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Par Pierre Eyben
11 janvier 2007 - 11:49
Depuis qu’il a milité pour le OUI au TCE, j’ai un peu de mal avec Renaud Séchan et ses positionnements incertains. Quoi qu’il en soit, il est l’auteur de quelques pamphlets musicaux qui sont de véritables perles.
Si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’écouter le brulot anti-Dakar « 500 connards sur la ligne de départ » qui se trouvait sur son album « Marchand de cailloux », je ne peux que vous conseiller de filer l’écouter. Il y dépeint les guignols en combinaison fluo qui traversent les villages avec le pied dans le phare écrasant au passage les villageois qui ont le malheur de traverser les rues de leur village [1] et la complaisance à l’égard de ce triste spectacle de nombreux médias. Le Dakar, c’est 130 journalistes sur le terrain, 2446 articles dans la presse, 2639 sujets radio et 563 heures de TV [2]. Notre télévision de service public, la RTBF, consacre une émission spéciale quotidienne à cet « événement ». Elle considère fort probablement que cela est d’avantage une « mission de service public » qu’une quotidienne sur le réchauffement climatique ou le marché de l’emploi [3].
Conscient que ce spectacle de millionnaires brûlant du pétrole et des euros [4] au cœur de régions où les populations manquent de tout et pour commencer de ce qui est essentiel (nourriture, éducation, soin de santé,…) n’a pas forcément la cote auprès d’une frange de la population, le société ASO (Amaury Sport Organisation) qui organise le Dakar [5] a grand soin de mettre en avant le côté « humanitaire » de l’événement. Une association (Action Dakar) a été créée et les médias font grand cas des projets qu’elle soutient.
Une arnaque médiatique de plus
Quel budget est dégagé pour Action Dakar ? 100.000 euros. Alors que le Dakar a un budget qui dépasse les 10 millions d’euros, cette somme correspond à peine au budget moyen d’un des 525 participants [6].
Avec 100.000 euros, on ne fait pas grand-chose pour l’Afrique. Par contre, il est clair que cette somme est dans le budget de la firme ASO la plus rentable des dépenses au regard de la virginité chichement acquise qu’elle confère.
Ouf, les médias et en particulier le service public, peuvent être rassurés, ils font bien un travail quasi biblique en nous gavant de 4x4 survitaminés et de couchers de soleil aux relents de gasoil dans le Sahara.
[1] Les lois de Darwin jouant également il semble depuis quelques années que la sélection naturelle se soit attaquée aux participants que Renaud qualifie de « Mad Max de bazar »
[2] Source Argus de la presse
[3] Autre service public, même combat le télévision publique française est elle aussi grande amatrice de cet événement qu’elle promotionne largement.
[4] On a coutume de dire des dollars mais rendons à l’Europe ce qui lui appartient, pour le coup, c’est bien elle qui a initié ce passe-temps néocolonial et la plupart des participants sont européens.
[5] Cette société qui s’occupe de « solutions globales pour l’organisation d’événements sportifs » (sic) faisant du sport un alibi pour le profit organise également des compétitions cyclistes (Liège-Bastogne-Liège, Tour de France,…). Il est vrai qu’il s’agit d’un sport où les participants n’avancent pas non plus à l’eau.
[6] Source, Le Soir 09/01/06
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