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8 octobre 2007 - 11:17
Le gouvernement israélien, cet assemblage hétéroclite – mais révélateur – composé des travaillistes (membre avec le PS de l’Internationale socialiste), de Kadima (le parti fondé par Ariel Sharon) et d’un parti d’extrême-droite (Israël Beiténou), ne rate jamais une occasion de repousser les limites de l’inacceptable de la part d’un Etat démocratique.
Il est une pratique abjecte qui est devenue un grand classique de la part du gouvernement israélien - mais aussi d’une partie de la presse israélienne – et qui consiste à saupoudrer des cendres de l’holocauste toute personne émettant des réserves sur la politique israélienne. Qui critique est quasi de facto antisémite voir fasciste. Dernier avatar en date, une campagne contre les médias néerlandais qualifiés de « non-objectifs » et dont les comptes-rendus sont jugés « teintés d’antisémitisme ».
Vous en connaissez beaucoup vous des journalistes européens qui ont un a priori favorable pour le Hamas ou même pour le Fatah alors même que l’Europe baigne dans une joyeuse confusion entre terrorisme et islamisme ? Est-il si invraisemblable que ce soit les faits et rien que les faits qui parlent d’eux-mêmes, témoignant de la dérive sans fin de l’Etat israélien et de ses pratiques inhumaines ? Est-il non plausible que les journalistes jugent simplement utile de parler du peuple palestinien maintenu dans la misère la plus totale, un peuple dont les droits les plus élémentaires (à commencer par celui de cultiver son sol) sont bafoués en permanence ? [1]
Une guerre qui n’existe pas
Une guerre d’occupation comme celle que mène Israël dans les territoires palestiniens, cela fait des victimes civiles. Des victimes, cela veut dire, de la douleur, du sang, de la merde dans les frocs,… Et cela, ce n’est pas vendeur, cela donne une vilaine image. C’est devenu si important l’image.
En 2000, France 2 et son correspondant en Israël, Charles Enderlin – qui effectue un travail de qualité [2] - ont eu la mauvaise idée de diffuser – et de mettre gratuitement à disposition des médias internationaux, les images de l’appel à l’aide, de la blessure pas balles israéliennes [3], puis de l’agonie d’un père, Jamal Al Doura et de son fils Mohammed à Gaza. Montrer la réalité de la guerre menée par Israël c’est pour la droite israélienne – et malheureusement pour une large couche de sa classe politique et médiatique – un « trucage pour causer du mal à Israël ».
Sept années plus tard et alors que France 2 et Enderlin ont déjà gagné un procès contre le harcèlement subi (entre autre via l’homme d’affaire et lobbyiste pro-israélien Philippe Karsenty), les attaques reprennent de la part du directeur du Bureau gouvernemental de presse dépendant du Premier ministre Ehoud Olmert ainsi que de nombreux grands médias écrits et audiovisuels de l’Etat hébreu. C’est insupportable !
Pour conclure
J’ai beau lutter pour que l’on évite toute confusion entre les pratiques de l’Etat israélien et « les Israéliens ». J’ai beau savoir qu’il existe en Israël des progressistes qui luttent contre la politique actuelle de leur Etat. Je ne peux m‘empêcher de penser que globalement cet Etat et son peuple plongent toujours davantage dans ce qui pour le coup peut-être qualifié de post-fascisme. Et au fond, j’en viens à penser que les germes de cette dérive se trouvent dans la nature même de cet Etat ; pas uniquement dans la création artificielle de ce lieu sur des terres déjà occupées par d’autres mais plus fondamentalement dans l’idée même d’UN Etat pour UN peuple.
Le bourrage de crâne médiatique joue certainement un rôle important. Les Israéliens connaissent peu et mal la situation des Palestiniens. Nombre de règles sont d’ailleurs faites pour qu’il en soit ainsi. Pourtant la solution doit venir aussi – d’abord – de l’intérieur et des progressistes israéliens. Ils doivent dénoncer la situation actuelle et le mal fait aux Palestiniens mais aussi proposer un Etat qui aurait d’autres bases. Il convient de remettre en cause la nature même et les structures de l’Etat d’Israël tel qu’il existe actuellement. Il faut prôner un Etat laïc et multiculturel, un Etat dans lequel les minorités sont protégées. On entend peu - sinon plus - cette voix aujourd’hui.
En guise de boutade, j’ajouterais que voilà, me semble-t-il, un projet sympathique auquel wallons, flamands, palestiniens et israéliens pourraient travailler ensemble :)
En attendant, il est essentiel que les médias continuent – voir pour certains commencent - à montrer ici et en Israël ce qu’est une guerre, à savoir la négation même de toute humanité, n’en déplaise aux communicateurs. En aseptisant le réel, on le rend acceptable, on le légitime.
[1] Et je ne nie pas ici qu’il existe des contre-exemples comme cette dépêche de l’AFP consacrée à l’assassinat de ceux civils à Tulkarem erronément qualifiés de "militaires". Je m’intéresse ici à une dynamique globale.
[2] Enderlin est issue d’une famille juive autrichienne, a émigré vers Israël en 1968 pour vivre dans les kibboutz et a pris la nationalité israélienne en 1970. J’ai le sentiment que ces seuls faits suffisent à démontrer le coté ridicule abject des accusations portées contre lui par la droite dure israélienne qui considère sans doute que le seul "bon juif" est celui qui est partisan de l’occupation.
[3] Malgré la polémique et certaines déclarations contradictoires (entre autre de l’armée israélienne), cela demeure à ce jour la version de France 2 et de la quasi totalité des médias internationnaux, version que l’Etat israélien n’a pas contesté devant la justice.
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L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...
Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.
Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?