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9 avril 2008 - 12:05 - #social démocratie
(Version complétée le 10/4 afin de répondre à certaines remarques judicieuses émises par des lecteurs de ce blog et de préciser ma pensée)
Ainsi que le révèle la presse de ce matin, des voleurs se sont introduits la nuit dernière dans la propriété de la Ministre Laurette Onkelinx et ont volé le cabriolet BMW 325i bordeaux de son époux Marc Uyttendaele.
Sur le site de BMW on peut voir qu’une telle voiture coûte entre 45.000 et 55.000 euros.
J’ai bien peur qu’il ne s’agisse pas en l’occurence de Robins des Bois modernes, soucieux de redistribuer aux plus démunis les fruits de la revente de cet objet de luxe. Je ne me réjouis pas mais je ne peux cependant m’empêcher de ricaner doucement en pensant à cette mésaventure. Le socialisme "moderne", celui de ces hommes et femmes de gauche qui parlent d’autant plus facilement à l’oreille des riches qu’ils le sont eux-mêmes devenus, les expose à des désagréments de riches.
Cette mésaventure montre une fois encore qu’il y a aujourd’hui un gouffre entre les discours gauchistes d’avant élection et la réalité matérielle de la caste politique social-démocrate.
Marc Uyttendaele n’a plus sa BMW 325i cabriolet mais rassurons-nous, ce désagrément reste raisonnable en comparaison de la misère sociale que vit une part croissante de la population et que le "réalisme politique" de la social-démocratie avalise de facto.
Au delà du ricanement
Cette nouvelle va au-delà de l’anecdote people et c’est pour cela que je l’ai épinglée.
Quelque soit la profession que l’on exerce ou le rôle social que l’on est amené à jouer, j’estime qu’il convient de mettre ses actes (son train de vie, sa façon de se comporter dans son travail, ses choix écologiques,...) en adequation avec la politique que l’on défend.
Ainsi quand Jean-Michel Javaux part (en avion) en Tunisie au club Med pour ses vacances (annonce qu’il fait lui-même lors d’un reportage très "people" sur RTL), je trouve utile de dénoncer l’incohérence écologique (doublée d’un soutien de fait à une dictature qui n’a rien à envier à la Chine)
De même, je pense que l’on peut difficilement prétendre lutter pour une société socialiste (démocratique) et se réclamer d’un outil politique basé sur la lutte des classes comme le fait le PS à l’article premier ses statuts lorsque l’on a un train de vie (lieu de résidence, loisirs, voitures de luxe,...) qui vous coupe totalement de la réalité quotidienne de celles et ceux dont vous êtes sensés être le porte-parole. Je suis convaincu que l’on trouve l’explication d’une part des renoncements idéologiques actuels du PS dans l’embourgeoisement (au sens matériel et non marxiste du terme) de ses cadres. Nombre de ceux-ci ne connaissent simplement plus la réalité sociale précaire d’une partie croissante de la population. J’ai écrit un article concernant Tony Blair sur ce même sujet.
On peut aller plus loin dans le raisonnement (et j’y vais allègrement comme disait Claude). Diminuer les inégalités, c’est augmenter le revenu (je préfère parler de qualité de vie mais bon) des plus démunis et forcément mettre fin aux privilèges des plus nantis. Lors du précédent gouvernement (coalition violette), Didier Reynders a supprimé les tranches d’imposition supérieurs à 50% qui concernaient les plus riches. (La progressivité de l’impôt est un outil central pour contrer les inégalités). Je prétends que le fait que de nombreux cadres socialistes émargent aujourd’hui à ces tranches d’imposition supérieures explique pour une part non négligeable leur acceptation de cette mesure. C’était aussi leur intéret personnel qui était en jeu et celui-ci était opposé à celui des simples citoyens (sans même parler des plus précaires). Sans vouloir jeter le bébé socialiste avec l’eau du bain, on ne peut ignorer ce fait politique relativement nouveau.
Je ne prétends pas qu’être pauvre soit en soi une "valeur". Par contre, je prône une diminution des inégalités (donc aussi entre politiques et citoyens) et un plus grand brassage social (donc aussi au sein de la classe politique). Le monde politique n’a pas à se comporter en bulle de non-droit. Et je n’attends pas en la matière la même attitude de la part de socialistes ou d’écologistes que de Didier bling bling Reynders.
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L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...
Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.
Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?