Le Conseil Communal de Liège rejette le vote électronique
Je vous ai dans un précédent billet informé de ma décision de m’associer à une réclamation concernant la façon dont le vote électronique s’est déroulé sur Liège
Manifestement, les élus liégeois pensent aussi que quelque chose ne tourne pas rond avec le vote électronique. A l’unanimité, le conseil a déposé ce mardi 14 novembre une résolution réclamant une révision dès que possible du mode de scrutin à Liège, et la mise en place d’un système de vote permettant un dépouillement rapide, peu coûteux et garantissant un contrôle démocratique efficace. Le système proposé est celui d’un vote papier avec une lecture optique des bulletins, un système notamment utilisé aux États-Unis [1].
L’annulation du vote sur Liège
Tenter d’éviter que le même couac ne se reproduise est bien, on aurait tort de bouder son plaisir. Il est toutefois essentiel de joindre à cette information deux bémols majeurs.
Premièrement, les communes n’ont aucun pouvoir de décision en matière électorale et le Ministre Courard a d’ores et déjà annoncé que le vote pour les législatives de 2007 se ferait avec le même matériel. Au mieux un changement interviendrait pour les élections régionales et communautaires en 2009.
Deuxièmement, la question de la validité des élections du 8 octobre est soigneusement évitée. Quid des nombreuses irrégularités constatées ? Le fait que les résultats conviennent aux élus (c’est une lapalissade) suffit-il à justifier leur mutisme sur ce point ? La réclamation à laquelle je me suis associé a été présentée le 14 novembre à la Députation Permanente de Liège. Que vont décider "nos" députés permanents ? Sans vouloir jeter l’opprobre gratuitement, on ne peut s’empêcher de constater que ceux-ci sont à la fois un peu juge et parti [2]. En 2000, les députations permanentes avaient repoussé toutes les réclamations.
Si nos arguments sont rejetés, vu l’ampleur des manquements démocratiques constatés, un recours au Conseil d’Etat est sans doute envisageable, voir sain.
Aujourd’hui même à 15h, une réclamation concernant la façon dont le vote électronique s’est déroulé sur la commune de Liège sera déposée au Palais Provincial conformément à l’article L4145-1 du Code de la Démocratie Locale et de la Décentralisation promulgué par le Gouvernement Wallon.
Regard critique sur les alliances violettes et turquoises qui se multiplient au lendemain des élections communales du 8 octobre.
Voici un article reprenant les résultats électoraux des communistes en région liégeoise, un début d’analyse de ceux-ci ainsi que quelques considérations personnelles.
En juin déjà, le PC a interpellé les bourgmestres et collèges de nombreuses communes de la province de Liège concernant la gabegie écologique et économique que constitue l’affichage électoral. La militance étant un concept en voie de disparition, ce concours de musculation fournit sans doute un peu d’emploi aux « salariés colleurs » des candidats (le plus souvent dans des conditions extrêmement précaires) mais il s’agit surtout d’un déni de démocratie affligeant qui veut que la faculté de recouvrir tout l’espace public avec sa tête et son blaze prenne le pas sur le désir d’informer.
Suite à une interpellation citoyenne fort utile de François Scheuer qui se trouve ici, j’ai rédigé une (trop) longue et pourtant fort incomplete réponse que je vous livre sur ce blog
Hier, après Namur, le débat télévisé de la RTBF concernant les élections communales était consacré à Liège. Voici une petite réaction à chaud suite à ce pénible "spectacle" dont même la Ligue des Familles a dénoncé la forme et le contenu dans le dernier numéro du Ligueur.
Nous vivons une époque bien étrange. Toute forme de pensée alternative est étouffée (voire criminalisée). A la radio, à la télévision, dans les journaux ou sur les panneaux électoraux, ce sont les quelques mêmes têtes qui se disputent avec acharnement tout l’espace d’expression.
Vendredi dernier j’ai pris part à un débat dans le cadre des élections communales (voir ici). Parmi les autres participants au débat, il y avait le ministre Marcourt que je ne connaissais pas bien si ce n’est à travers ses colleurs qui ont autant de respect pour les règles démocratiques que lui-même en témoigna vendredi pour les personnes présentes (voir illustration plus bas). Je dois bien avouer que ce ne fut pas de prime abord une expérience agréable mais avec un peu de recul, je me dis qu’elle aura quand même été éclairante.
Soyons clairs, je n’ai pas été bon vendredi. Fatigué, stressé, j’ai été confus trop soucieux de présenter en un temps fort court de nombreux points du programme du PC, je me suis à l’une ou l’autre reprise emmêlé les pinceaux. Et puis, je suis (je le revendique) un simple citoyen qui s’intéresse à la chose publique, pas un professionnel. On a sans doute besoin d’experts, de techniciens mais je crois que parfois, parce qu’ils sont confrontés à la réalité de leur concitoyens, de simples militants comme moi ressentent avec plus de justesse la dérive de la société actuelle.
J’avais envie lors de ce débat d’ouvrir deux pistes de réflexions (importantes à mes yeux) peu ou pas mises en avant :
La question du financement communal : parler de programme c’est nécessaire mais sans argent on ne va pas au-delà des promesses.
La question de la distance entre le citoyen et la chose publique : cette distance est croissante ce qui explique pour une part le désaveu citoyen et les dérives populistes.

L’agressivité comme arme de débat
Mais de tout cela il aura été très difficile de débattre. Après avoir commencé par critiquer la forme du débat, le ministre a « joué » à systématiquement interrompre mon intervention coupant le fil (déjà fragile) de mes explications.
L’argument de l’autorité
A plusieurs reprises, lors de moments clés, il a affirmé « c’est faux ». Il a par exemple nié la diminution des sommes perçues à travers le fonds des communes [3]. On a beau dire que l’on a les chiffres, ceux-ci peuvent être clairs, il sait fort bien ce que vaut alors la parole d’un simple militant face à celle d’un ministre.
La question de l’éthique dans le débat
Volontairement, j’ai évité d’aborder la question des affaires (les ECOLOS qui l’ont abordée se sont vus qualifiés purement et simplement "d’extrême droite") comme celle de la multiplication des mandats (Il est quand même un fait que les conseillers PS à Liège ont en moyenne 6 mandats rémunérés soit 3x fois plus que les conseillers ECOLOS et 6x plus que moi [4]).
Le ministre lui, à la première occasion détourna volontairement mes propos pour agiter l’ombre des clichés les plus pénibles. Je parlais de nécessité pour les élus d’être « poussés au cul par le mouvement social » (le CPE en est un bel exemple [5]), il réduisait cela à une volonté de « révolution sanglante » et de gouvernement par la rue.
Je parlais de démocratie participative, il insinuait qu’il s’agissait simplement d’une habile manœuvre pour contrebalancer le précédent propos [6].
En conclusion
Au fond le débat avait lieu dans une salle où l’on retrouvait surtout des personnes aux positions déjà très affirmées (candidats, membres de comités de soutien,…). C’est aussi sans doute ce qui m’a valu une ou deux interventions volontairement agressives et dénigrantes [7].
Mais avec un minimum de recul, je perçois bien que l’attitude du ministre fut en fait la parfaite illustration de la façon dont le PS gouverne aujourd’hui : arrogance, impunité et mensonge. Au lieu de m’énerver, j’aurais simplement du rebondir avec calme sur cela.
Reste que c’est un triste spectacle que cette conception du débat, une triste conception pour de tristes gestionnaires qui nous mènent droit dans le mur en nous intimant l’ordre de nous taire, nous les simples citoyens. La remise en cause de l’autorité est donc plus que jamais une valeur importante à cultiver …
Dans le cadre du café syndical :
Un débat réunissant Pierre EYBEN (Parti Communiste), Guy KRETTELS (Ecolo) et Jean-Claude MARCOURT (Parti Socialiste) aura lieu à Liège le vendredi 22 à 20 heures.
Il sera animé par Claude CLAERHOUT et Giovanni LENTINI.
Il se deroulera au Centre poly-Culturel Résistances (Rue Jonruelle, 11-15 4000 Liège - Près de l’Esplanade Saint-Léonard).
Les quatre thèmes qui seront traités lors du débat sont :
1) Le logement
2) Impôts et taxes
3) Relance du bassin : création d’emplois
4) Jeunesse : loisirs-sport-culture (accès dans les quartiers populaires)
Pour plus d’informations :
Benoît GERITS et Thierry LECOCQ
0474/722.596
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[1] Ce système est de fait plus démocratique (un contrôle physique des bulletins et un recomptage sont possibles) même s’il est loin d’être parfait en témoignent les nombreux cafouillages ayant mené à la première élection de Georges W. Bush
[2] Ce dernier terme étant exact à double titre d’ailleurs
[3] Plus importante source de financement des communes, celui-ci a chuté de près de 30% en 30 ans ce qui explique pour une part les coupes sévères effectuées dans le personnel communal.
[4] Dingue, je n’ai qu’un boulot rémunéré :)
[5] D’ailleurs, ceci m’amène tout droit à une petite digression amusante, monsieur Marcourt dont l’attitude méprisante ne fut pas sans me rappeler un certain Dominique de Villepin, partage avec lui d’être dans les plus hautes sphères de l’Etat sans avoir été élu. Amusant.
[6] Quand j’y repense, il a aussi eu l’outrecuidance d’affirmer « nous sommes tous pour la démocratie participative » et dire que je n’ai pas eu le réflexe de dire « chiche ». Celles et ceux qui ont mené un long combat contre l’implantation du Palais de justice place St Lambert apprécieront la volonté participative du PS liégeois.
[7] Lors de mon exposé, j’ai eu le malheur apparemment, d’avoir la langue qui fourche employant l’expression « sécurité sociale » à la place de celle « d’impôt » deux notions évidemment différentes. Un participant en a profité pour me sauter dessus verbalement, me proposant des formations à la FAR. Le même n’a pas proposé de formations en géographie au ministre lorsqu’il parla de « communauté européenne » en lieu et place de « communauté urbaine », ni de physique lorsqu’il confondit « panneaux solaires » et « cellules photovoltaïques ». On réserve ses coups de griffe aux petits militants ! Ou peut-être suis-je parano et est-ce simplement parce que la FAR ne prévoit pas de telles formations ?