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19 octobre 2007 - 10:17
Dimanche, ECOLO se choisira une nouvelle direction. Aucun suspense : le ticket Javaux-Durant est seul en lice, une première pas forcément réjouissante.
Il faut noter au passage qu’Isabelle Durant a été autorisée à cumuler les postes de conseillère communale, sénatrice et présidente de parti (puisque de secrétaires il n’est plus question). Il s’agit d’un cumul contraire aux statuts d’ECOLO, accordé aujourd’hui « à la carte » puisque Philippe Henry et Marcel Cheron l’ont obtenu alors de Thérèse Snoy et Josy Dubié se le voyaient refuser. On peut débattre sur l’utilité du cumul (tant qu’il ne s’agit pas de cumuler les revenus) mais on ne peut que dénoncer l’hypocrisie du fonctionnement actuel. Selon que vous serez puissant ou misérable …
En vue de l’élection du duo-présidentiel ce 21 octobre, le duo Javaux - Durant vient de remettre une note de candidature de 9 pages. On y cherchera en pure perte le mot « gauche ». Dans une interview dans le journal Le Soir (19/10/07 p.5), le duo est d’ailleurs explicite et refuse de se positionner sur une échelle gauche-droite affirmant qu’« ECOLO est ancré dans les valeurs progressistes mais est autonome et se rend aux élections les mains libres en terme de coalitions. »
Etre progressiste c’est bien, même si la notion de progrès se doit d’être questionnée [1]. Mais être de gauche est bien plus limpide comme le rappelait récemment Raoul Marc Jennar [2]. Alors que dire de « s’ancrer dans le progressisme ». On y prend ce que l’on veut ? On fait difficilement plus vague.
Certains zélés me sortiront encore des points intéressants du programme ECOLO [3] ou je me ferai allumer comme lorsque j’avais dénoncé une interview du même genre signée Jacky Morael mais je persiste et signe. Tout cela est la démonstration que la direction d’ECOLO fait le choix clair de ne plus se revendiquer de gauche. Elle y renonce lorsqu’elle négocie sa participation au pouvoir mais elle y renonce même jusque dans des textes internes comme cette note à destination de ses membres et qui est toute axée sur un plan de marketing politique qualifié de « consolidation ».
Comme l’a fait un chouette collectif français en adoptant ce nom, je ne peux que rappeler que « les mots sont importants » !
[1] En effet, progrès et productivisme sont souvent confondus. De même certains confondent progrès et avancées techniques. Or, le progrès se mesure uniquement dans leur utilisation en vue de faire progresser le bien-être dans le respect de la terre et de ses hôtes. Comme l’écrivait Marx, et cela est plus que jamais vrai aujourd’hui, « Dans l’agriculture moderne, de même que dans l’industrie des villes, l’accroissement de la productivité et le rendement supérieur du travail s’achètent au prix de la destruction et du tarissement de la force de travail. En outre, chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. Plus un pays, les États-Unis du Nord de l’Amérique, par exemple, se développe sur la base de la grande industrie, plus ce procès de destruction s’accomplit rapidement [...]. La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : La terre et le travailleur »
[3] Je n’ai jamais nié qu’il n’était pas inintéressant même si très insuffisant à mon goût sur les aspects sociaux et même sur les aspects écologiques. Surtout, il évite joyeusement d’établir un lien entre le capitalisme et la débâcle actuelle.
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