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13 juin 2008 - 11:27
Manifestement, le nouveau directeur de l’information de la RTBF a encore un peu de boulot afin d’éviter certains dérapages de ses journalistes en télévision [1]. Depuis quelques temps, le 12 Minutes s’est fait une spécialité de nous travailler les zygomatiques, que l’on repense au discours éméché de Sarkozy ou au col de l’utérus cassé du roi (avec un tout petit « r »). Pourtant hier, la nature du reportage consacré au référendum irlandais m’aurait plutôt franchement altéré la bonne humeur. Il s’agissait d’un condensé rare de désinformation et de journalisme partisan.
Malheureusement, je ne trouve pas le podcast de ce petit bijou pour celles et ceux qui souhaiteraient le parcourir. Appel aux spécialistes.
Un réquisitoire qui débute dès l’intitulé
Afin d’aider le téléspectateur à suivre, le 12 Minutes utilise une bande infographique annonçant les principales séquences du journal. Concernant le référendum irlandais, on pouvait lire « Non à l’Europe ? » Que je sache, les Irlandais n’étaient pas appelés à voter hier sur la sortie de leur pays de l’UE (encore moins de l’Europe si vous permettez cette nuance de géographe) mais bien sur un Traité dessinant les contours institutionnels de l’UE. La nuance est de taille puisque l’intitulé choisi sous-entend clairement que celles et ceux qui ont voté « No » étaient de facto des anti-européens. On pourrait longuement débattre de la grande diversité des oppositions au Traité. Il en va d’ailleurs de même de ses partisans puisqu’ils vont du leader d’extrême-droite Jorge Haider au penseur libertaire Toni Negri [2]. Mais les réduire ainsi est inadmissible
Un reportage d’une rare partialité
Ensuite vint le reportage même. Celui-ci débutait par une énumération des avancées du texte, énumération qui ne s’encombrait pas de détails pour, par exemple, relever le fait que le pouvoir d’initiative du Parlement européen demeure quasi inexistant. On s’attendait ensuite à ce que soient, par intégrité journalistique, énoncés les arguments de droite mais aussi de gauche en défaveur de ce texte (concurrence libre et non faussée, menace sur les services publics, déficit démocratique, militarisme et soumission à l’OTAN, indépendance totale de la BCE,…). Mais on n’eut droit à rien, ou plutôt si, à l’affirmation que les partisans du non, forcément anti-européens et de droite, faisaient campagne sur des mensonges farfelus et sur des objectifs réactionnaires (refus du droit à l’avortement) et/ou égoïstes (maintien d’un statut fiscal privilégié pour l’Irlande). Et pour bien étayer son propos, le journaliste - du parti du pouvoir et de l’argent diraient les amis du Plan B - passa successivement l’interview d’un partisan du « No » un peu pataud avouant avoir voté non car il ne comprenait pas et n’avait pas lu le texte et un du « yes », propre sur lui, argumentant sur les raisons de valider ce texte quelles que fussent ses insuffisances.
A ce réquisitoire partisan, à ce petit bijou de manichéisme et d’idéologie [3], il faut encore ajouter la rhétorique des 3 millions d’Irlandais - ils sont 4.2 millions mais un peu d’exagération en confondant volontairement avec le nombre de votants potentiels c’est de bonne guerre - prenant "en otage" - cela rappelera des souvenirs aux amis grévistes - 450 millions de citoyens de l’Union. Etrange, j’ai moi le sentiment de faire partie des 445 millions de citoyens pris en otage par des gouvernements refusant de consulter leur population et/ou niant le refus qu’ils ont exprimé (Pays-Bas et France) à propos d’un texte fondamental.
En conclusion
Le journal télévisé de La Une a eu beau se terminer sur l’image, d’un apport journalistique inestimable, d’un cochon muni de bottes pour patauger plus gaiement dans la boue, le sourire ne m’est pas revenu. Manifestement, certains journalistes ne s’embarrassent pas de détails lorsque les citoyens, irlandais belges ou autres, semblent ne pas vouloir voter comme on le leur suggère. Vite un observatoire des médias dans notre pays à l’image de ce que fait Acrimed en France !
[1] Peut-être comprend-on mieux alors la préférence marquée que ceux-ci avaient pour le projet bien plus « RTLifiant » de son concurrent
[2] Loin de moi évidemment l’idée d’établir un quelconque lien entre le populiste nazifiant et le penseur brillant bien qu’égaré sur cette question. Un parallèle dont les partisans du Oui ne se privent pas soit dit en passant.
[3] Aujourd’hui n’est plus idéologue aux yeux de certains que celui qui s’oppose à la marche triomphale du marché mondialisé
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L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...
Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.
Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?