| ‹‹ Energie fissile, lobbying facile | NATO GAME OVER : Le samedi 21 mars 2009, nous fermons l’OTAN ›› |
20 février 2009 - 16:27
Resté silencieux ces derniers mois afin de laisser aux initiatives unitaires toutes leurs chances, je diffuse aujourd’hui une première réaction concernant l’échec partiel des tentatives unitaires pour les élections du 7 juin prochain.
Constat d’échec : la parole et les actes
La LCR-B (alliée désormais au MAS rebaptisé PSL, et ce uniquement pour le scrutin européen et pour le collège francophone) a malheureusement décidé de rejeter la proposition unitaire formulée par une série de personnalités d’UAG à la suite des rencontres initiées par le Parti Communiste Wallonie-Bruxelles durant le mois de janvier, une offre unitaire acceptée par le PC W-B ainsi que par le PH et l’UCB.
Le très confidentiel CAP (désormais sans le MAS) a également rejeté cette offre et a lui conclu un accord avec Roberto D’Orazio. Le nom de la liste « CAP-D’ORAZIO » est malheureusement à lui seul révélateur de l’optique « personnificatrice » à outrance de cette initiative. Au-delà de ma sympathie pour le combat mené il y a 10 ans par Roberto D’Orazio, j’ai beaucoup de mal à comprendre cette stratégie, aux antipodes de l’idée que je me fais du front de gauche pluriel que nous avons à bâtir.
Enfin, malgré une mue idéologique certaine et des discussions constructives dans certaines régions, le PTB a décidé également d’aller seul aux élections.
Pour sa part, le PC W-B, allié à une série de petites formations progressistes et de personnalités de la gauche de gauche, élabore actuellement des listes ouvertes. Il a travaillé avec les autres partis membres du Parti de la Gauche Européenne à une plateforme commune et finalise actuellement son programme régional.
Alors même que la logique capitaliste craque de toutes parts, la dispersion de la gauche anticapitaliste qui s’annonce est infiniment regrettable. Le PC W-B, en pleine réorganisation après son congrès de l’automne 2008, porte sans doute une part de responsabilité dans l’échec actuel mais il est assurément la formation qui s’est montrée la plus ouverte et la plus disposée à faire des concessions pour une initiative unitaire. Las, il n’en n’est pas de même de toutes les formations (même s’il est des « unitaristes » et des « séparatistes » dans tous les partis). Force est de constater à nouveau le grand écart de certaines formations entre les déclarations unitaires et la réalité de terrain où le sectarisme stérile le dispute malheureusement à la surenchère dogmatique.
Force est de constater encore, et ceci pourrait changer, la faible réactivité des « indépendants » peu enclins à investir les lieux pluriels mis en place (tel UAG) et à servir notamment d’huile entre les diverses formations politiques, l’absence de rupture dans les rangs sociaux-démocrates et écologistes (même si l’on sait plusieurs personnalités en rupture idéologique), ainsi que l’attentisme de nombreux dirigeants syndicaux qui, proches de notre programme et déçus des renoncements du PS, ne souhaitent cependant pas (encore ?) laisser la proie pour l’ombre tant que la gauche de gauche ne met pas sur pied une alternative crédible capable d’amener des élus, et donc des relais politiques.
La tentation médiatique de la gauche de gauche
Dans le contexte individualiste actuel, gagner des militants sur le terrain n’est pas (plus) chose facile même si la crise actuelle amène un certain nombre de citoyens à se poser des questions. Nous le constatons au PC W-B en faisant depuis plus d’un an beaucoup de nouveaux membres.
Nouveauté, on constate dès lors de plus en plus de la part de certaines petites formations des stratégies qui ne sont plus axées sur le travail de terrain et la réalité de l’ancrage militant des forces politiques existantes (essentiellement PTB et PC en Wallonie) mais sur l’impact médiatique (présumé et/ou espéré). Le cas Besancenot fait école. Le facteur, au demeurant plutôt correct sur nombre de ses analyses, se mure aujourd’hui avec sa nouvelle formation, dans une optique extrêmement sectaire refusant sous des motifs qui semblent assez fallacieux l’offre d‘un Front de Gauche formulée par le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et le Parti Communiste Français, et susceptible de renverser le rapport de force au sein de la gauche. Olivier Besancenot ne peut pas s’appuyer sur une structure militante massive (entre 5.000 et 9.000 membres, soit un peu plus que le PG mais bien moins que les 100.000 membres du PCF) mais bien sur une couverture médiatique très importante et (en conséquence ?) sur des sondages flatteurs (pas loin de 10%). Pour un marxiste (conscient de l’importance vitale d’une assise militante populaire large) et un observateur critique des médias (pour l’essentiel dominés par une logique marchande et par l’idéologie dominante), ce fonctionnement pose question. Que se passera-t-il quand les médias et le pouvoir décideront d’en finir avec Besancenot ? Quel outil militant sera derrière lui pour briser la dynamique de lynchage médiatique ? Laguiller, Bové,… Il y a en a eu d’autres avant lui. Ceci conduit certains à se poser des questions sur l’intérêt réel des mass-médias (et même du pouvoir en place) pour le NPA. On pourrait se réjouir que le NPA serve à gauchir et à verdir le PCF (qui en a besoin) … on pourrait se dire que ce concurrent est légitime pour les socialos et leurs mille renoncements … mais s’il s’agit de gonfler artificiellement la visibilité d’une formation qui se confine dans une optique d’opposition stérile et de couper ainsi toute possibilité d’un front anticapitaliste large avec une véritable assise populaire et une volonté de gouverner (autrement of course) …
Or, force est de constater que certains en Belgique lorgneraient volontiers sur un même type de configuration politique, formule qui si elle peut être efficace à court terme, me semble mortifère pour une véritable alternative. On doit unifier par la base, pas par sondages et coups médiatiques interposés.
Opposition frontale au Parti de la Gauche Européenne.
Chez nous, un élément qui a cristallisé l’opposition de la LCR aux propositions unitaires qui lui furent faites est le Parti de la Gauche Européenne. Alors que les discussions afin d’arriver à la formation d’une liste unitaire se tenaient, la LCR a par exemple diffusé via son site internet (Voir : http://www.lcr-lagauche.be) un long texte consacré à la plateforme électorale du PGE.
Autant on admettrait volontiers une lecture critique relevant certaines faiblesses et/ou manques dans cette plateforme - c’est d’ailleurs conscient qu’un texte adopté au consensus entre 30 partis ne pouvait s’avérer totalement satisfaisant que le PGE laisse à chaque organisation dans son pays et au vue de sa stratégie électorale le soin de compléter le programme commun - autant l’analyse fournie par la LCR, outre qu’elle a été diffusée au moment le plus inopportun, est à ce point élaborée de façon partisane qu’elle perd l’essentiel de sa crédibilité. On y retrouve par exemple une série de procédés d’analyse difficilement compréhensibles pour initier un débat d’idées serein comme le mensonge par omission, l’interprétation à charge de tout ce qui ne se trouve pas dans le (déjà fort long) document, la minimisation des points d’accord, la surenchère systématique et surtout une longue série de contre-vérités. On reste également interloqués par l’attitude qui consiste à diffuser un tel document au moment même où l’unité est recherchée.
De manière générale, on reste interloqué devant cette attitude qui consiste à dépenser plus d’énergie pour combattre la gauche de gauche que pour faire front face au raz-de-marée libéral qui recouvre aujourd’hui tout sur son passage, détruisant une à une les conquêtes sociales du mouvement ouvrier.
Bien que conscients de la difficulté de cet exercice, nous préférons pour notre part au PC W-B opter résolument pour une véritable logique d’ouverture et de rassemblement de la gauche de gauche. Nous ne considérons pas que la défense et la promotion des services publics, le combat pour la paix (dissolution de l’OTAN, opposition à une armée européenne, résolution du conflit israélo-palestinien,…), la renationalisation d’une série de secteurs essentiels (énergies, banques,…), une fiscalité juste (notamment du capital) ou encore une écologie ancrée dans une logique de justice sociale soit portion congrue et qu’il faille en priorité ergoter ou jouer la surenchère sur des conceptions stratégiques bien théoriques au regard des rapports de force actuels.
Nous pouvons avoir, seuls, raison très longtemps encore. Au regard de l’évolution actuelle du monde et de l’accélération des processus écologiquement et socialement mortifères, l’histoire nous donnera assurément tort.
Afin de recadrer le débat et de dégonfler certaines baudruches plus utiles à la division stérile qu’au véritable échange de points de vue, voici quelques réponses sur le fond au texte de la LCR
Le PGE, son histoire, ses composantes
Afin d’entériner l’idée que le PGE ne serait comme forme d’ersatz de la social-démocratie, la LCR donne de sa création une version totalement biaisée.
La véritable genèse du PGE remonte à 1999 et non à 2004. Il est par ailleurs faux d’affirmer que ce serait l’œuvre essentiellement du PRC. Il s’agit d’un processus collectif et si l’on devait mettre en avant un acteur ce serait bien d’avantage SYNASPISMOS (« Coalition de la Gauche, des mouvements et de l’Ecologie » en Grèce) qui donna en mars 2003 un coup d’accélérateur décisif au processus en cours (Détails).
Le PGE, c’est aujourd’hui 30 partis et 400.000 membres issus de divers courant de pensée (et pas seulement des communistes ainsi que l’affirme erronément le texte de la LCR) qui ont décidé de s’unir afin de faire front dans le combat parlementaire comme dans la lutte sociale de terrain (dimensions distinctes du combat à mener mais toutefois intimement liées). Si le PGE ne regroupe pas « toute » la gauche de gauche, il en regroupe en tout cas la plus grande part dans le respect de la diversité. Parler d’élargissement « limité » est dès lors erroné. Les portes du PGE sont ouvertes à la diversité, en témoigne la récente adhésion de UAG en tant que membre observateur.
Si cette force d’union n’est pas un instrument parfait, elle a pour le moins l’immense mérite d’exister et de proposer des alternatives communes concrètes plutôt que de s’enfermer dans des postures idéologiques stérilisantes.
Contrairement à l’idée véhiculée dans le texte de la LCR, le PGE est clair sur ses bases idéologiques et notamment sont opposition au capitalisme. On peut ainsi lire dans un de ses textes fondateurs : “ The European Left is critical of capitalism : It is anti-capitalist and aims at a transformation of societies beyond the rule of capitalism”. Le PGE est également clair sur le fait qu’il ne se limite pas à un combat parlementaire dans le cadre de la démocratie bourgeoise existante, proclamant notamment : “ Politics is a part of movements and it forms parties ; the parties act in parliaments and in governments, in initiatives and in extra-parliamentary protests ; it is counter-power and a designing force.”
Force est de constater que si le document proposé par le PGE a des lacunes, il n’en existe pas d’autre à ce jour au niveau européen pour la gauche de gauche. N’est-ce pas là un constat fondamental autant qu’interpellant ?
Nous ne sommes pas opposés à la GACE (Gauche AntiCapitaliste Européenne) à laquelle se réfère la LCR. Le terme anticapitalisme ne nous fait par peur. Nous sommes opposés au capitalisme (qui effectivement peut recouvrir diverses dimensions). Mais nous estimons qu’être « anti », si c’est une base d’analyse utile, cela ne constitue pas un programme politique. Avec le PGE, nous tentons de refonder une grille d’analyse pour la gauche de gauche qui prenne en compte la réalité européenne ainsi que la diversité des organisations politiques en résistance face à la logique capitaliste (verts radicaux, partis communistes, blocs anticapitalistes, alliances de gauche plurielles de type Die Linke, mouvements sociaux,…).
Concernant la GACE, outre un étonnant état de léthargie – en témoigne leur site internet (Voir : http://www.anticapitalistleft.org/i...) -, force est de constater que ce regroupement est aujourd’hui quasi exclusivement constitué de partis trotskystes dont une majorité avec une assise sociale relativement marginale. Il semble même le Bloco n’est plus que membre observateur (Voir ICI) alors qu’il a décidé de devenir membre à part entière du PGE). Cette faible diversité idéologique n’est pas une « tare » rédhibitoire mais n’est pas non plus le gage d’un enracinement dans la réalité de ce siècle, une réalité qui impose sans renier ses filiations idéologiques de les dépasser réellement afin de refonder avec radicalité mais sans sectarisme un véritable socialisme pluriel du XXIème siècle. Ce dépassement, ce ne peut pas être une quatrième internationale européenne ni un processus de clonage qui viserait à vouloir imposer l’expérience NPA à tous.
La question de l’UE
Le PGE se propose de refonder l’Europe, c’est-à-dire de partir de la réalité difficilement contestable des institutions actuelles pour bâtir une autre Europe. La LCR s’interroge ingénument et se demande s’il « s’agit d’une Europe qui reste dominée par la loi du profit ou qui cherche résolument à en sortir ? ». Comment ne pas éprouver de la colère face à une telle provocation au regard de l’histoire de lutte sociale qui fonde l’existence même des partis membres du PGE ?
Il est un fait que la majorité des législations régressives adoptées par les Etats nations émanent aujourd’hui de l’UE. La nature anti-démocratique des institutions européennes est évidemment en cause. La LCR semble un peu oublier que la réalité idéologique des élus européens (qui est la transposition directe de celles des élus nationaux) l’est également. On sacralise d’un côté des Etats nationaux où la lutte sociale permet d’obtenir des conquêtes (on en attend depuis un moment !) et nie d’un autre la possibilité de gagner de tels combats au niveau européen. Nous estimons que c’est une posture dogmatique. Face à la mondialisation des rapports économiques – qui n’est ni souhaitable ni souhaitée mais est bien réelle - qui affaiblit la capacité des Etats-nations de résister aux diktats des multinationales, c’est pourtant une dimension essentielle des luttes à venir. Imposer demain une taxation sévère sur le capital au niveau d’un Etat comme la Belgique perd peu à peu son sens. Le faire à l’échelle de l’Europe en gagne toujours beaucoup plus (pour mémoire 40% des échanges commerciaux des états membres sont intra-européennes)
C’est donc aussi au niveau européen qu’il convient de battre le fer, d’établir dans le Parlement un rapport de force et une tribune pour les luttes sociales, d’imposer une démocratisation profonde et une refonte idéologique. S’organiser dans le cadre institutionnel existant pour résister, cela n’est en rien donner un blanc-seing à ce cadre, à l’UE ou nier la nature bourgeoise des institutions européennes.
Nous ne croyons pas que l’on peut garantir réellement une telle justice sociale « dans le cadre de l’UE actuelle » peut-on lire dans le texte de la LCR. C’est bien pour cela que nous voulons la refonder en partant de la critique des institutions actuelles et de leurs politiques ultralibérales.
La LCR semble dénoncer le fait que le PGE se propose de s’appuyer notamment – pas exclusivement - sur une force parlementaire conséquente pour le faire. Etrange objection surtout lorsque l’on se présente soit même au scrutin européen. Des processus comme ceux initiés en Bolivie en Equateur ou au Venezuela n’ont pas fait autre chose : partir d’une réalité institutionnelle et tenter de la « révolutionner » par la voie démocratique.
Signalons également que, cibler le rôle particulièrement néfaste des USA, et singulièrement de l’administration Bush en matière de politique internationale, comme le fait le PGE, ce n’est pas dédouaner l’UE, mais acter avec réalisme les rouages de la logique militaro-impérialiste à l’œuvre au niveau planétaire aujourd’hui. On peut ne pas aimer l’UE actuelle sans forcément tenter à tout prix de vouloir faire croire qu’elle agit en tout point comme les USA.
Combattre un traité ou combattre les traités
Dans la mesure où ses partis membres ont été profondément engagés dans le combat contre la Constitution Européenne puis contre le Traité de Lisbonne, le PGE axe une partie de son programme sur cette opposition frontale et sur le non respect démocratique que constituent les ratifications en cours. La LCR tire la conclusion pour le moins surprenante que la focalisation sur ce combat serait le signe d’une acceptation des précédents traités (Maastricht, Nice,…). Lorsque l’on connait les combats importants qu’ont mené les formations du PGE contre ces Traités, c’est une interprétation que l’on ne peut qualifier que de calomnieuse.
Le développement durable
La partie consacrée à la critique du pan écologie de la plateforme PGE débute par une attaque en règle du terme de « développement durable ». C’est effectivement (en particulier en français, le « sustainable » anglais étant plus claire) un terme récupéré par beaucoup et mis parfois à toutes les sauces pour justifier une poursuite de la logique productiviste actuelle. Le PC W-B a d’ailleurs consacré un document de son récent congrès à la question du mythe capitaliste de la croissance (Voir ICI).
Plutôt que de traduire ce que nous plaçons dans ce terme au regard du programme qui suit, le document de la LCR préfère se lancer dans d’étranges conjectures sur notre vision écologique. Cette attitude est d’autant plus étonnante que l’on peut constater que le même terme de « développement durable » se trouve dans le « Manifeste anticapitaliste pour une autre Europe » de la GACE (Voir ICI). Ceci ne marque-t-il pas un manque de cohérence ?
Le climat et les chiffres
Alors même que le document du PGE stipule « Les compromis suivants sont un minimum », la LCR se lance dans un jeu de surenchère totalement stérile sur la question des chiffres des réductions d’émissions de CO2. L’essentiel, ainsi que tous les spécialistes l’affirment, est premièrement de fixer les seuils d’émission par rapport à une référence claire (dans le document du PGE on reprend bien la date de référence de 1990) et deuxièmement de fixer des objectifs à moyenne échéance et non uniquement à l’horizon 2050 (ce qui est également le cas). Comme l’a fait le GIEC, il est possible que le PGE renforce un peu les objectifs qu’il annonce mais là n’est pas l’essentiel.
Autre étonnement, l’affirmation, totalement absente du document, que les chiffres annoncés concerneraient les émissions mondiales. Cette plateforme étant européenne, il est clair pour le PGE que les chiffres avancés le sont pour les pays de l’UE et ils ne sont nulle part conditionnés à des chiffres que devraient réaliser d’autres pays (par exemple dans les pays émergents).
Le nucléaire
Un des 30 partis qui composent le PGE est toujours favorable au nucléaire, c’est le PCF ce que la LCR sait pertinemment. Cette question n’est donc pas dans ce document adopté au consensus. Il existe par contre un protocole d’accord pour une déclaration commune de tous les autres partis sur cette question. Quant au PC W-B sa position anti-nucléaire se trouve dans son programme 2007 (Voir ICI)
A nouveau, l’idée sous-jacente que ce débat sur le nucléaire serait une spécificité du PGE est évidemment fausse. Les camarades brésiliens de l’organisation sœur de la LCR qui participait au gouvernement Lula ont pendant de longs mois participé à un gouvernement pro-nucléaire. En France, la LCR a elle conclu un accord électoral avec LO il y a peu de temps alors que ce parti est pro-nucléaire.
Les agro-carburants
Le document de la LCR accuse le PGE de ne pas se positionner sur la question des agro-carburants et pointe cette revendication comme un des trois manquements importants de son volet écologie. Voilà typiquement une critique non fondée formulée par la LCR qui pose question quant au but recherché par le texte proposé par la LCR : analyser ou bien démolir le document proposé sur base d’a priori ?
En page 8 de la plateforme du PGE, on peut lire en toutes lettres : « Nous sommes pour l’interdiction de la transformation de produits agricoles en carburants », une revendication qu’a d’ailleurs porté le PC W-B. Comment peut-on être plus claire ? On est tenté de penser qu’il n’est ici pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
Le plein emploi
Dans le texte de la LCR, on peut lire : « Pas un mot […] sur le droit au plein emploi ». Or en page 4 de la plateforme du PGE, on peut lire « nous voulons une stratégie basée sur les valeurs de solidarité et de coopération, le plein emploi et des relations rationnelles avec la nature. ». Pas un mot ?
La réduction du temps de travail
En parlant de « 40 heures maximum » la plateforme du PGE est effectivement bien trop modeste. Nous porterons nationalement une revendication plus forte. La LCR semble cependant oublier, que travailler 40 heures hebdomadaires constitue une réduction du temps de travail dans de nombreux pays membres (NB : Le P.E. a fait obstacle tout récemment à la volonté du conseil de remonter le maximum actuel de 48 à 65 heures hebdomadaires). Elle oublie également qu’alors que la pression est très forte sur les travailleurs, la priorité n’est pas à la surenchère stérile (35, 32, 28,…) dans les revendications mais bien à un front politique et syndical de résistance.
Par ailleurs, elle omet de signaler deux revendications terriblement importantes reprises dans ce texte : l’indexation automatique sur les prix des pensions et allocations (alors que l’UE souhaite abolir ce mécanisme en Belgique) et le lien entre le revenu minimum légal et le revenu moyen (avec une norme qui placerait toute la population au dessus du seuil de pauvreté).
Les sans-papiers
On peut lire dans l’analyse de la LCR : « Sur les droits des migrants, on doit remarquer tout d’abord l’absence du mot « sans-papiers » alors que ce terme et leurs luttes ont acquis une place essentielle dans le combat démocratique et social en Europe. ». Outre que l’on peut s’étonner de ce fétichisme lexical, que l’on retrouve encore pour un terme comme « abrogation » plutôt qu’ « annulation », il est bon de rappeler que ce terme utilisé beaucoup dans les pays francophones n’est pas celui utilisé internationalement au contraire du terme « migrant ». Pas besoin dès lors de se lancer dans de déplaisantes conjectures. On peut lire encore dans le texte de la LCR : « On exige « un renforcement des droits des migrants », mais sans préciser lesquels. ». Lorsque l’on réclame « une régularisation et un permis de travail valable pour la recherche d’un emploi » comme c’est le cas dans la plateforme du PGE, on ne réclame pas certains droits mais tous, exactement comme pour tout citoyen européen. Ceci explique pourquoi il n’est pas besoin d’énumérer de façon sélective certains droits.
Le féminisme
Le PGE ne parle pas de féminisme, il le pratique. Toutes ses instances sont constituées à parité stricte. Le PGE a également une commission femme qui est extrêmement active et qui analyse et émet des propositions en termes d’égalité homme-femme. Pour ces élections, afin de ne pas allonger de façon exagérée une plateforme qui est déjà fort longue et afin de prendre à sa juste mesure cette importante question, le PGE a (et cela a été fait uniquement pour cette matière ce qui montre l’importance qui lui est accordée) élaboré un document annexe à sa plateforme consacré exclusivement à cette question. (Il est disponible en ligne ICI) On peut y retrouver toutes les revendications évoquées par la LCR (salaire égal, droit à l’avortement, lutte contre les violences faites aux femmes,…) ainsi que bien d’autres qu’elle a oublié de mentionner. On se passerait dès lors volontiers des allusions sans fondement liées au fait que la plateforme PGE pointe spécifiquement les conséquences désastreuses pour les femmes et les plus jeunes (notamment dans le sud de l’Europe) de la PAC.
Politique de sécurité versus politique de défense
Contrairement à ce que semble suggérer l’analyse de la LCR en affirmant que le PGE prônerait sans le dire des « structures militaires européennes », le PGE est très clair sur la question d’une armée européenne. Nous n’en voulons pas ! Et lorsque nous parlons d’une politique de sécurité, nous exprimons clairement de quoi il s’agit contrairement à ce qui est suggéré. En page 7, on peut lire « Nous considérons que la guerre et la militarisation ne sont pas des instruments politiques et nous voulons une politique de paix qui garantisse la sécurité pour tous » ainsi que « Plus que jamais, la sécurité en Europe doit être fondée sur les principes de défense de la paix, de la sécurité et du désarmement et l’impossibilité structurelle de perpétrer des agressions ». A nouveau, ceci semble limpide et on a du mal à comprendre certaines supputations.
Le cas d’Israël
Dans sa critique, la LCR oublie que cette plateforme a été rédigée et votée avant la guerre de Gaza et avant le rehaussement des relations Israël-UE. Chronologiquement, le reproche formulé, ne pas reprendre ces éléments, est donc sans fondement. Si elle souhaite connaître la position du PGE, la LCR peut consulter le communiqué sur cette guerre d’agression qu’a publié le PGE (Voir ICI) et dans lequel on peut lire notamment que le PGE demande que l’UE ne s’en tienne pas aux parole mais exige la cessation immédiate de l’accord entre l’UE et Israël. C’est d’ailleurs le combat que les parlementaires de la GUE/NGL ont porté avec force.
Le rapport à la social-démocratie
Lorsque l’on refuse le plus souvent de se frotter à l’exercice du pouvoir et se place en situation de contestation de fait, il est toujours aisé d’analyser a posteriori les échecs. Si nous avons des analyses critiques à formuler sur la manière de bâtir une alternative pour la gauche de gauche - on en retrouvera un certain nombre dans nos thèses de congrès - nous nous gardons bien de succomber aux sentences moralisatrices et donneuses de leçon. D’abord parce que les échecs subis par notre propre formation nous invitent à la modestie ainsi qu’ils devraient le faire pour la LCR. Ensuite, parce que nous savons qu’il n’est pas de solution miracle mais bien des combats et des circonstances historiques pour pouvoir les mener à bien. Enfin, parce qu’il est bien hasardeux de juger avec la finesse souhaitable à plus de 1000 kilomètres de distance la réalité politique complexe d’autres formations. Par exemple, les résultats électoraux en attestent a posteriori, PRC a fait un choix mortifère et c’est toute la gauche de gauche italienne qui en paie le prix. Cependant, plongés dans la même situation, confrontés à la possibilité du retour au pouvoir d’un leader de la droite extrême comme Silvio Berlusconi, qu’aurions-nous fait ? La réponse est, nous le pensons, complexe.
La question du rapport des forces anticapitalistes à la gauche dans son ensemble, celle des risques liés à la formation de fronts, ou encore celle de la possibilité d’entamer des réformes réellement transformatrices dans le cadre de la société capitaliste (comme c’est le cas aujourd’hui en Amérique latine) est compliquée. Nous l’avons traitée succinctement en congrès (Voir ICI). Elle mérite un débat serein et constructif plutôt que des sentences lapidaires.
Il est faux également de prétendre que cette question du rapport à la social-démocratie serait l’apanage du PGE et ne toucherait pas, par exemple, l’internationale trotskyste dont est membre la LCR. Au Brésil par exemple, l’organisation sœur de la LCR a elle-aussi été confrontée et durement secouée par cette réalité. En Italie, l’aile trotskyste du PRC a participé, certes de façon critique, à l’alliance avec le très libéral Romano Prodi et n’a rompu avec celle-ci qu’à la veille des élections. Tâchons donc de placer la solidarité de la gauche de gauche avant les guerres de chapelles.
Au PGE, l’immense majorité sinon la totalité des partis est bien consciente aujourd’hui qu’il est suicidaire de se contenter d’un rôle d’aiguillon de la gauche social-démocrate ou verte. Contrairement à ce qui est suggéré dans le texte de la LCR, la condamnation par le PGE de la politique social-démocrate (au niveau européen comme dans les partis nationaux) est sans ambages.
Cependant il est vrai que nous ne perdons pas de vue que notre adversaire principal c’est la droite et malheureusement toujours davantage une droite extrême et nationaliste qui pousse sur le terreau des injustices capitalistes. En ce sens, sans perdre notre identité et sans renier la société à laquelle nous aspirons (socialiste pour la plupart des partis membres du PGE), trouver des formes de dialogue et sur certains combats de front avec toute la gauche nous semble important.
NB : La plateforme du PGE a été élaborée, discutée et enrichie collectivement. Le PC W-B a participé activement – dans la limite de ses moyens humains – à cet ouvrage collectif. Dans un souci de transparence et de foisonnement démocratique, un texte martyr a été mis en ligne sur divers sites internet. Une traduction d’une version non définitive a également été diffusée par le journal L’Humanité. Il est bien clair que la seule version qui fasse sens à ce jour est celle qui a été adoptée à Berlin le 29 novembre 2008 et qui se trouve en version anglaise (et récemment française) sur le site du PGE. Le PC W-B a également réalisé une traduction de cette plateforme qu’il a placée sur son site internet.
| ‹‹ Energie fissile, lobbying facile | NATO GAME OVER : Le samedi 21 mars 2009, nous fermons l’OTAN ›› |
L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...
Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.
Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?