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André Gorz : Le père de l’écologie politique est parti avec D.

26 septembre 2007 - 16:59


Gérard Horst, alias André Gorz est parti comme il a vécu, en homme passionnant et passionné [1]. En humains libres, Gérard et Dorine ont conquis lundi 24 septembre 2007 l’éternité des non-croyants.

André Gorz est le « papa » de l’écologie politique, aujourd’hui malheureusement assaisonnée à toutes les sauces, surtout les plus indigestes. Son analyse a conservé de son passé marxiste une optique "marxienne" claire qui forcément me correspond et me plaît beaucoup.

Même si je ne partage pas en tout point son analyse et ai même des oppositions franches – par exemple concernant son analyse sur la « mort » des classes et du prolétariat (qui me semblent davantage avoir muté) ou concernant ses positions sur l’évolution du travail -, il est l’auteur d’apports essentiels - notamment concernant la décroissance ou encore la planification – nourrissant aujourd’hui la réflexion de tout écologiste conséquent.

Et puis comme l’écrit sur son blog Jean Zin : « on travaillait [2] dans la même direction et il est bon qu’il y ait une diversité d’approches pour aborder un terrain nouveau. »

Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas le travail de Gorz, voici un texte ancien mais essentiel afin de découvrir sa pensée : "Leur écologie et la nôtre"

NB : Complété légèrement le 27/9

P.-S.

En illustration : Très jolie photo d’André Gorz et de son épouse Dorine, devant l’usine Renault-Billancourt.

Notes

[1] En 2006, âgé de 82 ans, il écrivait pour son épouse Dorine le magnifique ouvrage Lettre à D. Histoire d’un amour dans lequel on pouvait lire ceci « [...] Tu viens juste d’avoir quatre-vingt-deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t’aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide débordant que ne comble que ton corps serré contre le mien. [...] Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre ».

[2] Autant dire de suite qu’ils travaillent et que moi j’écoute et je bidouille en ingénieur consciencieux

3 Messages de forum

  • Ce n’est pas la peine de vous attribuer ce qui vous convient dans la vie et l’oeuvre d’André Gorz. S’il a parlé d’écologie bien avant d’autres, et produit de fécondes analyses sur le travail en Occident, il a donné aussi une très belle critique du prolétariat marxien - non pas marxiste, mais marxien. Sa critique était belle car positive : il était, personne ne le conteste, un chercheur de l’émancipation, et lui qu’aujourd’hui chacun salue, n’avait aucune illusion sur, ni aucune compromission avec, le communisme réel. Il affirmait par exemple que l’État soviétique n’était pas l’« État de la classe ouvrière », mais très clairement, l’« État des professionnels de la classe ouvrière ».

    Dans « Adieux au prolétariat », André Gorz en 1980 montre que la conception de Marx du prolétariat est une « saisissante condensation syncrétique des trois courants dominants de la pensée occidentale à l’époque de la bourgeoissie héroïque : le christianisme, l’hégélianisme et le scientisme » . Évidemment certains le savent sans l’avoir lu. Mais si vous l’aviez lu et compris, je ne vois pas ce que vous feriez dans les rangs du recyclage du parti communiste belge.

    Sur votre blog d’autopromotion, faire les louanges d’André Gorz lors de sa disparition, c’est tirer la couverture à votre avantage et c’est indécent.

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  • Je vous laisse les nauséaux procès d’intention sur ce qui est décent, sur le sens de ce blog (Pour ma part j’ai expliqué ici les raisons de sa création) et sur mon engagement politique au PC (Expliqué ici).

    En bref :

    Je ne m’attribue rien. Ne vous en déplaise on peut plonger son engagement et sa réflexion dans le marxisme et apprécier certains aspects de la réflexion anticapitaliste de Gorz (j’ai cité par exemple la planification). Le texte que je reprends en est un exemple.

    S’il est un fervent opposant du socialisme dit-réalisé (moi-aussi, mais bon), et attaque jusqu’aux fondements certains apports de Marx, Gorz demeure, ne vous en déplaise, profondément attaché à certains apports marxistes et est en ce sens très clairement un écologiste marxien. Cette analyse, d’autres auteurs peu suspects de "fricottage avec des cocos" comme Jean Zin, la font.

    Il faudrait quand même un peu cesser de jouer avec sectarisme les clébards urinant pour délimiter leur territoire.

    Pierre

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  • Sans nécessairement partager certaines positions théoriques et politiques de Gorz ni l’enthousiasme élogieux de Pierre et ‘De passage’ à son égard, le personnage mérite surtout le respect pour ce qu’il fit de sa vie et de sa mort. Il fut aussi, surtout ?, un homme de tolérance.

    Difficile alors de comprendre le commentaire de « De passage » marqué précisément par une rare intolérance envers l’hommage de Pierre. Comme si de par ses prises de positions politiques, ce dernier n’avait pas le droit de saluer la mémoire d’un homme envers qui il se sent proche. ‘De passage’ a tout le droit de ne pas souhaiter (craindre ?) le ‘recyclage’ du PCB mais cela ne l’autorise pas à recycler, à son tour, la sémantique du terme ‘décence’.

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