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De nombreuses personnes ont déjà expliqué pourquoi la pétition Pour l’Unité de la Belgique si elle partait d’une sympathique initiative citoyenne ne méritait pas d’être signée.
Pour ma part, je dirais simplement que ce qui me semble devoir être sauvé n’est pas un drapeau, une improbable nostalgie de la Belgique de papa ou la famille royale (Lire Abolir la monarchie) mais bien la solidarité, et pour commencer celle concrète qui s’exprime à travers la sécurité sociale. Or, il existe une pétition qui reprend avec beaucoup de justesse cette revendication et que j’invite chacun à signer et à diffuser.
En terme de solidarité, ceci est l’occasion pour moi de rappeler que si les pauvres wallons s’inquiètent et s’insurgent de l’absence de solidarité des riches flamands, les riches wallons - tout est relatif - se préoccupent peu des pauvres congolais pourtant exploités jusqu’à l’os par leurs ancêtres du temps des colonies, des rois qui faisaient couper la main des congolais récalcitrants et laissaient complaisamment assassiner Patrice Lumumba. En résumé, alors que peu de monde s’émeut outre mesure du sort réservé aux migrants (par exemple les tests ADN qui remuent la France mais existent chez nous depuis des années) ne serait-il pas temps d’aussi penser la solidarité au-delà de la frontière linguistique ?
Or, voici que fleurit en abondance dans nos villes une campagne de pub en faveur de la pétition Pour l’unité de la Belgique de Marie-Claire Houard. Cocasse, elle réclame en anglais un retour à l’unité, preuve par l’absurde de l’amalgame un peu improbable (ce qui ne veut pas dire antipathique d’ailleurs) que constitue la Belgique. Moins drôle, utilisant la rhétorique guerrière, elle reprend l’affiche de recrutement militaire devenue célèbre de James Montgomery.
Qui paye cette campagne ? Quel est le « sponsor » d’une pétition qui se veut "au dessus des partis", limbe improbable mais il est vrai populaire en ces temps où le monde économique voudrait être plus seul encore aux commandes de la société ? Rien sur l’affiche ne permet de le savoir.
Bilingue, wallon travaillant en Flandre, j’ai une forme de fibre belge, de goût pour les gens de ce pays, pour les artistes flamands improbables (Arno, Panamarenko,...), pour la mixité culturelle et le refus de se prendre au sérieux d’une partie de la population d’un petit pays qui ne se la pèterait pas. Mais nous vivons aussi et même d’abord dans le petit pays qu’épingle avec justesse Claude Semal. Et moi, ma Belgique n’est pas celle catholique et bien pensante de la DH (qui soutient clairement la pétition Pour l’Unité de la Belgique), ma Belgique n’est pas celle qui assassine les hommes politiques qui crient "Vive la république", ma Belgique n’est pas celle qui s’affiche aux fenêtres (si encore on ôtait l’horrible bande jaune), elle n’est pas refermée sur elle-même, ne pratique pas l’immigration économique, la chasse aux précarisés, l’asservissement à l’OTAN et à l’UE, le déni démocratique,... Elle est ouverte sur le monde et solidaire dans et delà des frontières.
Bref, tout en évitant d’idéaliser la conscience collective, j’aime une certaine communauté de pensée mais pas la structure de notre état qui est toujours davantage un facsimilé de démocratie réduisant le citoyen à la portion congrue et participant activement à la marche en avant du néo-libéralisme.
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