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Titres-services : les domestiques des temps "modernes"

24 octobre 2008 - 14:05


Le manque d’imagination de certains publicitaires fait qu’ils ne perçoivent même pas le double sens de certains noms. En voici un joli exemple déniché à Liège.

Pourquoi il convient de s’opposer aux titres-services :

- La FGTB condamne la modification de la législation sur le travail permettant, dans le cadre des titres-services, de ne plus respecter ni au moins le tiers temps, ni les prestations d’au moins trois heures consécutives, le tout sans négociations syndicales et à charge de la " sécurité sociale ". (Communiqué de presse du 3 décembre 2003 de la FGTB)

- Actuellement, les représentants de la « puissance publique » aiment vanter les mérites des partenariats public-privé. Pourtant, ceux-ci consistent souvent en un financement détourné d’acteurs privés. Un exemple marquant est celui des « titres services ». L’usager paie 6,2 euros par titre, la Région 13 euros et le travailleur touche 10 euros. La différence finance une entreprise d’intérim privée à qui l’on confie la gestion de ces emplois de service. Pourquoi ne pas directement créer de l’emploi public ? (Extrait du texte Pour un renouveau du service public écrit par le collectif le Ressort)

- Le partenaire privé privilégié pour les "titres services", c’est Sodexho, la multinationale leader mondial de la restauration collective. Celle-ci s’est notamment spécialisée dans le "marché des prisons" privées (aux Etats-Unis, en Australie et en Angleterre) [1]. S’enrichir sur le dos des prisonniers, des demandeurs d’asile et des précaires, c’est le projet réjouissant de Sodexho qui s’est également chargée du ravaitaillement des troupes US lors de la guerre du Golfe. Autre témoignage des pratiques de ce pur produit du capitalisme rapace, Sodexho qui avait obtenu le contrat pour la restauration aux jeux olympiques de Sydney s’était fait épingler car elle employait des jeunes vendeurs de glaces et de confiserie (à partir de 14 ans) qu’elle payait deux fois moins que le minimum légal (qui n’est déjà pas mirobolant en Australie). Il n’est pas de petit profit.

Il ne s’agit pas de créer des demi-boulots qui enrichissent les poches de multinationales peu scrupuleuses, mais de vrais boulots 100% publics ! Les "tritres services" sont un révélateur extraordinaire de l’abandon idéologique de la social-démocratie.

Notes

[1] Subtil le PDG de Sodexho Pierre Bellon a délaré : "J’ai travaillé dans l’hôtellerie, mais avec les prisons, je suis sûr d’avoir un taux d’occupation de 100%".

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