remarquera tu utilise déjà du latin !)mais ça me semblait important.

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  • Bon, je ne suis pas sûr que cela soit très constructif (d’ailleurs, à vous suivre, le simple fait de prendre la parole a sans doute quelque chose de foncièrement vain, surtout quand on accuse la circonstance aggravante d’étudier la philosophie), mais je me permets quand même de m’étonner de la violence de votre propos qui consiste, si je comprends bien, à une mise en demeure de me taire. Que je sache, je ne cherche pourtant pas à imposer à quiconque l’audition ou la lecture de mes « délires » (et il va sans dire que vous me feriez plaisir en étayant un brin l’emploi de ce terme franchement dépréciatif) : pour l’essentiel, ceux-ci se trouvent d’ailleurs sur un « blog » qui n’est lu, je suppose, que par les gens qui ont un quelconque intérêt à faire la démarche de le visiter.

    Je n’ai pas non plus une « exposition médiatique » — comme on dit — démesurée, me semble-t-il (sur ces trois derniers mois, je recense un article dans une revue qui tire à mille exemplaires, un autre dans le JDM, qui doit tirer à 5000 et un passage en soirée dans une émission de Radio Panik sur les logiciels libres, qui devait bien avoir quelques centaines d’auditeurs). Vous conviendrez que ça reste assez discret par rapport à pas mal d’autres que j’ai pourtant la faiblesse de trouver plus pontifiants que moi. Dès lors, je comprends mal comment vous pouvez en avoir « par dessus la tête ».

    Mais quand bien même j’aurais un peu plus de possibilités de diffuser mes idées, en quoi serait-ce choquant ? Ne vous en déplaise, les problèmes qui se posent aujourd’hui sont d’une complexité affolante. Je consacre énormément de temps et d’énergie à la lecture, à la réflexion, à la recension d’information et un peu à l’écriture, dans l’espoir de contribuer modestement à la construction des idées qui nous permettront de faire contre-feux à la déferlante que nous subissons aujourd’hui. Au nom de quoi voulez-vous me faire taire ? Le peuple ne comprend pas ce que j’écris, dites-vous ? Au nom de qui êtes-vous habilité à déclarer cela ? N’est-ce pas vous, pour le coup, qui vous « auto-proclamez » représentant du peuple ? Pour ma part, je n’ai pas le sentiment qu’on écrit « pour le peuple » : on écrit généralement pour le lectorat d’une publication, ce qui sans doute moins ambitieux mais aussi moins prétentieux. Voilà tout. D’ailleurs, c’est amusant, si vous considérez que tout ce que le peuple ne comprend pas (c’est-à-dire je suppose tout ce qu’au moins une personne ne comprend pas) n’a pas lieu d’être écrit ou publié, vous proposez dans le patrimoine littéraire mondial un carnage (et de belles économies pour les bibliothèques publiques) d’une ampleur inédite, à côté duquel les autodafés nazis ressembleront à de gentillets feux de joie. Figurez-vous en effet que je connais fort peu d’ouvrages qui soient « compris » par absolument tout le monde — voire même par la majorité des personnes. Et pourtant, même si moins d’un pour-cent de la population en ont lus les ouvrages, les grands philosophes (dont je ne fais évidemment pas partie, il semble à vous lire qu’il faille préciser ce genre de choses) ont, dans le long terme, transformé l’humanité comme peu d’autres ont pu le faire.

    Au-delà de cela, je m’irrite surtout de vos allégations selon lesquelles je prétendrais « représenter le peuple » ou m’« autoproclamerais » en tant qu’« avant-garde du prolétariat ». Citez, je vous en prie, quelque chose pour appuyer ce genre de propos ou taisez-vous. On peut critiquer, durement, mais on ne peut pas dire n’importe quoi.

    Pour ce qui me concerne personnellement, autant par principe (la vie privée est privée et a à le rester) que parce que vous me semblez totalement à côté de la plaque, je m’abstiendrai de dire quoi que ce soit.

    Avant d’en finir, une remarque, quand même, concernant l’anonymat. Je dis et je répète que je trouve que c’est juste le signe d’une grande lâcheté — en plus d’une intime conscience de la faiblesse de ses arguments et de la laideur de ce qu’on a à dire. Certes, on ne peut pas contrôler grand chose sur le net (quoique plus que vous le pensez sans doute, mais il ne serait pas très cohérent de ma part de mettre sous surveillance mes interlocuteurs tout en luttant pour la défense de la vie privée), tout ce que vous allez réussir à faire, c’est à tuer les espaces d’expression et de dialogue qui existent encore ici et là sur le net (mais beaucoup moins qu’il y a dix ans alors que le nombre d’internautes a explosé depuis). Il est en effet éreintant de parler avec des fantômes qui se permettent de dire tout et n’importe quoi (si vous aviez signé de votre nom, probablement eussiez-vous été beaucoup plus modéré) ; c’est une situation intenable à long terme. Parler à visage découvert en ayant des interlocuteurs malveillants et dissimulés, c’est quelque chose qu’on ne fait qu’un temps. Ne vous étonnez pas si les forums dans lesquels vous distillez votre fiel sans avoir le courage de le faire à visage découvert finissent, de guerre lasse, par être fermés.

    Enfin, vous me permettrez un commentaire que vous jugerez probablement comme l’expression évidemment avachie d’un esprit faible et décrépi mariné, ça va de soi, dans les miasmes malsains et les sanies idéologiques d’une faculté de philosophie (dans laquelle je passe pourtant beaucoup trop peu de temps ; ça vous donne une idée de l’ampleur de désastre), ou d’une autre engeance du même acabit ; bref d’un individu caractéristique de notre époque décadente ; mais qu’importe. Il n’y a pas pires idéalistes que ceux qui utilisent à tour de bras le mot « réel » (particulièrement, pourrait-on ajouter, lorsqu’il entendent, ce faisant, parler de la société).

    Des Bulles

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  • Je suis âne onyme ou plutôt : Pierre Zimermann, 23 ans Asssistant social actuellement trav dans un remplacement au CPAS de Liège (tant décrié et souvent à raison par votre glaxie...mais n’ayant encore jamais eu l’occasion de constater un quelconque dialogue ou prise de contact entre vous et des travailleurs réels AS...qui tous ne sont pas des collabos au service de la chasse aux chômeurs). Je galère pas mal pour trouver un CDI qui me sécurise un temps soit peu dans un monde de précarité (à en croire certains de vos amis de la May Day je ne suis qu’un gros con qui n’a rien compris aux "avantages du nomadisme" et une balle dans ta panse tu veux ?). Mon premier vote était blanc par la suite j’ai voté Ecolo (plus par opposition que par croyance véritable : les moins pires valent mieux que les pires). Je suis de gauche, j’y crois. J’ai actuellement 200 euros sur on compte courant et 900 sur mon compte épargne. La couleur de mon slip est le noir. Je suis locataire sur liège (appartement 3 pièces près du Longdoz). Mes seules possesions de valeur sont une montre certina offerte à ma fête laïque, un ordi portable acer gagné à la sueur de mon front ainsi qu’un FN Browning semi-automatique de facture ancienne légué par mon grand père (je le garde de façon sentimentale, je suis évidemment un pacifiste convaincu) Voilà, bon je pense que la présentation à visage découvert est sincère.

    Tout d’abord je voudrais m’excuser de mes propos. S’ils vous ont semblés violennts je m’en excuse (Cependant, le société n’est pour la majorité d’entre nous pas un vase clos -des relations familiales, du mouvement social,des études, tout ce que vous voudrez- la société est violente). Le but de ces messages (je me rapporterai au second message en rép à Pierre) n’était pas de vous attaquer personnellement (je souligne) mais plutôt de faire part d’une critique qui me semble importante envers la "gauche mouvementiste associative OVNI" capable du meilleur (mais aussi du pire parfois : Cf messages antérieurs : LA MISE A L’ECART DE PERSONNES SOUHAITANT S’ENGAGER, MILITER...MAIS INQUIETE QUANT A LA MISE EN AVANT DE CERTAINES FIGURES DE PROUES PARLANT AU NOM DE COLLECTIFS DIFFICILEMENT IDENTIFIABLES) : Et là force est de constater que personne ne souhaite répondre, ce qui m’attriste. La question était pourtant simple : Concrètement quelle est la place des jeunes gens de gauche sincères (mais pas encore armés niveau expression, rhétorique, conscientisation,...)dans vos organisations ? par rapport à la prise au sérieux ? Par rapport à leur prise de parole ?

    Concernant les prises de paroles au nom des autres que vous me demandez de référencer, la liste serait longue. Je citerai les articles répétitifs (parfois deux ou trois dans un même ouvrage) de C4, les articles occasionnels dans le journal du Mardi, bien d’autres que vous avez vous même cités et surtout un très récent dans le magazine Politique dédié à la thématique de l’avenir de la gauche qui m’a beaucoup choqué pour 2 raisons :

    - De quel droit vous permettez vous de juger la gauche et de la décréter quas-morte et devant se recomposer selon vos vues ? Avez vous pensé à la BASE ? : vous savez ces gens tout en bas qui militent au quotidien dans leur boulot, dans leurs discussions entre potes, dans le quotidien...pas seulement devant la grille fermée d’un centre fermé liégeois que l’on ferait mieux de faire sauter au TNT une fois pour toute (ce type de matériel n’est pas inacessible : contactez moi si un jour un relent de courage vous vennait), où dans des cafés débats-salon de thé de la gauche alter boboïsante alternaive (dont certains membres se cachent bien de communiquer au fisc l’existance de leur épargne luxembourgeise). Je ne me proclame nulement représentant du peuple moi (je suis un membre du peuple ça oui) ; je chreche des solutions au quotidien dans mon job d’AS (il n’y a pas que la TNT rassurez vous : la révoltion des Oeuillets s’est faite sans coups de feu...). Cette base est sincère et n’aime pas trop se voir dire que la gauche est morte...le combat ne fait que recommencer merde ! La question qui apparaît ici est celle-ci : QUE METTEZ VOUS EN PLACE POUR VOUS FAIRE CONNAITRE AUPRES DE JEUNES POSTULANTS MILITANTS ?, QUELLE PLACE AVEZ VOUS PREVU DE LEUR DONNER ? FAUT IL FAIRE SES PREUVES ET SON CATCHISME MILITANT ? DES FORMATIONS SONT ELLES ENVISAGEABLES ? EST-CE OUVERT A TOUS POUR DES PRISES DE PARTICIPATION EFFECTIVES ?

    - DE quel droit votre article apparaît il dans ce magazine alors que vous ne représentez aucune association reconnue, clairement identifiable. Les autres articles émanaient eux de personnes reconnues, responsables associatifs et syndicaux ELUS. L’accès aux publications verrouillé est une autre grande déception : plusieurs d’entre nous simple citoyens sans trop d’appartenances syndicales politiques et associative ne parviennent pas à se faire entendre (d’où l’image du rouleau compresseur) Moi même et d’autres jeunes militants, écrivant parfois, lisant aussi tout comme vous (même Negri et hardt afin de s’armer d’un décodeur quand on vous lit...)n’ont pas accès à de beaux articles sur papier glacés de la revue politique (normal : nous ne représentons personne même si nous somme l’un actif niveau syndical de base, l’autre poltique de loin en lojn ,...). Il faut croire que les memes règles éditoriales fonctionnent au niveau micro à votre avantage de "demi dominant dominé" pour reprendre Bourdieu (vous voyez je suis instruit aussi) et que le nombre de vos publication précédentes ici et là, à la légitimité inconnue opère en votre faveur (reconnaissez le). Attention je ne vous lance pas la pierre, c’est normal que vous vous exprimez. Ici apparait la question : COMMENT POUVEZ VOUS SOUTENIR DE JEUNES MILITANTS POUR ETRE ENTENDUS EUX AUSSI ? COMMENT LEUR DONNEZ VOUS ACCES A VOS AGORAS INFORMELLES ? (De facon concrete que comptez vous mettre en place ? Pas de grande tirade : tt d’abord pensez vous que ce problème apparaisse ou le rejettez vous ? oui/ non suivi de que faire pour améliorer les choses ?)

    Vis-à-vis des références à votre positionnement social. Excusez moi enfin. Le but n’hétait pas je le répète de vous attaquer individuellement mais de mettre en cause une partie de l’action de vos association OVNI dont vous êtes la seule figure connue pour une entrée en contact. Ceci tant en ce qui me concerne je n’ai pas honte de dire que je suis fils d’ouvrier mécano chez Volvo Malta (région verviétoise), petit fils d’ouvriers textiles issus de la région verviétoise) que j n’ai pas eu la chance de faie des études universitaire. Que certains jours oui c’était difficile sur le plan financier et que j’ai payé mes études d’AS par moi même de façon pragmatique (choix d’AS : logique de trajectoire professionnelle...je ne pouvais me permettre philo ou d’autres filières sans doutes intéressantes mais qui au vu de mon patrimoine financier m’auraient été fatales). Donc que vous appareteniez à la classe moyenne sup ou inférieur, à la noblesse ou autre je m’en fout (on va pas palabrer à desus : c’est bien connu que chez les gens issus de milieux plus aisés tt le monde se classe dans la classe moyenne sauf les gros poisson)...simplement une chose est sûre : c’est que vous ne faite certainement pas partie de la classe populaire...il n’y a pas de honte à celà et pour moi l’appartenance à une classe dans la société n’est pas une affaire de vie privée ça aide à se positionner en tant qe militant (mais je respecte si vous préférez mettre de côté vos origines).

    J’en resterai là. Les longue tirades, c’est pas mon truc...je préfère l’action et les réponse claires et nettes aux questions posées (chose pour lesquelles Pierre Eyben à un talent certain : pour vous ça semble plus difficile -sans rancune- mais regardez un peu votre réponse et le vocabulaire utilisé : même à l’univ ils doivent pas tj vous comprendre)

    Pierre,

    Sincère sympathies gauchistes,

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  • Je ne suis pas encore vraiment d’accord sur le fond mais en tout cas merci d’ôter le vilain masque de l’anonymat.

    Si tu me contactes (0477/20.29.53 ou p_eyben@no-log.org), on peut poursuivre cette discussion en chair et en os, c’est plus agréable que par voie électronique et cela permet souvent de dépasser nombre de préjugés et d’incompréhensions.

    Pierre E.

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  • Salut Pierre le non-âne onyme,

    Je me permets d’intervenir dans ce débat parce que je participe à ce que tu appelles les "associations OVNI" (Euromayday, indymedia). Ma réponse est un peu longue, désolé, mais j’essaye de répondre (uniquement en mon nom hein) aux questions/remarques que tu poses, (je rajoute des "intertitres" pour que ce soit moins pénible à lire).

    Contact

    Pour la difficulté à rentrer en contact avec nos collectifs qui peut entraîner la mise à l’écart de gens motivés (comme tu dis), c’est vrai qu’on n’est pas franchement prosélytes et qu’un certain nombre de nouvelles participations se sont faites via des connaissances. Et ça arrive aussi que certain.e.s soient un peu méfiant.e.s à l’égard de nouveaux arrivants (certaines de nos activités sont parfois un peu à la limite de la légalité), mais c’est pas le cas de tout le monde et le plus souvent ça passe vite.

    Sinon, ces collectifs ne sont pas pas complètement hermétiques non plus. Pour indymedia par exemple des contacts mail sont accessibles sur le site (http://liege.indymedia.org) et les réunions sont annoncées. Euromayday l’est moins, en partie parce qu’il n’y a pas de travail permanent : il y a d’office de l’activité en mars et avril pour préparer la mayday et le reste de l’année ça dépend d’éventuels projets. Mais quand on prépare la mayday, il y a entre 2 et 4 assemblées ouvertes annoncées publiquement plus des possibilités de rencontre (cette année une vélorution, une conférence sur la dépénalisation du cannabis et la manif devant Vottem le 22 avril). Bref, pour dire en tout cas qu’il n’y aucune volonté de "rester entre nous", au contraire (même si on ne l’exprime pas toujours très clairement).

    Prises de parole

    Pour ce qui est de la prise en considérations des "jeunes gens de gauche sincères", je dirais qu’on essaye d’être égalitaires et de ne pas mettre en place de hiérarchie dans nos collectifs. Bon c’est pas toujours évident, ça arrive que ça se passe un peu façon "grandes gueules" (c-a-d celui qui parle le plus ou le mieux ou le plus fort ou les trois à la fois...). Mais c’est plus quand on est "entre nous" et qu’on a fait la réunion un peu trop cool (bières, pétards), quand y a des gens qu’on connaît moins on essaye de se tenir... :) Puis on met en place des dispositifs pour essayer que personne ne monopolise la parole (le pouvoir) et que tout le monde puisse s’exprimer : "maître" qui distribue la parole sans intervenir dans les débats, tours de table, parfois petites (ou grosses) remarques à ceux qui parlent trop, etc.

    En tout cas, en ce qui me concerne j’essaye de ne pas juger les participants sur leur manière de s’exprimer, éventuellement je suis pas d’accord et je le dis mais on jette pas les gens parce qu’ils parlent lentement ou qu’ils n’utilisent pas de citation latine - on peut pas dire qu’il n’y a que des étudiants en philo dans ces collectifs (même si je t’avoue que j’en suis aussi un, on est (était) 2, pas plus, je te jure :). Puis sinon je suis arrivé dans ces collectifs il y a plus ou moins 2 ans sans avoir spécialement une grande expérience militante ni un gros bagage théorique-politique.

    Gauche

    Concernant l’article dans Politique et le "devoir" de tout homme de gauche de participer à la reconstruction d’une alternative gouvernementale à la droite (je reprends de mémoire une de tes phrases François), juste préciser que François parlait en son nom propre, et que personnellement j’avais aussi été passablement énerver de me voir dire que "si j’étais un homme de gauche" je devais faire telle ou telle chose.

    (La parenthèse sur le TNT, ce serait peut-être bien que tu l’enlèves Pierre-blogueur non ? Et celle-ci aussi...).

    Questions en rafale

    On en met pas assez de choses en place pour se faire connaître des "postulants militants", et il n’y a d’ailleurs pas de postulants : si tu es intéressé (je préfère le tutoyement...) tu viens à une réunion ou boire un verre et puis on voit, pas de preuves de catéchisme, pas de formations : des discussions, éventuellement des livres à s’échanger, parfois des conférences-débats auxquels certains d’entre nous vont. Après oui ces collectifs sont ouverts pour des "prises de participation effectives", chacun se fait sa place en fonction de sa motivation, de ses envies et des projets collectifs. (Si je réponds aussi sur ces sujets c’est parce que François a claqué la porte d’euromayday, peut-être qu’il la rouvrira un jour, qui sait..).

    Ecrits et diffusion

    Là je vais laisser répondre François sur les publications etc. Mais écrivant parfois des textes/articles et n’étant jamais publié dans des revues (n’essayant d’ailleurs pas), je publie sur indymedia.liege, je ne sais pas si tu connais/utilises, donc en deux phrases : c’est un site d’information alternatif où chacun est libre de publier des écrits/photos/vidéo du moment qu’ils ne sont pas contraire à la charte (pas de pub, de racisme, sexisme, propagande électorale,...). Et c’est un peu le but de la publication ouverte : ne pas dépendre d’un comité rédactionnel ou de contacts pour avoir une certaine audience (indy.liege compte entre 2 et 3.000 visiteurs quotidiens).

    Enfin bref, j’espère que ça répond en partie à tes questions, et si ça te dit de pousser un peu la discussion (moi ça me dit), n’hésite pas à répondre, à laisser ton mail ou à m’en envoyer un (jazz@_NOSPAM_agora.eu.org).

    ciao

    j.

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  • Bonsoir,

    Merci de votre message. Merci beaucoup. C’est intéressant et constructif. Il y a beaucoup de choses à dire (et sans doute à discuter de vive voix, si vous le souhaitez — n’hésitez pas à me contacter), je réponds néanmoins sur l’essentiel (j’allais dire brièvement, mais je biffe cette mention à la relecture).

    1. La « galaxie » que vous identifiez est pour le moins plurielle et hétérogène. Si je suis impliqué dans certains collectifs, cela ne veut bien évidemment en aucune manière dire que mes opinions sont représentatives des autres personnes qui y militent. Je ne crois pas avoir entretenu l’amalgamme sur ce point. D’ailleurs, pour que les choses soient claires à ce sujet, j’ai pris pour le moment un peu de distance avec le collectif Euromayday.

    2. Les différents collectifs constituant ladite galaxie me semblent non seulement ouverts, mais pleurent en fait pour rassembler des énergies militantes (il y a réellement des milliers de choses à faire, si vous avez envie de vous impliquer, faites signe). Sans doute nous y prenons-nous mal dans bien des cas (on fait ce qu’on peut, en même temps), peut-être même y a-t-il parfois un peu d’autisme quand certains jargons s’installent, mais en aucune manière, je peux vous l’assurez, il n’y a de volonté de « mettre à l’écart des personnes souhaitant s’engager, militer, mais inquiètes quant à la mise en avant de certaines figures de proue ». Je crois que vous gagneriez à venir faire un tour dans les réunions de ces collectifs. Quelle est la place de « jeunes gens de gauche sincères mais pas encore armés niveau expression, rhétorique, conscientisation,... » demandez-vous encore ? Elle est centrale, pour la simple raison que le profil que vous décrivez est celui de la majorité d’entre nous. Simplement, nous faisons tous un chemin, en militant, en lisant, en discutant, on apprend, on devient un peu moins naïf, on s’arme de plus en plus, etc. Les qualités que vous semblez me prêter — pour autant que vous ayiez raison, je laisse chacun en penser ce qu’il veut — sont peut-être simplement dues au fait que je milite activement dans différents mouvements depuis une dizaine d’années maintenant et que ça m’a donné l’occasion d’apprendre pas mal de choses. Je ne crois pas que cela soit méprisable.

    3. Sur la critique des CPAS, je me borne me semble-t-il pour ma part à dénoncer la logique de l’Etat social actif et les effets pervers de notions comme l’« employabilité » ou l’exigence d’« activation », qui me semblent très dangereuses et pernicieuses. Je ne crois pas avoir jamais porté l’opprobre sur les CPAS dans leur ensemble — ce qui n’empêche pas d’en critiquer certains aspects de la politique — et surtout pas sur le personnel de ces CPAS, hors de certains cas particuliers.

    4. Je n’ai jamais dit qu’il n’y avait plus de peuple de gauche, bien au contraire, sans quoi il n’y aurait guère de sens à pendre le chemin que je prend. J’ai par contre dit que les forces organisées de la « gauche » (syndicats et surtout partis) étaient en perdition idéologique, dépourvues de programme susceptible de permettre une contre-offensive face au capitalisme qui occupe tous les espaces de la vie. J’ai dit aussi que sans organisations politiques, la gauche n’existe pas, que le concept même de « gauche » naît de l’affrontement politique (d’où l’importance d’une rénovation). De quel droit le dis-je ? Du droit que j’ai à la liberté d’expression, comme chacun d’entre nous : j’ai le droit de dire ce que je pense et n’ai pas de compte à rendre pour cela. Bref, je ne donne d’ordre à personne, j’essaye de faire des propositions pour contribuer à définir ce que pourrait être le squelette idéologique du projet capable d’inverser la tendance. Si vous voulez entrer plus en détail dans un débat sur cet article, ce sera avec grand plaisir ; peut-être nous comprenons-nous mal.

    5. Pour quelle raison suis-je publié dans Politique ? (soit dit en passant, si vous saviez le nombre de papiers que j’ai soumis à des revues ou à des journaux et qui n’ont pas été publiés... vous seriez moins convaincu que j’ai accès à l’expression publique si facilement que ça). Simplement parce je fais partie du comité de rédaction de cette revue ? Pour quelle raison suis-je membres du comité de rédaction de la revue ? Parce que j’ai participé, lorsque j’étais président de la FEF, au comité de pilotage des assises pour l’égalité, et que ce faisant, j’ai rencontré les éditeurs de la revue, qui m’ont proposé de coordonner un dossier sur le processus de Bologne qui était ma préoccupation politique principale à l’époque. Ensuite, j’ai travaillé comme webmestre pour la revue et finalement, j’ai rejoint le comité de rédaction. Vous vous inquiétez que je ne sois pas élu, pas légitime,... libre à vous. Je suis en désaccord avec vous pour deux raisons.

    D’abord, l’enjeu du texte que j’ai écrit dans Politique (comme celui de la revue en général, et en fait de toute publication intellectuelle) n’est pas de prendre une décision mais de produire une analyse. Ce sont deux choses assez différentes. Effectivement, en démocratie, on peut exiger que ceux qui décident aient été désignés par le peuple (quoique c’est loin d’être toujours le cas, mais passons, ça nous éloignerait trop du sujet). Par contre, pour participer au débat des idées, quelle légitimité autre que la pertinence des arguments peut-on avancer ? Pensez-vous vraiment que les gens élus (parlementaires, syndicalistes) sont les meilleurs analystes de la vie politique (c’est très très loin d’être le cas, à mon avis) ? Ou alors pensez-vous que le débat politique doit se passer entre docteurs de l’université ? Non, bien sûr.

    Secundo, permettez-moi de vous dire que la légitimité « rationnelle-légale » (l’élection, le diplôme, etc) a d’assez saillantes limites. En particulier dans le cadre de dérive « spectaculaire-marchande » (désolé de jargonner, mais je n’ai rien trouvé de mieux pour désigner ce phénomène) du pouvoir et des médias. Je veux dire : qu’est-ce aujourd’hui qu’un élu ? Pour la grande majorité d’entre eux, quelqu’un qui s’est fait coopter par son parti. Le reste, c’est de la mécanique marketing, du déterminisme à 80%.Je pourrais citer des dizaines, des centaines de noms et vous demander si vous êtes vraiment persuadé qu’une démocratie idéale (le problème étant évidemment qu’une démocratie idéale n’existe pas) les aurait désignés comme représentants du peuple. Est-ce que Sarkozy est légitime ou a-t-il été imposé par une machine de guerre médiatico-politique ? Une partie de la classe populaire française aurat-elle vraiment voté pour ce type si elle avait été en mesure de réaliser qu’elle serait la première victime des réformes socio-économiques qui ont déjà commencé à être prises ? Etc. Cela dit, je ne crache pas sur tous les élus, je continue à penser que le suffrage universel est un bon moyen pour la gauche de se construire, de mettre en place un rapport de force. Et j’ai du respect pour ceux des élus qui ne sont pas des pantins de leur parti. Quoi qu’il en soit, je récuse l’idée qu’on ne puisse parler et agir sans passer sous les fourches caudines de cette légitimité rationnelle-légale.

    6. Qu’est-ce que je fais, concrètement, pour donner la parole aux autres, demandez-vous encore ? D’abord, je ne considère pas que mon rôle est forcément, nécessairement, de « donner la parole aux autres », dans le sens où la parole, dans le champ social, on la prend beaucoup plus qu’on ne la reçoit ; dans le sens aussi où le silence est une posture respectable et que je ne sais pas qui je serais pour donner aux « gens » cet ordre qu’est bien souvent la phrase « exprimez-vous ! » ; dans le sens enfin où chacun fait ce qu’il peut, combine comme il peut les contraintes et les désirs, les militances et les obligations diverses et que je ne vois pas au nom de quoi on pourrait exiger d’un militant bénévole qu’il « fasse des choses concrètes pour donner la parole » à des gens qui ne la prennent pas (et auxquels d’ailleurs ? selon quelle modalité ? et pourquoi les gens à qui je veux « donner la parole » ne se sentireiant-ils pas insultés par cette prétention que j’aurais de non seulement savoir parler moi-même mais d’en plus dire aux autres comment ils doivent parler ?).

    Je veux dire que la violence sur la question de la parole, c’est est à mon avis de faire taire quelqu’un, ni plus ni moins. Pourtant, en ce qui me concerne, je me sens malgré tout préoccupé par cette question, notamment parce que j’aimerais devenir journaliste (je veux dire gagner ma vie en écrivant des articles ; d’où les papiers dans C4 qui vous préoccupaient). Et l’éthique journalistique, pour le coup, implique à mon avis ce travail de donner à voir ce qui n’est pas visible. C’est ce que j’ai fait dans un certain nombre d’articles que j’ai déjà écrits (pas encore assez, certainement) ; c’est aussi, dans un autre registre, ce que je fais en coordonnant la publication du portail mouvements.be, qui me prend un temps considérable chaque jour depuis près de deux ans et qui vise notamment à faire connaître des opinions minoritaires. Si vous souhaitez faire connaître des textes, signalez-les nous, nous les lirons et, s’ils sont intéressants, nous leur donnerons une petite visibilité supplémentaire en les référençant sur le portail.

    Maintenant, si vous voulez vous faire entendre (et je répète que j’aimerais moi aussi me faire entendre beaucoup plus qu’actuellement), je n’ai pas de solution miracle. Il faut écrire, encore et encore. Améliorer petit à petit la qualité, la rigueur, la concision, le style,.. de vos productions. Si personne ne vous publie, publiez-vous vous-même (ouvrez un blog, créez une revue, affichez vos textes,..). Ça demande beaucoup d’énergie, je sais.

    7. Quant à mes (nos) « agoras informelles », je ne sais pas exactement de quoi vous parlez. Il y a des collectifs militants qui sont ouverts assez largement. Quant aux discussions informelles qui ont bien entendu lieu dans pas mal d’endroit, dans un café, à une conférence, dans une manif, dans la rue ou ailleurs, elles sont précisément informelles, donc je vois mal comment il serait possible de les « rendre accessibles », comme vous le demandez. Par ailleurs, pour apporter quand même une nuance à tout ceci, je ne suis pas partisan de la société de la transparence totale, qui est illusoire et aliéante. Je veux dire, pour prendre un exemple évident, que si j’invite demain une demi-douzaine d’amis à venir manger chez moi et que nous discutons de nos visions respectives de la gauche, du monde et de la mort, et que naît peut-être l’envie commune de rédiger un texte, d’échanger des lectures, ou je ne sais quoi, je ne vais pas vous le faire savoir pour autant. Ç’aura pourtant été une de « nos » agoras informelles,... et je ne vous y donnerai pas accès, tout comme vous ne ferez pas de même envers moi pour l’apéro auquel vous êtes allé la semaine dernière. Et c’est bien normal.

    8. Oui, je sais, je fais des longues tirades. C’est qu’il y a toujours quelque chose à nuancer, une affirmation à infléchir, une expression qui prête à confusion. Mais je vous rassure, et c’est aussi pour ça que je serais heureux de vous rencontrer, je sais aussi faire des choses très concrètes dans la vie.

    FS

    Des Bulles

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  • Concernant l’article dans Politique et le "devoir" de tout homme de gauche de participer à la reconstruction d’une alternative gouvernementale à la droite (je reprends de mémoire une de tes phrases François), juste préciser que François parlait en son nom propre, et que personnellement j’avais aussi été passablement énerver de me voir dire que "si j’étais un homme de gauche" je devais faire telle ou telle chose.

    Tu extrapoles, Jérôme, je ne t’ai jamais donné d’ordre.

    Tu es extrêmement sensible au ton, au caractère « modeste » du style écrit (toujours dire « je pense que », jamais « il faut »), à la relativisation du propos, etc. J’ai le sentiment que la moindre emphase, un début d’assertivité te sont agressifs. Je respecte ce point de vue mais je ne souhaite pas m’y conformer. Quand je pense « il faut », j’écris « il faut » et ça ne me semble pas pour autant constituer un ukase envoyé à la face du monde. L’écriture s’épuise à accumuler les circonvolutions locutoires. Et la politique a besoin d’un peu de résolution pour se faire.

    Si je réponds aussi sur ces sujets c’est parce que François a claqué la porte d’euromayday, peut-être qu’il la rouvrira un jour, qui sait.

    Hum, libre à toi de considérer les choses sous cet angle. Ce n’est pas mon point de vue. On peut en parler.

    François

    Répondre à ce message

  • Salut François,

    Oui excuse-moi en fait j’ai confondu ce passage de ton texte sur la gauche qui a été publié dans Politis :

    "De la « gauche », on se satisfera de la définition la plus plate qui est aussi la seule qui tient : la gauche est l’approximative moitié de la représentation politique — et uniquement d’elle ; il n’est point de gauche hors d’un système représentatif — qui est la plus favorable à l’égalité |2|. Toute autre définition renverra l’enquêteur dans les apories d’un discours essentialiste dont il ne sortira pas."
    (qui m’avait effectivement énervé vu que cela impliquait que nombre de gens et de collectifs étaient tout simplement exclus du qualificatif "gauche" - non pas que je tienne à ce qualificatif comme à la prunelle de mes yeux, mais quand même... :).

    Avec ce passage que tu as envoyé sur la liste de mouvements.be (que j’espère tu ne m’en voudras pas de publier, vu le caractère non-personnel de la citation et le peu de lecteurs qui nous auront suivi cette discussion jusqu’ici) :

    "La situation sociale et politique est trop grave à mes yeux. Nous sommes en situation de combat, d’urgence (oui d’urgence). La droite va de victoire en victoire et s’appuie pour ce faire sur une partie significative des milieux populaires qui sont pourtant les premières victimes des réformes abjectes qu’elle fait passer — Sarkozy, Brown ou Leterme, Merkel et les autres, c’est généralisé. Ce sont les libertés fondamentales et la sécurité sociale qui sont en train d’être dépecées (je ne sais pas si vous avez regardé en détail le contenu du "paquet fiscal" de Sarkozy, ou sa réforme sur l’"autonomie" des universités, ou le projet du nouveau gouvernement qui se dessine péniblement en Belgique ?). Le devoir de toute personne de gauche est de parler haut et clair, de construire une alternative à tout cela, de rebâtir une gauche. D’y contribuer autant qu’on le peut en tout cas, même si on ne peut pas grand-chose. Dans cette optique, je crois que la "radicalité" tant recherchée par d’aucuns consiste surtout à sortir du ghetto de la petite gauche pour parler un langage audible par tout le monde. Ouvrez les yeux, la gauche meurt de son sectarisme. Non, elle ne meurt pas, elle est morte." (mis en gras par moi)

    Or personnellement je ne considère certainement pas que mon devoir est de rebâtir une alternative à cela (dans le sens où tu l’entends : celui d’une alternative gouvernementale), ni de parler haut et clair (toujours dans le sens où tu l’entends : par une diffusion large via les médias de masse).

    Pourtant si on me pose la question "es-tu de gauche ou de droite ?", je répondrai sans hésitation. Mais voilà, je n’attends rien des mass médias et préfère leur construire des alternatives comme indymedia, je défends des perspectives "mouvementiste", locale, anti-autoritaire (anti-hiérarchique)... Et considèrant que le régime politique dans lequel nous vivons est une oligarchie*, je n’ai franchement que peu d’intérêt pour l’action politicienne... Après ça, j’ai envie de demander est-ce que je peux encore me considérer comme de gauche, vu tes passages précédents ?

    Bref, ces affirmations catégoriques et exclusives m’ont posé problème. C’est effectivement dû à une certaine sensibilité de ma part, mais en même temps quand tu poses une définition de la gauche en rejettant toutes les autres et quand tu affirmes le devoir des gens de gauche, ça me semble normal que des gens considérant avoir quelque chose avoir avec "la gauche" se sentent concernés...

    Voilà, ciao, à un de ces jours..

    * Cette conception s’inspire largement de celle de Jacques Rancière, notamment développée dans "La haine de la démocratie", s’appuie sur le fait que démocratie signifie le "pouvoir du peuple" et que le pouvoir dans nos sociétés n’est pas exercé par le peuple mais par des "élites" économiques, politiques et médiatiques, elle s’appuie aussi sur le 7e titre à gouverner de la démocratie antique qui est le tirage au hasard des mandatires et qui repose sur l’idée de ne pas donner le pouvoir à ceux qui le veulent, enfin elle s’appuie sur une conception de la démocratie plutôt axée sur des mouvements sociaux remettant en cause l’ordre existant que sur une quelconque forme de vote et de représentation (représentation dont le principe même est celui du gouvernement d’une minorité sur une majorité, et me semble donc antinomique avec la définition de la démocratie).

    PS : si j’utilise un pseudonyme, c’est volontaire... :-/

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