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Par Pierre Eyben
1er février 2007 - 14:57
Comme 100 fois par le passé, j’ai reçu il y a quelques semaines un courriel m’invitant à une action symbolique : « Eteindre le 1er février de 19h55 à 20h lumière et appareils électriques ».
Comme 100 fois par le passé … oui mais en pleine orgie médiatique sur le réchauffement climatique. Aujourd’hui Al Gore circule en première classe à travers la planète pour nous expliquer l’urgence écologique en prenant bien soin de ne jamais faire le lien entre l’incapacité de juguler les pollutions et le refus de réguler [1] l’économie capitaliste mondialisée et en énonçant comme de juste les perspectives économiques qu’ouvrent ce combat. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! Aujourd’hui les présidentiables français viennent en avion ou en voiture de toute la France, le doigt sur la couture du pantalon (ou du tailleur de marque pour la dame aux caméras), défiler tels des communiants devant le nouveau messie de l’écologie française [2]. Je n’ai pas de haine particulière pour Nicolas Hulot mais sa crédibilité en tant que produit marketing de TF1 tout comme les limites de son analyse vert pâle, n’en font certainement pas mon idéal en la matière. Je me méfie de l’écologie consensuelle qui n’affecte que peu la politique globale, et permet au contraire d’en parler moins puisqu’une grande part de la communication lui est consacrée.
Loin de moins l’idée de critiquer les initiateurs du projet « 5 minutes ». Les symboles peuvent aider à faire évoluer les consciences. Mais les orgies médiatiques cela me fait peur ! On est dans l’émotionnel, dans l’immédiat, cela frappe fort, cela part vite, cela conduit à des solutions sommaires, à des récupérations dangereuses. Cela se résume vite au thème d’actualité qui rassemble la majorité des partis et qui permet à chacun de paraître sympa. Or depuis 2-3 jours dans les journaux, à la télé sur les radios, on parle sans cesse de ces 5 minutes. Ne ratant pas une occasion de surfer sur le vague médiatique, le maire de Paris a décidé de faire éteindre la Tour Eiffel 5 minutes, celui de Bruxelles l’Atomium. A Liège, les hauts fourneaux sont déjà presque complètement éteints, qu’allons nous éteindre ? Cela tourne au grotesque.
Et après ? Nos autoroutes sont éclairées jour et nuit, fruit du choix du nucléaire pour notre électricité. Les bâtiments publics attendent désespérément des audits énergétiques. La consommation énergétique pour le chauffage des maisons belges est comparable à celle des pays nordiques car quasi rien n’est fait en termes d’isolation. On ferme des gares, on construit des autoroutes.
A 19h55, je ne crois pas que j’éteindrai les lampes économiques qui sont dans ma cuisine. Par contre, je continuerai bien après 20h à modifier pas à pas mes habitudes pour tendre vers plus de cohérence écologique et je continuerai à me battre plus de 5 minutes par jour pour des politiques collectives conséquentes d’un point de vue rouge-vert.
[1] ne parlons même pas de dépasser
[2] Je crois avoir rarement vu cérémonie plus démonstratrice du désarroi et du populisme politique actuel
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L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...
Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.
Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?