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19 avril 2007 - 17:38
Voici un montage réalisé par un copain et qui démontre si besoin en était que le sécuritaire qu’il soit de droite ou d’extrême droite emprunte la même rhétorique.

T’as pas une meilleure version du montage ? c’est pas très lisible
« Démontre », dis-tu ? Depuis quand l’analogie demontre-elle quoi que ce soit ?
L’idée — toute faite — que la sécurité est la première des libertés, même si elle ressort en effet largement au répertoire lexical de la droite (mais plutôt au registre libéral qu’au registre fasciste, me semble-t-il), n’a d’ailleurs rien de très original — on trouvera sans peine des occurrences dans les discours de sociaux-démocrates et d’autres.
C’est même quelque chose qui est plutôt admis, plutôt commun dans la réflexion politique. Simplement, c’est stupide de s’arrêter à ce socle hobbésien comme il est stupide de sacrifier toutes les libertés sur l’autel de la sécurité au prétexte de les garantir.
Et puis, il est possible de retourner assez facilement l’argument — ce que le PS, notamment, a fait avec un certain sens de l’à-propos —, en s’interrogeant sur qu’est la sécurité dont les gens ont besoin. La sécurité sociale, c’est aussi une forme de sécurité. etc
@bigroot : clic droit sur l’image et choisir "afficher l’image" avec Mozilla Firefox
Coucou Francois,
Tu ne "chipoterais" pas un peu la ? :)
Ce n’est pas une these de sience-po mais juste un parallele "amusant".
Tu devines aussi bien que moi, je suppose, tous les sous-entendus nauseabonds que contient l’affiche MR. Leur securite, ce n’est pas celle d’un emploi, celle de droits sociaux, c’est juste des flics pour ecrabouiller les excroissances sociales (migrants, grevistes un rien vindicatifs, mouvements sociaux et revoltes de tous poils,...) et une forme subtile de sous-entendu populiste et totalitaire (du style pas de pitie pour les pedophiles ou les agresseurs de Jo...)
La gauche (quand elle est de gauche ce qui se fait rare j’en conviens) ne s’aventure pas a faire campagne sur cette securite securitaire mais parle de prevention, d’education,...
Quand aux libertes que nous abandonnerions comme monnaie d’echange d’une securite sociale, il me semble que c’est ... un parallele mais pas une demonstration d’un lien ineluctable. L’allocation universelle que tu defends n’est-elle pas la preuve que securite sociale (au sens large) et libberte n’ont rien d’incompatibles ?
Aplouch,
Pierre
Moi, ce qui me titille, c’est la sémantique du pouvoir concernant la "liberté".
Le libéralisme vous place toujours sous le nez son grand gri-gri qui a nom LIBERTE !
Considérons bien ceci qu’« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » (Henri LACORDAIRE, XIX ème S.). Les travailleurs ont toujours lutté pour des droits, leur émancipation, NON pour La Liberté qui, elle, abstraite et complaisante aux puissants, fut toujours l’étendard de la grande bourgeoisie.
Il n’y a de liberté à entendre qu’au sens positif : liberté de faire quoi, avec quels moyens, dans quel objectif ? La liberté n’étant pas le caprice, qui consiste à faire ce que l’on veut quand on veut comme on veut. Comme disait Sartre, la liberté est existence avant que d’être essence. C’est le concret avant l’idée.
Il est malhonnête de parler de liberté là où règne la dépendance. Si mes moyens d’exister dépendent de quelqu’un, il va sans dire que celui-là peut m’imposer de ne m’exprimer que selon ce qu’il tolère d’entendre.
La dépendance est le lieu de la domination et, partant, tout ce qui est de nature à accroître l’indépendance, les services publics, les allocations sociales, entre autres choses, a vocation de diminuer le poids de cette domination.
La langue est aussi un instrument de pouvoir, du pouvoir, dont le pouvoir veut se réserver l’usage : il y a ce passage dans « De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva » (Lewis CAROLL) qui le souligne avec humour :
« Lorsque j’emploie un mot, répliqua Humpty Dumpty d’un ton de voix quelque peu dédaigneux, il signifie exactement ce qu’il me plaît qu’il signifie, ni plus, ni moins.
La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu’ils veulent dire.
La question, riposta Humpty Dumpty, est de savoir qui sera le maître…, un point, c’est tout. »
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