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7 novembre 2008 - 15:33 - #alternatives - #anticapitalisme - #politique
En France, c’est la motion de Ségolène Royal proposant des alliances avec les centristes du MoDem et s’appuyant sur le Traité de Lisbonne qui a remporté le plus de suffrages auprès des militants du PS.
Le Sénateur Jean-Luc Mélenchon dont les lecteurs de ce blog savent combien j’apprécie la verve et les analyses en a (enfin) tiré avec courage les conclusions qui s’imposaient. Il a annoncé ce jour qu’il quittait le PS. Après Oskar Lafontaine en Allemagne, c’est un second "poids-lourd" européen qui décide de rompre avec la social-démocratie et ses dérives droitières.
Il faut que cette décision soit contagieuse, en France et ailleurs en Europe. Elle doit également inspirer les amis écologistes clairement de gauche. Elle doit ouvrir le champ de la recomposition de la gauche de gauche sur une base rouge-verte claire s’appuyant sur une opposition frontale au capitalisme dont l’expression la plus agressive ce jour est l’ultralibéralisme (qui n’est pas "néo" mais bien "archéo").
En Belgique aussi, le défi des prochains mois (si l’on est optimiste) ou années sera d’ouvrir des brèches en s’appuyant sur les renoncements de la social-démocratie pour que naisse la force qui manque à gauche. Privatisation de la Poste, cadeaux inacceptables aux banques, fiscalité inique, vie chère et précarisation d’une part croissante de la population, attaques contre les retraites et les soins de santé, chasse aux chômeurs,… Les sujets de mobilisation ne manquent pas !
On perçoit déjà des frémissements, comme ICI et ICI. Syndicalistes combattifs, militants marxistes, écologistes radicaux et socialistes "de gauche" en rupture avec le PS doivent s’unir dans un bloc militant à portée électorale (mais pas uniquement) véritablement à gauche.
Entre la défense (et la promotion) des services publics, le refus des libéralisations, le muselage de la finance (retour à la valeur d’usage), la prise en compte à leur juste mesure des enjeux écologiques (pas seulement le climat mais tout l’ensemble des conséquences du productivisme capitaliste), il y a devant nous un chantier énorme, une voie laissée béante par des sociaux-démocrates partis courir comme des lapins survitaminés derrière les centristes et autres adaptes du marché à tout va.
Chacun doit pouvoir, dans l’unité, conserver ses spécificités, ses références idéologiques. Cependant, on aura bien le temps de discuter plus tard pour savoir si une Europe qui s’appuie sur les services publics, fait reculer significativement le marché et le capital aux profit des peuples et s’oppose au principe de la concurrence libre et non faussée est réformée ou transformée. Sincèrement, au stade où nous en sommes, on s’en balance farouchement. Combien d’énergie déjà dépensée en divisions démobilisantes sur des thèmes aussi baroques que le capitalisme d’Etat et le socialisme dégénéré en URSS. Les spécificités et stratégies politiques ne sont pas à négliger mais elles ne sont plus la priorité. Nous sommes face à un rouleau compresseur libéral et malheureusement, on retrouve souvent au volant des sociaux-démocrates. Il y a urgence à sauver la planète, urgence à imposer l’équité sociale.
Exactement comme cela se déroule en Amérique Latine, nous apprendrons et évoluerons « en marchant ».
Nous n’avons pas besoin en premier de grandes théories mais d’une logique d’opposition claire au capitalisme et de victoires à portée de main pour inverser la tendance.
Au travail camarades !
A Lire Le temps de la rupture et de la recomposition (Motion du VIIIème congrès du PC W-B)
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