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Didier Reynders nous prend pour des cons

13 juin 2008 - 12:23 - #pauvreté


Dans un article remarqué, Le gouverneur de la Banque Nationale vient de suggérer de ne plus systématiquement indexer les salaires les plus élévés. Il déclare : "Doit-on indexer de la même manière un salaire de 1.000 euros et un salaire de 5.000 ou 10.000 euros ? Je pose la question, sans plus."

Soyons clairs, Guy Quaden ne s’est pas subitement senti l’envie d’un revival soixante-huitard. Il souhaite avant tout casser l’indexation automatique des salaires et ouvrir une brèche via une proposition populaire. [1]. Par ailleurs, de la vraie question, la baisse vertigineuse de la part des salaires dans la richesse produite, il ne pipe mot.

Mais révélant avec autant d’empressement que de mauvaise fois sa vraie nature, Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille de tous en leur faisant croire qu’ils font partie des riches, s’est senti obligé de réagir immédiatement, osant affirmer : "Je crois qu’il y a énormément de personnes en Belgique qui éprouvent des difficultés à nouer les deux bouts et pas seulement dans les revenus les plus faibles."

Ainsi, entre l’augmentation du prix du mazout pour chauffer leur piscine et la hausse des prix du carburant pour leur énergivore 4x4, les personnes touchant entre 5000 et 10000 euros de salaire mensuel éprouveraient des difficultés à nouer les deux bouts ?

Il ajoute : "C’est d’ailleurs pour cela que la meilleure réponse, au-delà de l’index, c’est l’augmentation du revenu, du revenu de poche, du revenu net. C’est-à-dire une baisse d’impôt sur le revenu".

Effectivement, Didier Reynders a baissé l’impôt ... celui des plus riches en faisant disparaître les tranches supérieures de l’IPP.

Dis-donc Didier, tu ne nous prendrais pas un peu pour des cons des fois ?

Notes

[1] On peut gager que la brèche ouverte, d’autres revendications bien moins "de gauche" s’y engouffreraient et que très vite il souhaiterait faire baisser le niveau des salaires non indexés

3 Messages de forum

  • Monsieur le gouverneur de la Banque Nationale estime que les "gros salaires" ne devraient plus être indexés !

    A titre "personnel", précise-t-il.

    Il est vrai que la "valeur" personnelle de Monsieur Guy Quaden est grande : ses revenus de gouverneur approchent les... 450.000 €/an ! (près de 20 millions d’anciens francs !).

    Il serait peut-être temps que ce Monsieur fasse preuve de plus de retenue et évite de donner des leçons de modération salariale aux personnes qui rencontrent des difficultés quotideinnes...

    Et sur cette fameuse proposition, que dire ?

    1. Où va-t-on mettre la barre pour définir un "gros salaire". Et qui va décider ? 2. Ce serait mettre le doigt dans un dangereux engrenage : aujourd’hui, un montant déterminé sera retenu ; demain, il sera inévitablement revu à la baisse en fonction de l’évolution de la situation économique ! 3. Il existe déjà une "norme salariale" et maintenant certains veulent fixer un "salaire maximum" pour le bénéfice du système d’indexation. Décidément, il y a dans ce pays une volonté farouche de cadenasser les augmentations salariales en fixant des limitations à tout va... Dans le même temps, les dividendes payés aux actionnaires, les revenus des patrons et les bénéfices des principales entreprises explosent ! 4. Sur chaque indexation, des cotisations sociales sont payées. Ne plus indexer les "hauts revenus" reviendrait à se priver de recettes supplémentaires pour la Sécurité Sociale. 5. Ce n’est bien sûr pas en modulant des taux de TVA ou l’indexation des salaires que l’on oeuvrera à une meileure répartition des richesses. Pour cela d’autres leviers doivent être mis en oeuvre, comme la fiscalité directe.

    Evidemment, on peut se demander si l’indexation est vraiment menacée dans l’immédiat, tant cette problématique est sensible : une remise en cause pourrait déboucher sur des mouvements sociaux de grande ampleur.

    Même s’il ne faut jamais sous-estimer une menace.

    La manoeuvre est peut-être ailleurs : utiliser ce débat autour de l’index pour mettre la pression sur les syndicats en vue des prochaines négociations salariales (AIP) : le deal serait alors le suivant : OK, on vous "laisse" votre sacro-saint système d’indexation (d’ailleurs passablement démonétisé avec l’ "index santé") mais en échange pas question d’encore accorder la moindre augmentation salariale...

    Nous avons déjà eu un avant goût de ce type de marché de dupes avec les accords all-in...

    La rentrée sociale devrait être chaude !

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  • Didier Reynders nous prend pour des cons... Voilà une évidence que seuls les schtroumphs démentiront encore... Mais qui se plaint ? Qui ose le critiquer ouvertement ? On dirait dans ce pays que dès qu’il y a une affaire touchant le MR (et dieu sait si on en a connu), on la minimise ou on la cache ! N’oublions jamais que si la justice avant fait son boulot en 1999, ce cher didier ne serait plus en politique aujourd’hui ! Et cela, personne n’ose le lui rappeler de temps à autre...

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  • Ce 13 novembre 2008, Monsieur Reynders était interrogé sur l’antenne de Bel RTL à propos des accusations portées contre l’administration fiscale. Accusations d’inefficacité à combattre la fraude. Il a répondu, sans rire, qu’on ne pouvait pas accuser d’inefficacité une administration qui collectait plus de 40 % du PNB (Produit national brut). Sa réponse n’a pas de sens. En effet, il s’agit de 40 % des revenus déclarés. Le montant des revenus réels (déclarés et cachés) n’est évidemment pas connu et n’est pas donc pas pris en compte dans son calcul.

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