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9 août 2007 - 17:25
Pour avoir tout misé sur le soja transgénique "Roundup Ready", l’Argentine risque de tout perdre, y compris sa sécurité alimentaire. C’est l’un des constats terrifiants faits dans cet excellent reportage d’ARTE (26/10/2005).
Tout avait pourtant bien commencé... En 1996, le gouvernement de Carlos Menem autorise la culture de cet OGM, conçu par la multinationale américaine Monsanto pour résister au Roundup, son puissant herbicide.
Pour convaincre les agriculteurs de se lancer dans la culture du soja, alors marginale en Argentine, Monsanto leur propose un « package » alléchant : il leur livre les semences et les herbicides gratuitement jusqu’à la récolte (ce qui leur évite d’avoir à emprunter), et ne leur fait pas payer de Droits de propriété intellectuelle sur les semences, l’année suivante.
Les agriculteurs argentins se lancent dans le soja transgénique de Monsanto. Exportant 95% de sa production, utilisée comme fourrage en Europe ou en Chine, l’Argentine a transformé 60% de son territoire arable en monoculture de soja transgénique, soit quatorze millions d’hectares en 2004 abandonnant les autres productions, moins rentables.
Mais ils n’avaient pas prévu l’apparition de mauvaises herbes tolérantes au Roundup et donc la nécessité de pulvériser davantage d’herbicide. Le volume de gliphosate aspergé en Argentine est passé de 28 millions de litres en 1997/98 à 56 millions en 98/99, et à 150 millions de litres en 2004.
S’ajoute à cela, un problème inattendu : l’apparition de « soja rebelle », à savoir des graines qui germent hors de la saison et qu’on ne peut anéantir qu’en employant d’autres herbicides que le roundup (puisqu’ils résistent au roundup…).
Depuis deux ans, des plaintes ont été déposées, un peu partout dans le pays, devant les tribunaux locaux, demandant l’arrêt des fumigations et des scientifiques courageux ont publié les premières enquêtes épidémiologiques sur les conséquences sanitaires de la « sojisation ».
Dans le même temps, la course au soja a provoqué un phénomène de déforestation, y compris dans des zones protégées comme las Yungas (frontière avec la Bolivie).
Pour l’heure, le gouvernement argentin reste complètement sourd aux méfaits de la « sojisation ».
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