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Saint Valentin : Didier Reynders nous compte fleurette

Par Pierre Eyben

15 février 2007 - 11:12


Vous ai-je déjà dit que je considérais le journal Métro comme le meilleur journal belge ? Le plaisir de provoquer mis à part [1], il est exact que l’on retrouve dans ce journal gratuit des copié/collés brut de décoffrage des dépêches de l’agence Belga qui constituent une mine d’informations utiles. On y trouve par exemple régulièrement les chiffres des bénéfices des entreprises que les autres journaux mettent peu en avant. Soit.

Hier, au milieu de ce joyeux fouillis pseudo éditorial, m’est apparu le sourire crispé de Didier Reynders seul dans un resto à la déco digne d’une comédie romantique américaine, un bouquet de fleurs à la main (des roses mais … pas rouges) et qui me souhaitait une bonne Saint-Valentin, semblant m’inviter à le rejoindre à sa table.

Brrrrrr. Je ne sais pas pour vous mais moi la perspective de voir apparaître en songe au moment suprême entre les cuisses lisses de la miss (c’est du Mc Solaar avant lobotomie) le faciès crispé de ce chantre du néo-libéralisme me lançant un langoureux « Viens » me stresse.

Histoire d’exorciser cette crainte, autant être direct avec le baron bleu liégeois quitte à le blesser : Didier, je ne t’aime pas ! Pour le 14 février j’avais déjà un rendez-vous et pour le 10 juin j’ai d’autres projets.

Pour tout t’avouer, je n’aime pas non plus le petit jeu de la politique spectacle auquel tu t’adonnes en squattant mon journal entre une pub pour un crédit à la consommation et un produit miracle contre les troubles érectiles. Je n’ai pas besoin de savoir que tu es amoureux depuis 1979, pas plus que je ne souhaite ton adjuvent moral pour passer une bonne Saint Valentin. Je te rassure, les talents de DJ de Michel Daerden ne me passionnent pas d’avantage.

Tes petits copains et toi appauvrissez chaque jour d’avantage le débat citoyen, nous réduisant au rôle de consommateurs politiques, vous assimilant à celui de simples produits [2] mais surtout faisant de la politique un spectacle marketing.

Faites attention, quand l’image remplace le débat de fond, quand le marketing remplace la politique, quand on cultive le superficiel, on voit parfois débarquer des communicateurs aux idées nauséabondes : "Je veux qu’on ne tourne actuellement [...] que des films légers, superficiels, divertissants, mais stupides... Le peuple [...] s’en contentera sûrement !" (Joseph Goebbels)

Notes

[1] Je pense que les journaux gratuits financés à 100% par la pub affaiblissent page à page la presse payante et bien évidemment cela ne me réjouit pas

[2] Si au moins la tendance anti-écologique du jetable était de mise en politique, je verrais quelque avantage à cette situation.

1 Message


‹‹ Explosion des budgets publicitaires en 2006. Europe et bio : chronique d’une logique économique en marche ››
  • L’Humanité du 5 septembre révélait qu’au cours des 6 premiers mois de l’année 2011, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices nets records s’élevant à 47 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2010. Le seul groupe Total a amassé 6, 6 milliards d’euros de bénéfices sur la période. Elle est pas belle la crise ...

    Pour 2011, voici (en extrapolant) 100 milliards d’euros inutiles que via des décisions politiques, l’Etat français peut retourner à la collectivité plutôt que de sabrer dans les tâches utiles remplies par l’Etat (ce que certains qualifient erronément de "dépenses publiques" quand il s’agit à la vérité "d’investissements au profit de la collectivité"), et d’appauvrir plus encore la population.

    Alors, à quand l’austérité sur les bénéfices ?

    le Septembre 2011
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