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30 janvier 2008 - 13:58
J’ai déjà eu dans un précédent article paru dans le JDM (Johnny et Justine : citoyens attristants mais icônes médiatiques intouchables) l’occasion de dénoncer l’attitude bien peu citoyenne de certains sportifs telle la néo-monégasque Justine Henin.
Vu la différence de pureté entre le revers de « Juju » et le mien, je n’améliore pas ma cote en montant à la volée face à cette idole nationale. Mais il me semble utile d’un minimum briser le soap opéra hagiographique qui est diffusé en boucle par les médias. Ces sportifs reçoivent durant toute leur jeunesse un encadrement de qualité financé par la collectivité. Une fois arrivés au sommet, il est donc insupportable de les voir refuser égoïstement de rendre un minimum à la collectivité ce qu’elle leur a offert.
Face au bourrage de crâne sur une prétendue « rage taxatoire », il faut raison garder et bien admettre qu’au regard des sommes astronomiques qu’elle gagne, la fiscalité belge concoctée par Didier Reynders (pas d’impôt sur la fortune, tranches supérieures de l’impôt supprimées,…) ne risque pas de mettre Justine Henin (ni les autres sportifs belges de renom qui ont choisi de résider dans des paradis fiscaux) sur la paille. Ni leurs enfants, ni les enfants de leurs enfants, ni…
Cette fois, je voudrais m’attaquer à un morceau bien plus solide encore du fond de court. Il s’agit du tennisman français Jo-Wilfried Tsonga. En amoureux de ce sport, j’ai moi aussi apprécié le bonhomme, son jeu hors-norme, son look de Mohammed Ali, sa décontraction et puis l’avantage inégalable qu’il a de briser la monotonie des, déjà trop classiques, duels Nadal-Federer. Et puis ce matin, pan ! Un smash dans l’œil. Jo-Wilfried, à peine riche vient d’acquérir une résidence en Suisse et souhaite y être imposé. Pas besoin de vous faire un dessin. Suivant l’exemple de ses compatriotes Amélie Mauresmo, Richard Gasquet, Fabrice Santoro, Cédric Pioline, Arnaud Clément ou encore Guy Forget, la nouvelle coqueluche du tennis français dit, elle-aussi « merde » à ses concitoyens et à son pays. On connait la formule de Mohammed Ali, " Je vole comme un papillon et pique comme une abeille". Voilà deux verbes (voler et piquer) qui ici semblent prendre un autre sens.
Certains croient percevoir dans une participation à la Coupe Davis ou aux Jeux Olympiques une véritable fibre nationale. Outre que je préfère la citoyenneté à la fibre nationale (qui n’est jamais loin du nationalisme bon-teint), je pense qu’il convient de démonter cette justification de circonstance. Etre citoyen, ce n’est pas disputer telle ou épreuve sportive pour son pays (comme d’ailleurs pour son palmarès), mais se montrer concrètement (càd financièrement) un peu solidaire du système éducatif et sportif qui vous a permis de percer.
Un peu de courage politique imposerait de refuser que celles et ceux qui choisissent l’évasion fiscale ne puissent représenter un pays auquel ils tournent si ouvertement le dos.
En Belgique comme en France, les responsables politiques, trop soucieux d’assurer leur réélection et de ne pas heurter la vox populi (qui est à vrai dire une vox televisi), se contentent de sourire et de parader dans les travées des stades.
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