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Pierre Eyben
29 septembre 2007 - 21:40
J’étais ce samedi 29 septembre invité par l’asbl Au Progrès de Herstal à donner mon point de vue sur les perspectives d’union de la gauche de la gauche.
Voici l’enregistrement - de très mauvaise qualité - de mon intervention.
Bon okay, pour la qualité sonore, on dirait que tu t’es assis sur le micro, mais en ce qui concerne le fond, c’est pas vraiment pas mal.
Les seules petites critiques que j’aurais éventuellement à te faire, proviennent d’une trop forte connotation éco-coco-logique. Non que je sois hostile aux urgentissimes apports écologiques dont les vingt-milles-gauches-sous-les-mer tardent à évoquer ne fût-ce que les prémisses, mais je pense qu’il ne faudrait oublier d’y incorporer une approche plus critrique de l’ordre moral.
Sans pour autant vouloir en faire toute l’apologie, le monde regorge de drogués (un peu, beaucoup, passionnément, ...) de violents (idem), d’alcooliques, de déviants sexuels, de croyants (à tout, à rien), de racistes et d’illettrés. Ne serait-il pas cent fois plus intéressant de les considérer
comme émanant d’un patrimoine socio-culturel du genre humain plutôt que de timidement faire l’impasse sur cet héritage cocasse de résistants ? Que l’on chante des louanges aux détraqués, aux putes héroïnomanes et aux témoins de jéhova (avec ou sans maj ? - rendez-vous en 2050) plutôt que de les
considérer comme le pire déchet produit par le capitalisme, comme l’onctueux symbole de décadence petite-bouregeoise. Que les sdf puissent continuer à se saouler, transpirant des vapeurs d’alcool, que les jeunes caïds continuent à pouvoir écouter leur dérivé consumériste de sous merde musicale
dans les bus, et que les racistes et/ou les crétins ne soient pas rejetés pour cause d’insuffisance neuronale !
Ceci pour souligner l’importance de la diversité actuelle qui se résume (dois-je dire malheureusement ?) beaucoup plus qu’à un simple conflit de marxiens verts anarcho-stalino-trotskysto-punk-léninistes (alleluya) car les insatisfaits du système aujourd’hui sont des têtes couvertes de marque, des exploités dont la voiture est inversement proportionnelle à
leur salaire, ainsi que des mutants sexuels, des drogués semi-prophètes, et des marginaux en tout genre. Il serait alors assez maladroit de jeter tout en vrac sous prétexte qu’il y a - ne le nions pas, pas mal de problèmes de cohabitation liés à ces différences. (ex : la vague hip-hop, sa commercialisation, les casquettes et autres vêtements de mode à la production déshumanisante ; la gestion des drogues dures sur la voie publique, et la liberté de culte shamanique/mystique etc...)
Pour le reste, je partage pleinement ton analyse, y compris les affirmations selon lesquelles "il faut tenir compte des différences sociologiques de pratiques militantes" qui représente un potentiel dé-croutanisant énorme, et "le rassemblement [anticapitaliste pluriel] ne doit pas s’il y a moyen être le lieu privilégié de combats électoraux" non pour éviter, bien sûr, de concurrencer le pc (...) mais parce qu’il est de coutume que c’est un infect crachat quand la gauche de la gauche se donne au jeu électro-râcle.
Je reste juste un peu plus dubitatif quant aux débats avec les syndicats, lieux privilégiés de conformisme révolutionnaire, mais qui sait si parmi les sous-saoul-sous-chefs fièrement mandatés...
Juste pour dire mon avis.
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