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Jörg Haider : l’insupportable hommage du social-démocrate Heinz Fischer

11 octobre 2008 - 15:39


L’homme toujours bronzé qui s’est tué au volant de sa voiture de luxe en roulant à une vitesse excessive ce samedi n’était pas un leader populiste [1] ainsi que le clament à foison les médias dominants. Il était un dirigeant politique raciste et xénophobe, fils d’un nazi de la première heure et lui-même issu d’un parti, le FPÖ, fondé par d’anciens nazis.

Celui qui se fit connaître dans les années 1990 par ses « dérapages » pro-nazis (En 1991, Haider du renoncer à son poste de gouverneur de Carinthie après avoir fait l’éloge de la politique de l’emploi du IIIe Reich. En 1995, il récidiva en qualifiant la Waffen-SS de "partie de l’armée allemande à laquelle il faut rendre honneur".) et antisémites (Il déclara notamment au Parlement de Vienne que les camps de concentration nazis n’étaient que des "camps disciplinaires".), s’est ensuite rendu populaire par sa virulence contre les Slaves, qui se traduisit notamment dans sa province de Carinthie par son opposition aux écoles slovènes et aux panneaux routiers bilingues. Ce n’est pas un hasard si Filip Dewinter, le leader du Vlaams Belang, lui rend aujourd’hui un vibrant hommage.

Jörg Haider aura été un symbole de la résurgence de l’extrême droite que connait toute l’Europe. Il y eut en 1984 l’arrivée du Front national de Jean-Marie Le Pen au Parlement européen, puis l’Allemagne avec les Republikaners, la Belgique avec le Vlaams Block (1989), la Russie avec le Parti libéral-démocrate (1993), l’Italie où cinq ministres néo-fascistes entrèrent au gouvernement de Silvio Berlusconi (1994), la Norvège avec la percée du Parti du progrès (1997), l’Autriche avec l’entrée du FPÖ de Haider au gouvernement (2000), le Danemark avec le retour du Parti du peuple (en 2001) ou encore les Pays-Bas avec le succès de la liste Pim Fortuyn (2002).

En quelques années la plupart de ces partis xénophobes ont pu surfer sur la lâcheté et l’électoralisme amoral de nombreux politiques près à tous les silences et à toutes les compromissions afin de se maintenir au pouvoir. Ils se sont infiltrés toujours davantage au cœur de l’Europe. À Vienne, en 2000, l’entrée du FPÖ au gouvernement avec les conservateurs de Wolfgang Schüssel avait soulevé l’indignation de tous et quatorze États membres de l’Union (sur quinze) prononcèrent des sanctions unilatérales contre l’Autriche. Elles furent levées, quasi immédiatement (le 8 septembre 2000), après qu’une commission de « sages » eut établi que, si le FPÖ était « un parti extrémiste encourageant les sentiments de xénophobie », les ministres du FPÖ s’étaient montrés « respectueux des valeurs communes européennes ». Une honte, mais aussi un symbole de la politique de compromission en vigueur dans nos pays.

Ces dernières années, Haider, comme d’autres leaders néo-nazis, avait policé son discours mais il n’avait rien renié de son passé ni de ses pratiques xénophobes. Ainsi, s’était-il encore fait admonester la semaine dernière par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) pour avoir exilé des demandeurs d’asile dans un centre isolé au milieu des alpages.

Il est révélateur autant que révoltant d’entendre le président de la République autrichienne, le social-démocrate (SPÖ) Heinz Fischer, saluer ce jour la mémoire « d’un homme politique de grand talent capable de soulever l’enthousiasme (...) ». Ce crachat à la figure de toutes les victimes du nazisme constitue à nouveau un exemple de la lamentable guenille idéologique qu’est aujourd’hui devenue l’internationale (avec un tout petit "i") socialiste (avec un microscopique "s").

Notes

[1] Le populisme désigne un courant politique, critiquant les élites et prônant le recours au peuple (d’où son nom), s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique (Source Wikipedia)

4 Messages de forum

  • Je crois que tu exageres un peu. C´est que quelques moments qu´il est parti, alors laisse-le tranquille et calme-toi. Il ne dira plus rien, tu peut etre content.

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  • Gah ! Apparemment ça n’a aucune importance que des personnes mettent du vernis sur des monstres. Oui, rappelons-nous de Haider, de l’homme merveilleux qu’il était. Il aurait nettoyé l’Europe des Juifs, s’il en avait eu la possibilité. Mais faisons un hommage quand même.

    Car après tout, maintenant que Haider est mort, c’est fini l’extrême-droite en Europe. Alors on peut bien normaliser les nazis avec des hommages inacceptables.

    Oui oui.


    Et après on s’étonne du retour de l’extrême droite, avec des mous comme l’auteur du commentaire précédent.

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  • d’accord il faut en finir avec cette racaille de l’extreme droite

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  • Les hommages ont afflué de partout, normal ! Le nazisme est le modèle de référence, certes négatif, de la démocratie capitaliste européenne. Se traiter de nazi est d’ailleurs un sport national en France. Comme si c’était le moyen par excellence de se définir politiquement. Je n’appelle pas ça réfléchir politiquement, mais obéir idéologiquement. La preuve de l’absence de toute alternative à la démocratie capitaliste. L’article qui suit essaie de réfléchir sur cette question, à partir des principales réactions, autour de la crise économique, crise de nature financière et bancaire, certes, mais crise de l’économie capitaliste dans son ensemble.

    Comment le social-démocrate danse avec le loup ?

    Promis, juré, craché, on ne les y reprendra plus ! Ils vont prendre les mesures que les circonstances imposent. Faire que la crise bancaire ne devienne pas une crise économique. Ouf ! Ce n’est pas le capitalisme qui est en cause, mais la psychologie des traders. L’affaire de la Caisse d’Epargne, en pleine Bérézina boursière, l’illustre a fortiori. C’est le travers psychologique des traders, ils ne comprennent pas le monde dans lequel pourtant ils vivent. Atteints d’Euphorie galopante, ces « possédés » d’un nouveau type persévèrent dans l’erreur. Pour gagner plus, ils jouent plus, n’ayant au fond rien à perdre. Car leurs pertes, à la sauce financière, sont aussi des gains. Sauf que jouer à perdre, ce n’est pas exactement ce que le libre gouvernement français, présidant à cet effondrement, leur soufflait auparavant. C’était plutôt gagner à jouer le jeu. La donation en capital a bien quelque part à l’impuissance économique des états, comme leur volonté politique affichée est un aveu de culpabilité déguisée en esprit de responsabilité. Mais c’est bien la dernière fois que ça arrive ce dérèglement. Dans leur sagesse extrême, les + + qui gouvernent, au fond, des analphabètes de la vie sociale, les économistes à somme nulle, les journalistes en ragots politiques, les sociologues des ménages et de la ménagère et leurs confrères psychologues de la main au panier, ainsi que les petits, moyens et grands patrons à responsabilité nulle et non advenue quant aux chiffres du chômage réel, c’est la loi du marché, pas la leur, bref tous les agents somnambules de l’état capitaliste qui sont loin de n’être que fonctionnaires, sauf pour les imbéciles qui veulent que l’état soit la roue de secours de leur barque à la dérive, ont bien compris que ça allait mal et qu’on ne pouvait pas continuer comme ça, surtout sans rien faire. Il faut que ça change. C’est l’heure de l’état-évidence. Ce changement annoncé avec une grave gravité en voici le maître-mot : continuons la réforme par d’autres moyens.

    La sagesse, et la leur, davantage encore, est, en effet, toujours à l’article de la mort. Elle repose sur les épaules de la génération suivante, avec le même sacré culot dont est coulé l’homme éternel qui siège, symboliquement, il va de soi, à la droite du capital. Mais, comme disent les démocrates modernes, il y a pire ! LE PIRE ! Le retour de la même tyrannie. Éternelle, elle aussi. Et, dans cette optique, en forme de double vue, nul doute, qu’ils sont les meilleurs. Si la Grèce, dont la démocratie claque dans les siècles comme le fouet sur le dos de l’esclave, avait, dit-on, sept sages, l’économie politique en a, pour sa part, autant que la justice compte de mouches. Ces temps-ci, on les voit défiler à la barre, en leur qualité d’avocat du Mal. Ces gens-là côtoient l’enfer, comme nous, l’envie de rien faire, sans pouvoir le faire ou en étant forcé de le faire. Et entre les voyous et nous, la différence est mince puisque parlant d’eux, les voyous, qui leur servent de référence, il parlent de nous. Michel Rocard, l’un des vieux renards miteux, appartenant à la gauche du marché, est donc venu nous dire que tout compte fait, jusque là, ça va ! Sa vie et sa carrière sont réussies. Et si la politique officielle pour lui, c’est fini, son combat, pour l’intelligence social-démocrate, continue. On est ravi pour lui. Bien sûr tout n’est pas parfait. Si l’essentiel a été fait, sauver l’économie, du côté de Sainte-Mise-en-valeur-des-pauvres, beaucoup reste à faire. Mais si le gouvernement des hyperactifs veut conserver le peu de crédit qui lui reste, en matière de justice sociale, il ferait bien d’écouter le message capté par son oreille gauche, à propos des sifflements gênants et autres idées parasites. Il n’en dira pas plus pour le moment, afin de ne pas gêner ladite action. Par contre, il est littéralement horrifié à l’idée que dans son propre parti, il se trouve une gauche à gauche. "On voudrait rebâtir le goulag et les camps de concentration qu’on ne s’y prendrait pas autrement". En France, Hitler reste un modèle de premier plan, pour dénoncer le communisme. Simplement dans la version intelligente, social-démocrate, on danse avec le loup nazi, tout en étant contre, pour mieux le baiser. Voir Venise et mourir. C’est ce qu’on appelle la real-politik dont voici, en la circonstance, le sens historique : une haine formidablement bienveillante à l’encontre du prolétariat qui tend à déranger tous les plans B de tous les politiciens capitalistes de tous poils et vient perturber par son action non souhaitée et l’esprit d’entreprise et l’économie nationale : deux grandes réussites françaises, comme tout le monde le constate. Et nous aussi, mais à notre façon séparée de l’ennemi de classe. Par goût du bruit médiatique et de la fureur criminelle, à ce qu’on dit.

    comment le social-démocrate danse avec le loup ?

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