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23 avril 2008 - 13:26 - #belgique - #poste - #services publics
On peut lire dans l’édition du journal Le Soir de ce mercredi 23 avril 2008 (page 8, édition Namur/Luxembourg) que le bourgmestre de Mons Elio Di Rupo est fâché car sur les 19 communes de l’agglomération montoise, il ne restera plus, "à terme", que 3 vrais bureaux de poste. Elio Di Rupo semble également découvrir la réalité des points-poste et s’émeut de la maigreur de leur service à la population.
On croit rêver. Où était le PS lors de la privatisation de la Poste en 2005 ? Au gouvernement ! (Lorsque la privatisation fut votée, elle le fut même avec un rôle moteur de la part des socialistes flamands et francophones.) Qui était son président ? Elio Di Rupo, le même qui en 1999 avait déjà signé l’ouverture du marché postal à la concurrence pour le courrier de plus de 350grammes !
J’ai à plusieurs reprises sur ce blog (ICI) comme dans la presse (par exemple JDM 7 août 2007 et Le Soir du 14mars 2008) dénoncé l’attitude incompréhensible du PS qui se suicide politiquement en acceptant de sacrifier le secteur public. J’ai aussi pointé du doigt spécifiquement Elio Di Rupo qui connait très bien ce dossier.
Monsieur Di Rupo, est contrarié aujourd’hui que lui-même et ses électeurs ressentent directement les conséquences du choix qu’il a fait. Pourtant, la fermeture de bureaux et leur remplacement par des points-poste est inscrite noir sur blanc dans le contrat de gestion avalisé par lui-même et son parti. Il est contrarié car il sait que la population est mécontente et que cela peut lui nuire politiquement (électoralement). Est-ce là une façon sérieuse de gouverner ? Poser la question, c’est y répondre.
Aujourd’hui, on attend d’Elio Di Rupo et du PS qu’ils ne se contentent pas de dénoncer en faisant preuve d’une étrange amnésie sur leurs propres responsabilités ou en se retranchant derrière l’Europe (privatisation en 2005 et libéralisation en 2011 ne peuvent être liées). Il faut qu’Elio Di Rupo reconnaisse que la stratégie de privatisation que son parti et lui-même ont impulsé était une erreur monumentale et qu’il rejoigne le camp de celles et ceux (de plus en plus nombreux) qui refusent de considérer l’évolution actuelle comme inéluctable. Errare humanum est .... perseverare diabolicum
On va renégocier très prochainement le contrat de gestion. C’est donc le moment de modifer celui-ci (d’y inscrire la réouverture des bureaux fermés, d’y mettre des closes sur la limitation des bénéfices pour une entreprise de service public,...).
Le gouvernement actuel a également tout loisir d’imposer un salaire minimum pour les postiers comme cela vient de se faire en Allemagne repoussant les appétits de certains acteurs privés.
Enfin, la poste ayant été sous-évaluée lors de sa vente, une fois des conditions dignes d’un service public remises au goût du jour via un contrat de gestion largement amendé, il serait vital également d’en revenir à une poste 100% publique. Le service public à des spécificités qui ne s’accomodent pas de la logique capitaliste. Nul doute que s’il est corseté dans sa volonté de faire des bénéfices sur le dos de la population, le fond d’investissement CVC auquel la poste fut vendue, cherchera à se retirer.
En résumé, a fortiori lorsque l’on a le poids politique d’Elio Di Rupo, il ne faut par crier dans le vide, il faut agir ...
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L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...
Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.
Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?