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Michel Daerden champion !

21 avril 2008 - 01:02 - #politique - #sport


Les hommes et femmes politiques sont venus en nombre à Sclessin pour assister au sacre du Standard. On a pu voir Melchior Whatelet Junior, Jean-Michel Javaux, Joëlle Milquet, Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx et bien évidemment onze Premier, Yves Leterme.

Des passionnés du Standard ? Des fanas de foot ? A l’exception du dernier précité, on peut en douter. Mais chacune et chacun souhaitait associer son image à ce symbole de réussite qu’est redevenu le Standard. Pour contourner le discrédit politique, pour créer de l’empathie électorale, on met à l’arrière plan (ou du moins en second rideau) le politique pour laisser place à des formes nouvelles d’interpellation de l’électeur. C’est, je pense, une technique efficace mais aussi un aveu de faiblesse interpellant.

C’est que nous sommes entrés dans l’ère du marketing politique, celle des panneaux publicitaires vantant entre une voiture et un crédit à la consommation les mérites d’un parti politique, celle du nœud papillon ou de l’alcoolisme sympa, celle des politiques étalant leur famille, chantant ou racontant la dernière blague lors d’émissions de variété comme autant de gages de qualité.

Comprendre cette attitude

Dans un ouvrage intitulé « L’endoctrinement affectif du citoyen », Gordy Pleyers a relevé avec justesse que relativement peu de citoyens disposaient réellement d’éléments rationnels consistants sur lesquels pouvaient se fonder leurs choix politiques. La majorité des citoyens orientent dès lors leur attitude et le vote qu’on leur demande d’effectuer sur une base émotionnelle, une appréciation spontanée concernant un candidat ou un parti. L’auteur a montré que si les attitudes, les préférences et les comportements sociopolitiques des citoyens peuvent résulter de croyances rationnelles, ils peuvent résulter aussi – et, très souvent, surtout – de processus affectifs pouvant même agir sans que les individus en aient conscience. Le dangereux corollaire de cette constatation est qu’afin de gagner les faveurs des citoyens, il existe, au-delà des procédés rationnels fondés sur l’argumentation, un moyen particulièrement efficace qui consiste à exploiter la voie affective.

Michel, roi de la comm’

L’ineffable Michel Daerden a démontré à tous ces petits bras qui était le vrai champion de Belgique en matière de communication affective. Michel au bras d’un supporter peinturluré, Michel embrassant l’autre Michel (Preud’homme), Michel une écharpe autours du cou avec les joueurs sur le podium,… Les caméras de la RTBF ont eu du Michel partout. On pourra railler l’accent. On pourra critiquer l’éthylisme. Michel Daerden n’en a cure, il a les voix qu’il était venu chercher

En conclusion

Cette tendance au superficiel et à l’émotionnel n’est pas étrangère au fait que les partis au pouvoir refusent aujourd’hui d’affronter les directives du marché. S’auto-amputant de leur pouvoir politique, ils déstructurent l’Etat pour servir en pâture au marché des pans de son économie (énergie, transports,…), réduisant leur champ d’action à un fragile bricolage afin d’atténuer les conséquences du capitalisme.

Cette people-isation de la vie politique est une bouée de sauvetage. Elle permet de maintenir le citoyen à distance de la réalité économique et politique de notre société. Nous sommes relégués au rang de consommateurs politique. On nous vend une image politique idéalisée plutôt qu’un programme politique différent de celui des autres partis de pouvoir.

Le revers de la médaille est que ces stars de la téléréalité politique risquent bien de passer de mode. En tout cas, je l’espère !

En attendant, je plonge moi-aussi, en associant mon image au nom d’un club prestigieux …

7 Messages de forum

  • Une citation symptomatique de Willy Demeyer, bourgmestre de Liège :

    Il y a un parallélisme évident entre le professionnalisme avec lequel ce club est géré et la manière dont les politiciens gèrent la ville et la Province.

  • Je trouve que c’est un peu court comme raisonnement. Si je prends J-Mi Javaux que je connais quelque peu, il nous bassine avec le Standard depuis tout le temps et il était présent même quand ils perdaient. Alors je trouve qu’avant d’écrire des choses comme ça, on se renseigne un peu mieux !

  • En voilà du raisonnement. Tu connais Jean-Mi, cela change tout.

    Bien évidemment sa présence devant les caméras était fortuite tout comme son petit numéro avec son maillot MAES (pas porté, faut pas pousser).

    Et Jean Marc Nollet à Fort-Boyard, il est passionné par la mer ?

    Soyons sérieux, ECOLO joue le jeu du marketing politique comme les autres. A ECOLO on a abandonné la politique autrement.

    Ils ont même un échevin qui confond argent public et voiture privée à Namur - :)))

  • Ce que j’ai entendu tout à l’heure sur les ondes radio me laisse pantois. D’après les hommes politiques interrogés (surtout Daerden) et le directeur du Standard, la victoire de ce club va redresser l’économie wallonne. Rien de moins, s’il vous plait. Espérons alors que les dizaines de milliers de gobelets écrasés sur la chaussée ce matin ont été fabriqués en Wallonie.

    Il y a peu, c’était le sport à Francorchamps qui allait redresser notre région à lui tout seul. On a vu ce que cela donnait comme millions d’euros publics gaspillés. Aujourd’hui, c’est le Standard qui redresse la Wallonie, sûrement grâce au nouveau stade envisagé (avec aussi de l’argent public...).

    Il est regrettable de devoir à nouveau assister à cet électoralisme de mauvais aloi, et de détourner, avec la complicité des médias, le débat des vraies questions.

    Chaque année, il y a un club champion de Belgique et les médias s’en foutent un peu. Le Standard est champion cette année ? Ok... Cela vaut 30 secondes à 1 minute d’infos au journal du soir, sans dithyrambe (il a quand même été mauvais pendant 25 ans !), et sans interview d’hommes (ou de femmes) politiques. Que ces derniers assistent au match, c’est normal, mais comme n’importe quel citoyen, et donc sans interview sirupeux et consensuel, et je préfère entendre Reynders sur la problématique des intérêts notionnels et Daerden sur le projet CHB que les débilités qu’ils ont débitées aux journalistes complaisants qui leur font une pub électorale gratuite...

    A quand un véritable journalisme citoyen, d’investigation et d’information, en remplacement de ces bien trop nombreux serveurs de soupe...

  • Petite mise au point :
    Etant un rouche (de ceux que l’on appelle "noyau dur"), je veux juste vous dire que JM Javaux doit être 10X plus rouche que tous ces crevards de politiciens, présents dimanche à Sclessin, réunis (Leterme compris). En effet, pour avoir parler avec lui en de nombreuses fois, il a été membre du "Kop Rouche" (premier groupe de supporters du RSCL créé en 1968) et avec les noms d’anciens membres qu’il m’a cités, je ne doute pas une seule seconde de son véritable supportérisme.
    Il nous a, de plus, fourni un terrain et des facilités pour l’organisation du tournoi antiraciste du RSRA 2007 (Réseau Supporter de Résistance Antiraciste). Evénement où 500 personnes (ultras) venus de l’Europe entière ont pus communier tout un w-e dans ce qu’ils ont de plus chers c.à.d. l’antiracisme, l’antifascisme et surtout l’amitier dans la lutte. Tout cela sans AUCUNES récupérations politiques. Je peux comprendre les divergeances politiques qui peuvent vous séparer mais de grace ne parlez de ce que vous ne savez pas.
    Merci et bonne continuations dans votre combat.
    RSCL ANTIFASCISTA PARA SIEMPRE

  • Bonjour,

    Outre le fait que supporter et supporter devant les caméras soient deux choses différentes (Juste répondre : "Je suis ici à titre privé merci de le respecter", ce n’est pas compliqué. Faut pas jouer les naïfs, le fait d’avoir l’avis de chacun devant les caméras, ce n’est pas le fruit du hasard), je ne pense pas que l’essence de mon texte porte sur la qualité de supporter de tel ou tel homme politique (même si je pense effectivement que cet engouement soudain est suspect) mais bien sur la tendance actuelle au marketing politique et à la peoplisation de la chose politique (NB : Cela n’est pas du seulement aux journalistes. Il n’existe plus de parti de masse et l’opinion se façonne ajd par médias interposés ce qui est très inquiétant d’un point de vue démocratique.)

    Je ne pense pas non plus avoir particulièrement épinglé ici JM-Javaux (j’ai d’autres raisons politiques de le faire) mais bien Michel Daerden dont le volonté d’être vu fut outrancière.

    Pour le reste, je me réserve le droit de continuer à donner mon opinion sur cet espace de liberté qu’est ce blog, cela fut-il sans être "spécialiste". Je me réserve aussi celui d’y épingler celles et ceux qui s’exposent médiatiquement en dehors de tout cadre politique parce que je pense que cela crée de la confusion et abaisse le débat politique. Enfin, la rubrique "humeur grise" de ce blog n’est pas vouée à des analyses fines mais à des coups de gueule, comme signalé. Donc, un peu d’indulgence SVP.

    Voilà.

    Cela étant, bonne continuation à toi pour ton important combat antifa.

    Pierre

  • Je me permet de rebondir sur ce message. Alain Onkelinx (PS) a dit il y a quelques jours : « La victoire du Standard, c’est 1 pourcent engrangé pour le PS ».
    Difficile de tomber plus bas dans le ridicule. Je me demande si c’est plus scandaleux de dire ce genre de choses, ou de voter parce qu’on a vu papa se faire un afond de pinte à la buvette du Standard.
    Certains feraient mieux d’ affirmer leur couleur politique au gouvernement plutôt que d’arborer les couleurs d’une équipe de foot devant les caméras.


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  • L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...

    Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.

    Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?

    le Septembre 2011
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