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Affichage électoral privé : pas uniquement des militants convaincus

Par Pierre Eyben

12 octobre 2006 - 12:03


J’ai trouvé une perle dans le Soir du 9 octobre. Dans un petit article de bas de page de Philippe Bodeux intitulé « Un premier rendez-vous manqué avec la démocratie », trois jeunes filles qui étaient convoquées en tant qu’assesseuses pour la première fois ce 8 octobre sont interviewées. Parmi, celles-ci se trouve une dénommée Axelle dont le témoignage a du passer subrepticement entre les mailles du filet de la grande faucheuse du journal. Que dit-elle ? « Quand je vois comment mes copines ont eu des facilités pour avoir un logement social avant les élections en échange d’affiches à coller sur leur fenêtre, j’ai du mal à être passionnée par ce scrutin. »

Je ne veux pas tirer de conclusions définitives ou exclusives de ce témoignage mais il n’est pas unique. Ces dernières semaines, des camarades ont reçu le témoignage direct d’ACS réquisitionnés pour du collage électoral. A chaque fois toutefois, les personnes refusent de fournir les documents compromettants (lorsqu‘ils existent) ou de porter plainte, craignant pour leur futur.

Je me suis baladé beaucoup (entre autre dans les cités sociales) pour distribuer des tracts ces dernières semaines et j’ai été marqué par le nombre fort important d’affiches (quasi exclusivement PS) aux fenêtres [1]. Il est fort logique de retrouver le « peuple de gauche » dans des quartiers populaires mais l’écart entre le racrapotage militant dans les organes du PS (PAC, Ligues,…) que j’ai pu constater à de nombreuses reprises ces dernières années et cette explosion du nombre d’affiches chez des particuliers m’interpelle. Le cas dénoncé par Axelle est peut-être une explication plausible (même si peu réjouissante) pour une part de ce « mystère ».

Notes

[1] En particulier, on retrouvait très classiquement la tête du responsable politique de l’organisme de logement social local sur la fenêtre de ceux-ci. C’est plutôt interpellant

2 Messages de forum

  • J’ai personellement vécu 16 ans dans la cité de Pontisse à Herstal. A chaque élection notre Bourgmestre Jean Namotte passais chez les habitants de la cité. Rien n’obligeais ceux-ci a coller le portrait de notre homme ! Peut-être ! Par contre avant de quitter l’immeuble la meute qui accompagnait l’élu collait a chaque étage des corridors son image. Que je m’empressais d’aller décoller au plus vite car j’estimait que cela était un abu de pouvoir. Raymond

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  • Il y avait déjà eu un commissaire de police de la région liégeoise, mis en cause pour avoir mis un panneau électoral en faveur de Michel Daerden dans son jardin alors que son statut le lui interdit formellement, et qui avait expliqué très simplement que ce n’était pas lui mais son épouse qui affichait ainsi ses penchants (son épouse, c’est vrai a bien le droit d’avoir une opinion et de l’afficher même si elle est mérié à un flic) et qu’elle agissait ainsi "en remerciement pour l’emploi qu’on lui a procuré".

    Cest passé sur les antennes de la RTBF. Aucun commentaire, aucune protestation, comme si c’était la chose la plus normale du monde. Alors que c’est seulement banal, mais par normal pour autant.

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