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Par Pierre Eyben
7 janvier 2007 - 16:02
C’est certain, BeTV [1] est une véritable multinationale capitaliste, prête à tout pour nous vendre sa camelote. Dans sa dernière campagne pour nous vendre un peu plus de télévision (au cas où les 230 minutes quotidiennes du wallon moyen ne suffiraient pas), BeTV dit rebelote au coup de la femme objet, de la poufiasse de service, accessible et soumise pour deux biftons. Messieurs les turgescents, la marchandise est offerte venez vous servir, Inbev s’occupe de la bière (vous savez pourquoi) !
Il y a de cela quelques années, la publicité pour une crème fraîche industrielle au patronyme féminin de la marque Candia et qui scandait « Je la lie, je la fouette, et parfois elle passe à la casserole » avait ouvert la voie. Aujourd’hui, les publicitaires ont trouvé dans le sexisme sexuel un vrai créneau. On choque quelles qu’en soient les conséquences car face à la quantité de plus en plus incroyable de messages auxquels sont soumis-e-s les consommateurs-trices, il est bon de recourir à des arguments dérangeants pour interpeller et attirer l’attention. Le sexe accompagné de sexisme est l’un des meilleurs moyens de s’assurer une réussite. Comme l’avouaient les publicitaires fouetteurs de chez Candia : « notre but était de choquer, il ne fallait pas prendre la publicité au premier degré ».
Les vendeurs de bonheur en boite répondant le plus souvent dans les médias au doux nom de créatifs (et tondus) ont beau jeu d’accuser de passéisme ou de puritanisme celles et ceux qui affirment qu’une telle quantité de messages rétrogrades et violents imprimés chaque jour sur la rétine des passant-e-s (pas forcément adultes, pas forcément enclin-e-s au second degré) n’est pas sans conséquence néfaste. Sur des milliers de panneaux, c’est une triste idée de la relation homme femme qui pollue nos horizons intellectuels et plusieurs études ont montré récemment que c’est la vision de la femme chez les plus jeunes qui est aujourd’hui malmenée.
Pour faire vendre, la publicité est devenue l’un des vecteurs les plus directs et les plus violents du patriarcat. Toutes les normes sexuées sont chaque jour martelées dans les esprits. La publicité participe de la construction du genre féminin et masculin, véritables carcans sociaux apposés sur les individus en fonction de leur sexe biologique.
[1] Alias Canal+ et non Belgacom comme l’auteur de ce texte le pensait dans un premier temps
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