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ECOLO et le capitalisme : un texte affligeant sur le site ETOPIA

Par Pierre Eyben

18 octobre 2006 - 13:46


"Le capitalisme est nécessaire pour la démocratie. Le capitalisme apparaît aujourd’hui comme sans alternative, non seulement parce qu’il s’est avéré être une énorme - certes vorace - machine à produire de la prospérité mais parce qu’il continue de l’être. La globalisation est positive, elle ne conduit pas à un dumping mondial aux frais de l’homme et de la nature. La culture politique anglo-saxonne du lien entre la propriété (property) et la liberté (liberty) est bonne. Nous assistons à une convergence entre les valeurs et la création de valeurs, une nouvelle manière de capitalisme compatible avec le développement durable pour laquelle la morale et l’argent ne forment pas une contradiction insurmontable. "

Voir en ligne — http://www.etopia.be/article.php3?i...

Voici un lien vers un texte relativement insupportable publié sur le site ETOPIA (organe de réflexion d’ECOLO) :

http://www.etopia.be/article.php3?i...

Au détour de 2-3 observations intéressantes, j’ai rarement lu un tel ramassis de contre-vérités, une telle négation entêtée de l’échec cuisant que constitue l’écologie envisagée uniquement au sein du capitalisme mondialisé. Ode à la globalisation, au capitalisme, à la privatisation, au modèle américain, tout y passe ou presque.

Si ce genre de galimatias constitue le modèle de pensée d’ECOLO pour les années à venir, les éléments progressistes au sein d’ECOLO ne sont pas sortis de l’auberge.

24 Messages de forum

  • Vous pouvez le lire sur le site : nous y présentons une série de textes représentatifs de l’état de la réflexion chez les verts allemands, à l’occasion de leur congrès politique. Rien de plus.

    Il est clair que l’optique "libérale de gauche tendance capitalisme vert" est présente chez eux (cet article est écrit par le président de la Fondation Böll, l’équivalent d’Etopia en 20 fois plus grand). Il n’y a aucune raison de le cacher à nos lecteurs. Bien au contraire.

    Pour notre part, nous travaillons avec Ecolo à la préparation de son congrès économique du 3 février prochain, coordonné par Jean-Marc Nollet, et qui aura pour thème principal la... régulation du capitalisme. Les textes seront disponibles fin de cette année. A ce moment, tout le monde pourra juger sur pièce de l’orientation qui sera prise par les écologistes belges francophones.

  • j’hésitais,

    maintenant tout est dit...

    Continuez, ce sera plus clair dans la tête de tous !

  • Ce texte est effectivement au milieu d’autres (pas forcément plus gauchistes) dans un dossier.

    Le « libéralisme de gauche » dont vous l’affublez me semble fort présomptueux. Selon moi, un texte qui prône l’individualisme et la « libre entreprise » de façon aussi limpide en niant purement et simplement les apports liés à la lutte sociale peut de façon tout aussi limpide être qualifié … de droite.

    Par ailleurs, il n’est pas écrit pas n’importe qui et on ne m’ôtera pas de l’esprit que la publication de CE texte sur votre site n’est pas un hasard, elle est révélatrice d’une évolution à droite d’ECOLO ces dernières années.

    Vu le nombre de réactions reçues (y compris d’élus ECOLOS) suite à ce post, je ne crois pas être le seul à m’inquiéter de cette tendance "turquoise" dont les alliances postélectorales sont un révélateur tout aussi clair.

  • Excellent article dans le Journal du Mardi a ce sujet

    http://www.journaldumardi.be/index....

    Vincent

  • Dites, faudrait voir à rester crédible dans votre critique. Avez-vous vu ce que nous publions comme analyses dans notre revue et sur notre site (à côté de ce que nous traduisons), c’est-à-dire ce que nous assumons politiquement ?
    Avez-vous vu ce que organisons comme colloques, formations, séminaires ?
    Dites-moi précisément où vous voyez du vert pâle (moi je n’en trouve pas). Je serai alors prêt à en discuter.

    Christophe Derenne
    Directeur d’Etopia

  • pour ceux qui ne parlent pas couramment l’html : Cliquez ici pour l’article du journal du mardi

  • Quand j’ai lu ce texte via le site d’Etopia, j’ai du me frotter les yeux plusieurs fois, vérifier qui en était l’auteur,... mais si, on est bien chez ecolo, c’est bien un ecolo (allemand) qui a écrit cela ! Mais que se passe-t-il, est-ce le réchauffement climatique qui met les cerveaux en ébullition ? Ont-ils eu un éclair de lucidité ? Se sont-ils souvenus qu’au pays des aveugles, les borgnes sont rois ?

    Enfin un discours construit, cohérent avec la réalité et non comme souvent une réalité manipulé pour coller avec une idéologie...

    Patatras, un site plus loin, brusque retour sur terre :
    "...un texte relativement insupportable publié sur le site ETOPIA..."

    "insupportable", voilà bien le mot utilisé par tous ceux qui ne supporte pas qu’on ne pense pas comme eux. Attention, il ne s’agit pas de débattre, de contre-argumenter, etc... non, simplement, on frappe d’anatheme un texte ou une personne, c’est toujours plus facile que de devoir faire face à ses propres contradictions !

    Finalement, on en revient toujours à la même chose : comme dans la pastèque, la majorité des "écolos" cachent derrière une façade verte la même idéologie "rouge" que d’autre à "gauche", avec les mêmes réflexes primaires anti-tout, le même vocabulaire "agit-prop", qui empêchent toute discussion "raisonnable"...

    "...Si ce genre de galimatias constitue le modèle de pensée d’ECOLO pour les années à venir, les éléments progressistes au sein d’ECOLO ne sont pas sortis de l’auberge..."
    Avec des éléments "progressistes", c’est plutot l’écologie politique qui n’est pas sortie de l’auberge :-)

  • Le texte sur ETOPIA n’est pas insupportable parce que je ne supporterais pas que l’on ne pense pas comme moi mais parce qu’il est le reflet d’une évolution à droite d’ECOLO (que je ne suis pas du tout le seul à constater) qui semble vous plaire mais qui est pour la plupart de celles et ceux qui ont créé et qui ont construit ce mouvement dans l’idée que progrès sociaux et écologiques allaient de pair, une immense déception.

    Pour le reste le lien entre néo-libéralisme et massacre écologique qui ne semble pas vous inquiéter, n’est pas une réalité manipulée pour coller avec un idéal mais un constat que fait aujourd’hui une immense partie de la communauté scientifique.

    Pour finir, être de gauche c’est bien autre chose qu’être antitout, c’est être pour tout ce qui mène à l’évolution sociale et humaine, c’est être pour tout ce qui désaliène, c’est être pour tout ce qui réduit les inégalités. Ce que l’on nous propose aujourd’hui, ce n’est pas tout mais au contraire la même petite et indigeste recette capitaliste qui restreint le contrôle citoyen (privatisations) et attaque nos acquis sociaux alors que les richesses produites explosent.

  • Et voici les arguments de réponse à celui-ci, contenue dans la réaction de José Daras au JDM :

    "Dans le numéro du 31 octobre du Journal du Mardi, la chronique de « Léon Taniau » m’a particulièrement choquée par son ton à l’égard d’Ecolo, son parti-pris quasi haineux et ses formules à l’emporte-pièce.
    Passons sur l’encadré qui d’entrée de jeu affirme que « le modèle d’Ecolo, c’est le petit-bourgeois… », insulte gratuite qui augure mal de la suite (Renaud au moins après avoir étrillé les Bobos dans sa chanson, reconnait, à la fin, qu’il en fait plus ou moins partie).

    La suite donc reproche à étopia et à Ecolo de faire la promotion de l’électricité verte. Dois-je rappeler que nous sommes dans le cadre d’une libéralisation du marché voulue par l’Europe et que les anciens et actuelle Ministres Ecolo ont tenté, dans le cadre imposé, de faire la meilleure application possible, en protégeant les personnes en difficulté (voir le travail d’Evelyne Huytebroeck actuellement) et en permettant le développement des économies d’énergie et des énergies renouvelables ? Dans ce cadre, il est tout à fait indiqué de faire la promotion de l’électricité verte, tout comme il est logique pour Oxfam, par exemple, de faire la promotion de produits issus du commerce équitable dans le cadre du marché mondialisé.
    Le fascicule que vous citez ne fait d’ailleurs en aucune façon la promotion de la libéralisation du marché. Il s’agit d’un outil destiné à aider les citoyens-consommateurs à faire un choix positif éclairé pour l’environnement, pour l’emploi et, dans un certain nombre de cas, pour leur portefeuille. Qui plus est, par comparaison avec d’autres publications sur le même thème (Greenpeace…), il s’agit d’un outil d’action collective s’inscrivant pleinement dans une logique d’éducation permanente.
    Et, oui, quand 70 citoyens de Mettet s’associent pour passer à l’électricité verte en négociant ensemble le meilleur tarif possible, c’est bon pour leur portefeuille, c’est bon pour l’environnement, et c’est bon pour le développement d’une filière économique riche en emplois.

    Il est inacceptable de reprendre des citations tronquées d’Olivier Deleuze ou de moi en ce qui concerne le marché de l’énergie. Par exemple, si j’ai bien dit dans Le Matin du 23 octobre 1999 que la libéralisation du marché de l’énergie « ne me donne aucun mal de tête idéologique », je poursuis aussi ma phrase par « puisqu’il est actuellement monopolisé à hauteur de 88% par ce (Electrabel) groupe privé ». Et il est scandaleux que vous omettiez cette suite de la phrase. Le raisonnement d’Olivier Deleuze est évidemment le même lorsqu’il prend position pour un marché régulé. En fait, cette libéralisation n’a pas diminué le pouvoir de l’autorité publique, au contraire…mais on peut évidemment critiquer l’usage timide que fait cette autorité de ce pouvoir…depuis que les Ecologistes ne sont plus dans la majorité.

    J’ajouterai que nous avons veillé à ce que les réseaux de distribution restent, eux, bien contrôlés par les pouvoirs publics. Dois-je donc comprendre de cette tribune que le Journal du Mardi était favorable au monopole fortement nucléarisé d’une filiale du groupe Suez ?

    Je vous invite à comparer ce qu’était la politique énergétique avant et après le passage des Ecologistes tant en matière de renouvelable qu’en matière d’économie d’énergie ou de protection des personnes précarisées. Et personne n’a contesté, jusqu’à présent, le travail du régulateur wallon.
    Deux regrets principalement : l’absence d’un régulateur européen et surtout la disparité des prix de distribution. En ce qui concerne ce dernier point, j’ai essayé de pousser à la constitution d’un réseau de distribution unique pour la Wallonie avec le même prix pour tous. Malheureusement, les partenaires du Gouvernement wallon de l’époque (surtout les socialistes) ont voulu conserver les anciennes intercommunales. On ne peut que le regretter.

    De plus, je ne peux que m’élever contre la technique de généralisation abusive qui tenterait de faire des Ecologistes des partisans de la libéralisation et de la privatisation à tout va. Notre position face à la libéralisation d’un secteur où régnait un quasi monopole privé pratiquant des prix excessifs pour amortir plus rapidement ses centrales nucléaires, devenues depuis la vache à lait de Suez est évidemment spécifique. A titre d’exemple, je me suis opposé à l’ouverture du marché des transports en commun malgré la volonté de la direction de la SRWT (les TEC). Et au contraire, j’ai renforcé cette société publique par un nouveau contrat de gestion et un refinancement.

    Je ne comprends donc pas cette chronique entièrement à charge des Ecologistes et passant délibérément sous silence ce qu’a été leur réelle responsabilité et leurs réelles réalisations.

    Je peux supposer que face à l’excellente interview de Jean-Michel Javaux contenue dans le même numéro du Journal du Mardi, certains ont estimé nécessaire de « rétablir l’équilibre » par de la désinformation.

    José Daras, président d’Etopia"

  • Merci pour votre réponse :-)

    En effet, vous avez sans doute raison en disant que le mouvement écolo (en tout cas en Belgique, France et Allemagne) s’est historiquement construit sur une base (idées et personnes) de "gauche". Je ne doute pas que pour certaines personnes, ce "mouvement vert" ait pris au cours des années un chemin différent de celui qu’elles auraient voulu qu’il suive (d’où certaines dissensions au sein même du "mouvement"), en particulier ces dernières années vers la "droite" (je met volontairement gauche et droite entre guillemets, le sens donné à ces termes pouvant fortement différer suivant le contexte)
    N’étant pas né à l’époque des "pionniers", je n’ai effectivement pas la nostalgie des temps anciens :-) (ceci dit, libre à vous de regretter cette évolution)

    "...le lien entre néo-libéralisme et massacre écologique qui ne semble pas vous inquiéter..."
    si j’étais de mauvaise fois, je m’inquiéterais plutôt de l’inverse, la protection de l’environnement n’ayant pas été la plus grande préoccupation ni le plus grand succès des divers pays communistes...
    "...recette capitaliste qui restreint le contrôle citoyen (privatisations) et attaque nos acquis sociaux alors que les richesses produites explosent..."
    de même, évoquer le contrôle "citoyen" et les richesses produites par une nationalisation, le jour de l’anniversaire de la chute du mur... no comment

    Je pense que sur ce point il restera toujours un désaccord fondamental entre nous, mais je n’ai pas comme but de vous convaincre (d’ailleurs, aurais-je la moindre chance d’y arriver ?).

    Au plaisir de vous lire :-)

  • Pas de tabous ni de mauvaise fois avec moi quoi que vous en pensiez.

    Non le socialisme dit réalisé n’a réussi ni en terme de démocratie ni en terme d’écologie [1]. Mais il est injuste de racrapoter l’idéal et l’apport théorique du communisme à Staline et à l’URSS [2]. Pour ma part, pour combattre la logique capitaliste et son excroissance qualifiée de néolibérale, je ne la réduit pas à Pinochet ou Ben Ali qui pourtant en sont des chantres célèbres.

    Ma réflexion est que la logique du profit et celle de la préservation à long terme de la planète (que d’aucuns qualifient de façon peu appropriée je pense de développement durable) ne sont pas compatibles. Cela a été théorisé, cela est constaté. Sur ce point, il y a de cela 150 ans, Marx écrivait déjà :

    « Dans l’agriculture moderne, de même que dans l’industrie des villes, l’accroissement de la productivité et le rendement supérieur du travail s’achètent au prix de la destruction et du tarissement de la force de travail. En outre, chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. Plus un pays, les États-Unis du Nord de l’Amérique, par exemple, se développe sur la base de la grande industrie, plus ce procès de destruction s’accomplit rapidement [...]. La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : La terre et le travailleur » K. Marx, Le Capital, livre premier, T. II, éd. sociales, Paris, 1973, p. 181-82.

    Une écologie qui renonce au minimum à affirmer le rôle essentiel du contrôle et de la modification du capitalisme (et j’ajoute carrément dans mon cas son dépassement càd son remplacement par autre chose) est une écologie incohérente et pour l’essentiel cosmétique au regard des catastrophes qui nous pendent au nez.

  • La réponse de L. Taniau à J. Daras

    Voici ma mise au point suite à la lettre de Monsieur Daras, publiée dans le Journal du Mardi :
    http://www.journaldumardi.be/index....

    En prime, un commentaire qui n’est pas sans rapport avec ce débat, suite à la panne de courant du 4/11 (à paraître dans le JDM du 21/11). Les reproches de "mauvaise foi", "discours haineux", "insultes", etc me semblent franchement dérisoires et déplacés. Dites quelque chose sur le fond !

    L’éclairage d’une panne

    L’encre de nos articles contre la libéralisation de l’énergie était à peine sèche que la panne qui a privé d’électricité plus de 10 millions de personnes, le 4 novembre, venait éclairer notre propos. Cette panne, en effet, est plus qu’un incident technique dû à la difficulté de gérer un réseau sur lequel offre et demande doivent correspondre exactement, l’électricité n’étant pas stockable. Elle révèle plutôt que la mise en concurrence augmente la dite difficulté et complique la tâche des ingénieurs au moment où ceux-ci devraient pouvoir se concentrer sur les problèmes découlant du développement de sources d’électricité intermittentes (l’éolien et le solaire). Le passage aux renouvelables étant nécessaire pour des raisons écologiques incontournables, l’intérêt général et le bon sens commanderaient de faire de l’énergie un secteur public au niveau européen. Seulement voilà : intérêt général et bon sens pèsent peu face aux intérêts privés qui profitent du fait que le prix du mégawattheure a plus que doublé en sept ans. L’Europe est en train de revivre le scénario qui a abouti à de gigantesques pannes aux USA et au scandale d’Enron. Se résigner face à la libéralisation, c’est se résigner face à l’absurde.

  • L’écologie n’appartient ni à la gauche ni à la droite ni au centre mais à nos enfants ; quand allez-vous changer de nom ?

  • Comment allez-vous expliquer aux ex-vw la régulation du capitalisme ?

  • ECOLOGISTES. Ils se sont emparé du mot parce qu’ils avaient peur d’avouer qu’ils approuvaient le régime libéral socialiste qui s’installe à la sauvette.

    Dès qu’ils ont eu avalé la couleuvre de l’expulsion des gitans slovaques de Gand, ils avait apppris à faire de la politique "autrement". Ils avaient appris à avaler les pires carabistouilles du libéralisme. Autrement ? Mais, ça ne veut rien dire ça ! Autrement ? C’est quoi, ça ?

    Qu’ils revoient leurs valeurs ! Il ferait bien de relire le père Marx ou les anarchistes du XIXème siècle. Ils n’ont rien compris à l’économie politique. Qu’ils retournent à l’âge de la pierre qu’ils n’auraient jamais dû quitter sur le plan conceptuel.

    Croient-ils donc que le libéralisme leur laissera installer une économie durable ? Ils devraient lire un peu plus, au lieu de faire de la politique "autrement". Et durable en quoi ?

  • Mon cher Rémi et tous les autres, c’est très bien toute ces insultes ! Très conctructif !
    Mais je me pose une question : Quel modèle économique les "socialistes" ou "communistes" ou "anarchistes" actuels, je ne sais pas comment je peux appeler l’ensemble du mouvement auquel vous vous racrochez, proposent-ils ? Un modèle économique socialiste ? Comme dans les divers pays communistes du XXeme siècle ? Non, je ne peux me résoudre à l’idée qu’on puisse encore faire confiance à ce modèle. Il a foiré, et bien foiré. Meme la Chine, pays toujours actuellement communiste d’un point de vue politique, est un des pays actuels les plus neo-libéraux, et c’est fort dommage et dangereux ! Alors bien heureux ceux parmis les "socialistes" qui veulent un retour aux sources, au Grand Marx. Il est fort vrai que les luttes socialistes inspirée de Marx et des autres théoriciens socialistes (car il n’était pas le seul) de la fin du XIXeme siècle et du XXeme siècle ont apporté du bien au monde, ont apporté un meilleur équilibre, ou en tout cas une régulation du libéralisme à outrance. Le socialisme a permis aux hommes d’évoluer à l’époque où il est apparu comme le libéralisme a permis aux hommes d’evoluer à l’époque où il est apparu (le 18 eme siècle). Mais bien que je reconnaisse ce bien apporté à l’humanité par Marx, bien que je puisse soutenir ses critiques par rapport au libéralisme (et je suis d’accord avec lui du point de vue des critiques) je ne peux en aucun cas soutenir le modèle du monde qu’il propose. Je vous rapelle que Marx parle d’infrastructures et de superstructures. Les infrastructures c’est l’ECONOMIE, sans l’économie le monde n’est rien pour Marx car c’est la base de TOUT et les superstructures, c’est tout le reste, la CULTURE, les religions, les pensées philosophiques, la politique, etc. C’est bien LA que je ne peux soutenir Marx car pour moi le monde ne peut se résumer à l’ECONOMIE. A notre époque où le mur de Berlin est tombé, où le communisme a perdu et où le neo-libéralisme TRIOMPHE beaucoup TROP, et là je suis d’accord avec vous, il nous faut un modèle qui puisse REGULER ce libéralisme en fonction d’une ETHIQUE universelle. Nous sommes dans une période de recherche, de construction d’idées, et je parle bien d’idées et pas d’idéologie, parce que les idéologies sont dangereuses, elles sont réductrices et ne pensent qu’a elles mêmes !

  • Dans quel texte Marx propose-t-il un "modèle" ?

    Relis le Manifeste, qui est le texte le plus politique de Marx et définis-moi quel est le modèle proposé.

    Dans Le Capital, quelle est la phrase qui définit un modèle quelconque ? Marx parle d’une économie qu’il qualifie de "socialiste" mais s’il pense qu’elle doit succéder à l’économie capitaliste, il ne la définit pas avec précision parce que, seul, il sait quil ne peut pas le faire. A mon avis, tu confonds Marx et Staline. Celui-ci n’avait rien d’un marxiste puisqu’il a assassiné plus de marxistes que Hitler et les USA réunis. Tu reproduis les amalgames scandaleux des menteurs sociaux-démocrates et libéraux.

    Quant à la Chine d’aujourd’hui, elle est tout sauf un modèle inspiré du marxisme. Le goulag chinois offre à "nos" multinationales la main d’oeuvre la moins chère du monde sans que nos politiciens actuels en soient choqués. D’ailleurs, Marx n’a jamais écrit une ligne sur le fameux communisme de marché tel qu’il est pratiqué par les "communistes" chinois.

    Dans Le Capital, Marx ne fait que tenter de décrire le fonctionnement de l’économie libérale, cette économie qui permet le transfert de la richesse produite par le travail dans les mains des parasites propriétaires des moyens de production.

    Marx a aussi abordé la question écologique mais il l’a trop peu développée. En a-t-il seulement eu le temps et les moyens ?

    Manifestement, si tu as lu Marx, tu as oublié le contenu de ses textes. S’il te plait, ne fais d’amalgames malhonnêtes, n’imites pas les libéraux et les sociaux démocrates ! J’espère que tu vaux mieux que ces menteurs.

    Bien à toi.

  • Salut et merci d’’être un peu plus constructif que dans ton dernier message,

    Je ne fais justement pas d’amalgame, je sais très bien que Marx n’est pas Staline, que les chinois ne sont pas Marx non plus, ça c’est le moins que l’on puisse dire. Je fais justement une différence de paragraphe dans le texte que j’ai écrit juste avant et je dis même que je ne crois pas que vous souteniez les erreurs du socialisme réalisé. Si tu relis mon texte attentivement tu verras que je ne fais pas d’amalgames entre Marx et ceux qui se sont "inspirés"(le mot est mis tel quel dans mon premier texte) de Marx (et Engels).
    Je suis d’accord avec toi, Marx a fait une belle analyse, une belle critique et une belle obrservation des problèmes du capitalisme à son époque, et je l’ai dis et je le répète, ces réflexions ont aménés beaucoup de bien aux humains sur cette terre, comme le liberalisme a amené beaucoup de bien aux humains au 18 eme siècle. Il reste que je ne comprend pas quel modèle économique ou quelle modèle de société vous proposez à la place du capitalisme. Bien à toi ,

    Matthieu Content

  • Encore une chose par rapport aux amalgames, les libéraux ne sont pas tous neo-libéraux et les socio-démocrates ne sont pas TOUS pareils non plus, comme Staline, Lénine, Mao, Hu Jintao et Marx ne sont pas les mêmes. Bush n’est pas Montesquieu, il n’est pas non plus Adam Smith. Van Cauwenberghe et Di Rupo ne sont pas Jean Jaurès. Alors attention à l’amalgame :-)

  • En 1864, lorsqu’il rédige les « Statuts de l’Association Iinternationale des Travailleurs », Marx commence par l’expression suivante : « Considérant, Que l’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ; que la lutte pour l’émancipation de la classe ouvrière n’est pas une lutte pour des privilèges et des monopoles de classe, mais pour l’établissement de droits et de devoirs égaux, et pour l’abolition de toute domination de classe ; »

    Le 2ème couplet de l’Internationale énonce les choses autrement mais les définit de manière tout aussi précise : « Il n’est pas de sauveurs suprêmes : Ni dieu, ni césar, ni tribun, Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! Décrétons le salut commun ! Pour que le voleur rende gorge, Pour tirer l’esprit du cachot Soufflons nous-mêmes notre forge, Battons le fer quand il est chaud ! »

    N’en déplaisent aux politiciens professionnels qui peuplent la présidence ou le secrétariat fédéral d’un quelconque parti « démocratique » (sic), l’expérience du pouvoir parlementaire par ECOLO a été la preuve, au quotidien, que nous devons inventer autre chose que le parlementarisme pour gagner notre émancipation. Le seul écologiste, qui a compris quelque chose, a été dégoûté à tout jamais de la politique.

    Je ne félicite donc pas ECOLO mais le boy-scout qui a été dégoûté par votre démocratie "autrement". Bravo Vincent Decroly, toi qui avouais humblement ne rien comprendre au marxisme, tu as, au contraire, tout compris.

  • Salut Matthieu, Remi et les autres,

    Je rappelle que le forum n’est pas modéré et que les messages postés n’engagent que leurs auteurs. Ceci étant précisé, voici quelques avis persos.

    Matthieu j’ai voté ECOLO à l’époque où Decroly y était encore et avant de m’ouvrir au marxisme et je crois aller au delà de la critique de surface de ce mouvement devenu parti.

    Je t’invite à lire le texte à la base de mon post. Tu écris "il nous faut un modèle qui puisse REGULER ce libéralisme en fonction d’une ETHIQUE universelle." Précisément, c’est ce que nie ce texte qui prône une liberté accrue laissée au marché.

    Par ailleurs, si je suis pour réguler (c’est un minimum), je ne pense par contre pas que cela suffise. Je pense que si l’on veut être écologiquement responsable on doit remettre purement et simplement en cause la logique du marché, le capitalisme et son corollaire le productivisme et pas se contenter d’un vernis vert.

    J’ajoute un fait qui mérite réflexion : l’abominable Chine qui est à l’opposé de mes aspirations mais pratique encore pas mal la planification a réussi à réduire ses émissions de CO2 de 8% en quelques années (avec pourtant une croissance économique de 10%/an), alors que celles des USA augmentaient pour une croissance moindre, et que la Belgique est incapable de diminuer ses émissions.

    C’est pourquoi je suis favorable à une économie démocratiquement planifiée avec décentralisation (partout où cela est possible et utile).

    Voir a ce prpos ma bafouille Ecologie et marxsime : une rencontre nécessaire mais pas toujours évidente.

  • Je suis d’accord avec toi, l’écologie est une notion politique très relative. C’est plutôt un paramètre standard qui concerne tous les partis et les citoyens soucieux de l’avenir de la planète et donc de leurs enfants. L’avenir de la vraie gauche est dans une meilleure concertation entre tous les (petits) partis qui se réclament - à juste titre - de ce noble idéal. Pas facile mais c’est dans cette voie là que se trouve tout espoir de changement. Ne plus se diviser sur la justification ou non de faits passés voire lointains, se fondre dans une idéologie commune, ce qui suppose, bien entendu, le sens de la concession... ne pas se tromper d’ennemi, quoi, l’ennemi, c’est le capitalisme pas le rouge d’à côté.

    Bien à vous - Christian

  • Pardon, nouveau sur le forum et pas encore habitué à la pratique : mon message se voulait surtout une réponse à celui du 22 novembre


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  • L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...

    Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.

    Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?

    le Septembre 2011
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