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Les hommes et femmes politiques sont venus en nombre à Sclessin pour assister au sacre du Standard. On a pu voir Melchior Whatelet Junior, Jean-Michel Javaux, Joëlle Milquet, Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx et bien évidemment onze Premier, Yves Leterme.
Des passionnés du Standard ? Des fanas de foot ? A l’exception du dernier précité, on peut en douter. Mais chacune et chacun souhaitait associer son image à ce symbole de réussite qu’est redevenu le Standard. Pour contourner le discrédit politique, pour créer de l’empathie électorale, on met à l’arrière plan (ou du moins en second rideau) le politique pour laisser place à des formes nouvelles d’interpellation de l’électeur. C’est, je pense, une technique efficace mais aussi un aveu de faiblesse interpellant.
C’est que nous sommes entrés dans l’ère du marketing politique, celle des panneaux publicitaires vantant entre une voiture et un crédit à la consommation les mérites d’un parti politique, celle du nœud papillon ou de l’alcoolisme sympa, celle des politiques étalant leur famille, chantant ou racontant la dernière blague lors d’émissions de variété comme autant de gages de qualité.
Comprendre cette attitude
Dans un ouvrage intitulé « L’endoctrinement affectif du citoyen », Gordy Pleyers a relevé avec justesse que relativement peu de citoyens disposaient réellement d’éléments rationnels consistants sur lesquels pouvaient se fonder leurs choix politiques. La majorité des citoyens orientent dès lors leur attitude et le vote qu’on leur demande d’effectuer sur une base émotionnelle, une appréciation spontanée concernant un candidat ou un parti. L’auteur a montré que si les attitudes, les préférences et les comportements sociopolitiques des citoyens peuvent résulter de croyances rationnelles, ils peuvent résulter aussi – et, très souvent, surtout – de processus affectifs pouvant même agir sans que les individus en aient conscience. Le dangereux corollaire de cette constatation est qu’afin de gagner les faveurs des citoyens, il existe, au-delà des procédés rationnels fondés sur l’argumentation, un moyen particulièrement efficace qui consiste à exploiter la voie affective.
Michel, roi de la comm’
L’ineffable Michel Daerden a démontré à tous ces petits bras qui était le vrai champion de Belgique en matière de communication affective. Michel au bras d’un supporter peinturluré, Michel embrassant l’autre Michel (Preud’homme), Michel une écharpe autours du cou avec les joueurs sur le podium,… Les caméras de la RTBF ont eu du Michel partout. On pourra railler l’accent. On pourra critiquer l’éthylisme. Michel Daerden n’en a cure, il a les voix qu’il était venu chercher
En conclusion
Cette tendance au superficiel et à l’émotionnel n’est pas étrangère au fait que les partis au pouvoir refusent aujourd’hui d’affronter les directives du marché. S’auto-amputant de leur pouvoir politique, ils déstructurent l’Etat pour servir en pâture au marché des pans de son économie (énergie, transports,…), réduisant leur champ d’action à un fragile bricolage afin d’atténuer les conséquences du capitalisme.
Cette people-isation de la vie politique est une bouée de sauvetage. Elle permet de maintenir le citoyen à distance de la réalité économique et politique de notre société. Nous sommes relégués au rang de consommateurs politique. On nous vend une image politique idéalisée plutôt qu’un programme politique différent de celui des autres partis de pouvoir.
Le revers de la médaille est que ces stars de la téléréalité politique risquent bien de passer de mode. En tout cas, je l’espère !
En attendant, je plonge moi-aussi, en associant mon image au nom d’un club prestigieux …

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L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...
Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.
Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?